Le pape François à la sortie de la messe dimanche en l’église Sainte-Anne au Vatican. Osservatore Romano/AFP
Dimanche matin, il s’est ainsi livré à un bain de foule improvisé et bon enfant, prenant le temps de discuter avec les fidèles, qu’il a salués un à un après la messe qu’il venait de célébrer dans une petite église du Vatican. « Il ne donne pas l’impression d’une autorité hiérarchique, mais plutôt d’un prêtre de quartier », observe Marco Politi. Vêtu d’une simple chasuble violette, le pape a ainsi choisi dimanche de prononcer son homélie debout et non assis sur son trône. « Il a un comportement d’ensemble très à l’aise et très naturel, jusque dans sa manière de marcher et de saluer », souligne Marco Politi. Une démarche dynamique qui l’a d’ailleurs fait trébucher vendredi lors d’une audience aux cardinaux, contribuant à le rendre encore plus humain. Jorge Bergoglio a décidé « d’être lui-même pour démythifier la fonction papale et présenter le pape comme un évêque au milieu de ses contemporains ». En cela il rappelle le grand communicateur Jean-Paul II mais surtout le pape du Concile Vatican II, Jean XXIII, surnommé en Italie « le bon pape ».
Quelques boutades
Dans ses interventions publiques, le pape François, 76 ans, n’hésite d’ailleurs pas à sortir des clous pour glisser quelques boutades, jouant sur le registre de la complicité avec son auditoire, pour le rendre attentif. Durant son premier Angélus place Saint-Pierre dimanche, face à une foule de 150 000 fidèles devant lesquels il venait d’évoquer le livre d’un de ses amis cardinaux et « grand théologien », il a lancé en plaisantant : « N’allez pas penser que je fais de la publicité pour les livres de mes cardinaux ! » Une attitude qui cadre parfaitement avec l’image qu’il avait déjà avant de monter sur le trône de saint Pierre. « J’ai vu le Jorge Bergoglio de toujours, la même simplicité, la même tranquillité, il n’était pas du tout solennel », a confié Sergio Rubin, journaliste du grand quotidien argentin Clarin et coauteur d’une biographie de Jorge Mario Bergoglio quand il n’était encore que cardinal (« El
Jesuita »).
Cette bonhomie ne semble pas déplaire à ses « frères cardinaux », tel le cardinal brésilien Odilo Scherer : « Le pape François est un jésuite et il surprend le monde par sa simplicité franciscaine. Que Dieu le bénisse, l’éclaire et le renforce dans sa mission! » a-t-il écrit sur son compte Twitter. Mais Marco Politi avertit que « probablement les plus conservateurs au sein de l’Église retiendront ce comportement comme dangereux ». Ces mêmes conservateurs n’auront probablement pas non plus apprécié que lors de sa rencontre samedi avec des milliers de journalistes il ait « envoyé une bénédiction (à l’auditoire), mais en s’abstenant de faire le signe de croix, par respect pour la liberté de conscience de tous », souligne le vaticaniste.
Au-delà des « petites plaisanteries (qui) sont des détails », Marco Politi préfère mettre l’accent sur « sa sincérité quand il raconte comment il a vécu le conclave, qui est très belle ». « Durant l’élection, j’étais à côté de l’archevêque émérite de São Paulo Claudio Hummes, un grand ami (...) Quand les votes ont atteint les deux tiers (le seuil pour être élu), il m’a serré dans ses bras, embrassé et m’a dit : “Et n’oublie pas les pauvres !” » Le pape François avec une sincérité désarmante a confié : « Immédiatement, j’ai pensé à François d’Assise. »
(Source : AFP)

