Durant sa visite donc, d’aujourd’hui à vendredi, le président américain ira se recueillir à Jérusalem sur la tombe de Théodore Herzl, animateur du mouvement sioniste au tournant des XIXe et XXe siècles et inspirateur de l’idée d’un État des juifs qui aboutira, en 1948, à la création d’Israël. Toujours à Jérusalem, Barack Obama se rendra au musée d’Israël pour y admirer des fragments des manuscrits de la mer Morte, des parchemins bibliques vieux de deux millénaires découverts au milieu du XXe siècle en Cisjordanie, territoire occupé par Israël que les colons juifs revendiquent au nom de la Bible. Ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Michael Oren a récemment déclaré que ces manuscrits « ont été écrits il y a 2 000 ans par les juifs, en hébreu, sur leur terre, la terre d’Israël ». « Ce n’est pas un pays qui est tombé du ciel après l’Holocauste. C’est un pays qui plonge vraiment ses racines dans la région, qui est permanent et légitime », a-t-il ajouté à l’antenne de la télévision israélienne. Dans une interview à la même chaîne de télévision, Barack Obama a reconnu la semaine dernière « le droit fondamental d’Israël à vivre en sécurité en tant que terre du peuple juif et son lien avec cette terre ». Comme les autres puissances internationales, les États-Unis dénoncent la colonisation juive en Cisjordanie, un territoire qu’ils souhaitent voir entrer dans un futur État palestinien.
Barack Obama doit également aller à la rencontre de son homologue palestinien Mahmoud Abbas, dont l’administration est basée à Ramallah, et se rendre à Bethléem. Il effectuera ces deux déplacements en Cisjordanie en hélicoptère, ce qui lui permettra d’éviter les bulldozers et les barrages militaires israéliens. « Le président Obama a exprimé à plusieurs reprises son opposition à la colonisation (...) Israël commet des erreurs chaque jour mais personne ne les désigne pour les condamner », a déclaré vendredi Mahmoud Abbas à la télévision russe. En se déplaçant en hélicoptère, Barack Obama n’affrontera pas non plus la colère des Palestiniens, dont certains, pour dénoncer le refus des États-Unis de leur reconnaître dès à présent un État, ont brûlé lundi des portraits du président américain.
La crainte de protestations en provenance de l’autre camp, celui des colons, semble en outre être à l’origine de la décision de Barack Obama de ne pas s’adresser à la Knesset, le Parlement israélien. Au lieu de cela, il s’exprimera demain devant des étudiants israéliens invités par l’ambassade des États-Unis, qui a exclu de cette rencontre une université récemment créée dans la colonie juive d’Ariel, en Cisjordanie.
Contrairement à sa visite précédente en tant que sénateur américain en 2008, Barack Obama ne se rendra pas au Mur des lamentations, principal lieu de prières du judaïsme situé au cœur de Jérusalem-Est, conquis par Israël durant la guerre des Six-Jours en 1967 et dont l’annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. La tradition veut que pèlerins et touristes glissent dans les interstices de ce mur des billets sur lesquels ils ont inscrit leurs prières ou leurs vœux. Barack Obama semble vouloir éviter la mésaventure de 2008, lorsque le morceau de papier qu’il avait déposé avait été récupéré par des curieux et exposé dans les médias.
Par ailleurs, les États-Unis se présentent comme les garants de la sécurité d’Israël et financent largement le bouclier antimissiles baptisé Dôme de fer. Après son arrivée à Tel-Aviv, Barack Obama se rendra donc près d’une batterie de ce dispositif.
(Source : Reuters)

