La crise syrienne menace désormais les accords de Sykes-Picot et la succession de l’Empire ottoman

Le Liban danse sur un volcan...

OLJ
18/03/2013
Quelles conséquences sur le Liban à court et moyen termes? L’Iran et le Hezbollah ont-ils vraiment compris que la chute d’Assad est inéluctable ? Quels scenarii possibles pour le Hezb ? Envahir des villages sunnites dans le Hermel et assurer la route vers l’Alaouistan ?
Quels que soient leurs démentis, je pense que les deux parties libanaises sont empêtrées jusqu’au cou dans les affaires syriennes. Le Liban danse sur un volcan, le risque de contagion est réel, mais je suis encore plus inquiet pour l’Irak. Au Liban, il y a un relatif équilibre des forces qui s’est constitué. Le vieux précepte de MAD (Mutually Assured Destruction) pourrait épargner au Liban une grande déflagration.
Pour ce qui est des Libanais sunnites et chiites, c’est aujourd’hui en Syrie qu’ils se battent et non pas chez eux, comme ironisait le New York Times récemment. Le Hezbollah, aux côtés des Iraniens de la force el-Qods et des chiites irakiens de Aasayib Ahl el-Haqq, est semble-t-il très impliqué dans la formation des chabbiha et de Jaych el-Chaëb. On signale également que l’Iran et le Hezbollah ont mis en place des plans de contingence assez détaillés pour que leurs intérêts soient préservés en cas de chute du régime d’Assad. Les sunnites libanais de diverses filières ne sont pas en reste et soutiennent quant à eux les rebelles syriens.
Pour ce qui est d’une éventuelle continuité territoriale entre les régions périphériques libanaises à dominante chiite et le Djebel Ansarieh de la montagne alaouite en Syrie, cela ne sera guère aisé car cela ne peut se faire sans de tragiques déplacements de population dans la province syrienne de Homs, à Ersal et ailleurs. En outre, l’idée d’un repli d’Assad sur la région alaouite ne va pas de soi. C’est bien sûr un plan B qui a été étudié et qui reste un dernier recours, mais cette solution ne serait pas tenable dans la durée. L’exode rural de ces 30 dernières années est venu créer une nouvelle donne syrienne dans laquelle la ségrégation démographique entre Syriens sunnites et alaouites n’existe plus. À ce stade, Bachar el-Assad est encore déterminé à tenir Damas. Il pense que qui contrôle Damas finira par contrôler l’ensemble de la Syrie.

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