Embourbé dans les violences (112 000 civils depuis le début de l’invasion, selon un rapport de Iraq Body Count), fragilisé par une instabilité politique chronique, l’Irak commémore le dixième anniversaire de son invasion, prélude à la chute du régime de Saddam Hussein, dans la discrétion la plus absolue. Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, chahuté par ses partenaires de coalition et la minorité sunnite, n’a pas prévu de marquer l’événement. Quant au président américain Barack Obama, il s’est contenté d’« honorer la mémoire des près de 4 500 Américains » morts, sans évoquer les victimes irakiennes ni la décision d’envahir le pays.
Dans les rues de Bagdad, le désespoir le disputait à l’amertume. « Nous étions ravis d’être débarrassés de Saddam. Ce qu’ils (la coalition) ont fait là, c’est très positif. Mais ce qui est venu ensuite est une tragédie », s’exclame Raad Mohammad, rencontré en plein centre de Bagdad. « À l’heure actuelle, nous vivons tragédie sur tragédie. Rien ne s’est fait ces dix dernières années », poursuit-il. Mais pour Sabah Chawki, originaire du bastion chiite de Sadr City, l’invasion a eu au moins le mérite d’apporter la liberté religieuse à l’Irak. « Maintenant, je peux prier mon Dieu. À l’époque de Saddam, je ne pouvais que vénérer le Dieu qu’il voulait que je vénère », explique-t-il.
Sur le plan politique, l’Irak est loin d’incarner la démocratie exemplaire imaginée par l’administration américaine au déclenchement des hostilités. M. Maliki est conspué par ses alliés de la coalition gouvernementale et la minorité sunnite, qui enrage de se voir « marginalisée ».
(Source : AFP)

