Préparatifs sur la place Saint-Pierre au Vatican en vue de la messe inaugurale. Filippo Monteforte/AFP
À la veille de cette cérémonie d’inauguration officielle de son pontificat, François a reçu la présidente de son pays natal, Cristina Kirchner, pour un entretien et un déjeuner. Celle-ci en a profité pour lui demander sa « médiation » sur le différend qui oppose l’Argentine à la Grande-Bretagne sur les îles Malouines. Les habitants de ces îles de l’Atlantique Sud viennent de rappeler leur attachement à la Grande-Bretagne dans un référendum. Mme Kirchner a alors rappelé que le pape Jean-Paul II avait joué les médiateurs entre le Chili et l’Argentine pour le conflit territorial sur le canal de Beagle, ce qui avait permis « d’aboutir à un accord ». Mais de son côté, le Vatican n’a pas commenté la rencontre, qu’il a qualifiée de « très informelle ». Les relations entre la présidente argentine, à la tête du pays depuis 2007, et l’ex-archevêque de Buenos Aires ont été marquées ces dernières années par de vifs désaccords en particulier sur le mariage gay et la législation sur l’avortement.
Outre Mme Kirchner, la capitale italienne accueille un défilé de personnalités parmi lesquelles le vice-président américain Joe Biden et les chefs d’État ou de gouvernement de la plupart des pays d’Amérique latine, où vivent 40 % des quelque 1,2 milliard de catholiques. « Je suis ravi d’être ici pour le pape François. Il a une vision que nous partageons tous : tendre la main aux pauvres et aux défavorisés », a déclaré M. Biden lors d’un entretien avec le président italien Giorgio Napolitano. Au total, 132 délégations dont 31 chefs d’État sont attendus pour cette messe qui se déroulera place Saint-Pierre, le jour de la Saint-Joseph, patron de l’Église catholique, par un temps que les services météorologiques annoncent clément.
Aristocratie européenne
Parmi les dizaines de hauts responsables qui seront présents sur la place doivent figurer la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault et son homologue espagnol Mariano Rajoy. Côté aristocratie européenne, le roi des Belges Albert II et la reine Paola, ainsi que le grand-duc du Luxembourg et une partie de sa famille assisteront à la messe, de même que le duc de Gloucester pour le Royaume-Uni. Rome a aussi accueilli hier matin un personnage controversé, le président zimbabwéen Robert Mugabe, 89 ans, plus vieux chef d’État africain et catholique fervent. Accusé de nombreuses violations des droits de l’homme dans son pays, M. Mugabe est interdit sur le sol de l’Union européenne. Mais l’Italie ne peut pas lui refuser de gagner le territoire du Vatican.
Autre point de friction diplomatique potentielle : la venue du président taïwanais Ma Ying-jeou, qui a déjà suscité l’ire de Pékin. La Chine a rompu ses relations avec le Vatican en 1951, après que ce dernier eut reconnu Taïwan, rupture devenue définitive avec la création d’une Église catholique contrôlée par le régime chinois. Pour désamorcer les polémiques, le Vatican a réaffirmé hier, par la voix du père Lombardi, que personne n’est « invité » mais que « tous ceux qui veulent venir sont bienvenus ».
« L’Église est à la fois d’Orient et d’Occident »
Le pape François quittera vers 07h45 GMT la résidence Sainte-Marthe où il loge en attendant que ses appartements pontificaux soient prêts. Il effectuera ensuite, en papamobile ou en jeep, un long tour de la place Saint-Pierre, où l’on attend près de 300 000 personnes qui devraient déborder dans l’avenue avoisinante. Une fois revêtu de ses vêtements liturgiques, François ira se recueillir sur la tombe de Pierre, le fondateur de l’Église, accompagné d’une dizaine de prélats, cardinaux et patriarches de l’Église catholique orientale. De plus, l’Évangile sera chanté en grec, pour rappeler que « l’Église est à la fois d’Orient et d’Occident », a souligné le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Ensuite, le pape se verra remettre le pallium, bande d’étoffe se portant sur la chasuble, et l’anneau du pêcheur, symboles de son pouvoir pontifical, avant de concélébrer la messe avec 180 prélats et ecclésiastiques.
Le pontife, qui a choisi son prénom en hommage à Saint-François d’Assise, le saint des pauvres, a demandé aux frères franciscains du couvent de La Verne, sis dans les montagnes toscanes, d’assurer le service liturgique pendant la messe. François est lui-même le premier jésuite à monter sur le trône de Saint-Pierre et les supérieurs des deux ordres participeront à la cérémonie qui doit durer deux heures. Cette messe, qui sera suivie par les médias du monde entier, nécessitera un très imposant dispositif de sécurité, avec le déploiement de quelque 3 000 policiers, carabiniers et autres agents de sécurité.
(Source : AFP)

