Absent du circuit pendant plus de sept mois, le Majorquin s’est vite remis au centre de tous les débats grâce à sa superbe victoire au tournoi d’Indian Wells, la première sur dur depuis son retour de blessure.
Le genre de scène que l’on voit d’ordinaire après une victoire en grand chelem. En fait, une scène à la mesure du soulagement d’un joueur qui a traversé des zones de turbulences de juillet à février, manquant notamment les Jeux olympiques, l’US Open et l’Open d’Australie pour soigner son genou gauche.
« À ce moment-là, tu te souviens de tous les bas, de tous les doutes que tu as eus, a confié l’Espagnol de 26 ans. Quand tu essaies tous les traitements et que tu vois que les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, ton moral en prend un coup. Tu te demandes quand et où tu vas pouvoir rejouer. »
S’il a longtemps cogité, Nadal n’a sûrement jamais rêvé d’un tel festival pour son retour sur les courts.
Quatre tournois, quatre finales, trois titres, avec quatre victoires contre des joueurs du top 10 mondial. Contre David Ferrer (alors n° 4), balayé en finale à Acapulco, puis Roger Federer (n° 2), Tomas Berdych (n° 6) et Juan Martin Del Potro (n° 7) à Indian Wells, il n’a perdu qu’un set.
« Incroyable »
Avec 17 victoires et 1 défaite (en finale à Vina del Mar face à l’Argentin Horacio Zeballos, alors 73e mondial), l’Espagnol effectue en fait le meilleur début de saison de sa carrière au strict plan comptable.
« Sérieusement, c’est impossible de faire mieux, non ? s’interroge Nadal sans fausse modestie. C’est quelque chose d’incroyable. »
Sa rentrée sur la terre battue sud-américaine avait été probante, mais il fallait la valider à Indian Wells, sur ces « hard courts » si exigeants pour les organismes, notamment les articulations des chevilles et des genoux.
Si Nadal a passé l’examen haut la main en Californie, il a préféré déclarer forfait pour le Masters 1000 de Miami, qui débute demain.
« Je ne pensais pas que j’allais jouer tous les matches possibles, a expliqué le Majorquin.
Les médecins m’ont dit de rentrer me reposer avant de reprendre l’entraînement. Je manque encore de puissance dans ma cuisse gauche. »
« Tellement fort mentalement »
« C’est difficile de revenir d’une blessure », témoigne Del Potro, sa victime en finale à Indian Wells, qui sait de quoi il parle après un souci à un poignet qui a failli faire dérailler sa carrière après sa victoire à l’US Open en 2009.
« Il faut d’abord se débarrasser de l’appréhension (de la rechute) et il faut plusieurs matches pour se sentir bien à nouveau.
Entre Vina del Mar et Indian Wells, Rafa n’est d’ailleurs plus le même joueur.
Mais c’est incroyable à quelle vitesse il a retrouvé son niveau. Il est tellement fort mentalement. »
» Rafa est toujours aussi solide, toujours aussi costaud.
l va se battre pour la première place mondiale très rapidement », affirme l’Argentin, qui restera comme l’autre bonne surprise du tournoi californien.
Mais il faudra d’abord que Nadal défende les 4 590 points (sur... 5 500 possibles) qu’il a accumulés la saison passée sur terre battue, à Monte Carlo (titre), Barcelone (titre), Madrid (8es de finale), Rome (titre) et Roland-Garros (titre).
L’après-Roland-Garros, quand il n’aura presque plus aucun point à défendre, sera bien plus propice à une remontée vers le sommet, trône qu’il n’a plus occupé depuis juin 2011.
Après un mois sous le feu des projecteurs, Nadal va maintenant disparaître pendant un mois, jusqu’à Monte-Carlo, où il visera un 9e titre consécutif.


