Même si l’écurie le nie haut et fort, la hiérarchie est belle et bien présente chez Red Bull, et Vettel a tenu à le démontrer ce week-end en effectuant un dépassement assez musclé devant Webber, qui n’a pu que s’incliner. Tim Chong/Reuters
« Sebastian a toujours fait ce qu’il voulait, il a toujours été protégé, c’est comme ça », a dit un Webber dépité, dégoûté, qui s’est demandé sûrement, pendant les derniers tours d’une course qu’il aurait dû remporter, pourquoi il avait repoussé l’été dernier les avances de Ferrari. Il aurait été numéro 2 de la Scuderia, certes, mais à 36 ans, cela aurait été le couronnement d’une belle carrière pour l’Australien.
« Je respecte Mark pour tout ce qu’il a fait, je m’excuse auprès de lui, j’ai fait une grosse erreur, nous allons en parler tranquillement », a déclaré Vettel, qui avait retrouvé sa langue après la course pour dire et redire qu’il regrettait son dépassement insensé du 46e tour, au ras du mur des stands, alors que l’écurie championne du monde avait décidé de figer les positions, Webber en tête.
Plus calme chez Mercedes
Pendant ce temps, sur la radio de bord des Mercedes de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, se jouait une course d’équipe beaucoup plus propre, car le jeune Allemand a décidé de respecter les consignes données par Ross Brawn, son Team Principal, afin d’éviter une catastrophe sur la piste.
« C’est une journée importante pour nous, et tout le monde a tellement travaillé à l’usine, pour nous mettre à ce niveau, tout près des Red Bull, qu’il fallait ramener ce résultat, donc je comprends », a dit Rosberg après coup. « Si les positions avaient été inverses, ils auraient fait la même chose », a-t-il ajouté, impeccable tout le week-end.
« Je ne suis pas plus motivé parce que Lewis est devenu mon équipier, je l’étais déjà quand c’était Michael (Schumacher) », a aussi dit Rosberg en Malaisie, en soulignant qu’Hamilton, qu’il connaît depuis le karting, est « une bonne référence » pour lui. Conscient que depuis son arrivée cet hiver, le champion du monde 2008 tire tout le monde vers le haut.
Alonso indiscutable numéro 1
Quand Hamilton était chez McLaren avec Jenson Button, il n’y a jamais eu de gros problème entre les deux Britanniques, alors que la saison 2007 passée en compagnie de Fernando Alonso avait été orageuse. L’Espagnol, alors double champion du monde, ne comprenait pas que le débutant Hamilton soit traité comme lui par l’écurie de Woking. Aucun des deux n’a pu gagner le championnat. Du coup, fin 2007, Alonso a rompu son contrat, repartant chez Renault, puis Hamilton est devenu champion du monde en 2008.
Chez Ferrari, à partir de 2009, l’Espagnol a retrouvé un système de fonctionnement qui lui convient : il est le numéro 1 indiscutable, le leader charismatique de la Scuderia, et n’oublie pas de tresser régulièrement des louanges à son lieutenant brésilien, Felipe Massa, pour préserver l’harmonie.
Restent McLaren et Lotus, où une guerre interne n’est pas encore à l’ordre du jour, vu l’expérience de Jenson Button, qui en a vu d’autres, et le niveau de performance de Kimi Räikkönen, sacré deux ans avant l’Anglais. Pour Sergio Pérez et Romain Grosjean, auteurs de trois podiums chacun l’an dernier, c’est encore une période d’apprentissage, de patience, qui n’exclut pas quelques coups d’éclat.
(Source : AFP)

