X

Diaspora

L’ambassadeur du Brésil revient sur une histoire d’amitié entre deux pays

Coopération Le nouvel ambassadeur du Brésil au Liban, Affonso Emilio de Alencastro Massot, s’est installé début 2013 dans la capitale, accompagné de son épouse Yolanda de Arruda Botelho.
18/03/2013
Diplomate de carrière, Affonso Emilio de Alencastro Massot a occupé le poste d’ambassadeur aux Pays-Bas, en République tchèque et en Grèce. Détenteur de plusieurs médailles brésiliennes et internationales, dont celle de grand officier de l’ordre du Cèdre au Liban, il a assumé de nombreuses autres fonctions, aussi bien au ministère brésilien des Relations extérieures qu’à l’étranger, en tant que secrétaire, chargé d’affaires ou consul général, à Rome, Bogota, Nairobi, Dar es-Salam, New York, Lisbonne...
L’ambassadeur Massot, diplômé en droit de l’Université catholique de Rio de Janeiro et en diplomatie de l’Institut Rio Branco, où il a également enseigné, a été membre du Conseil de la Cour permanente d’arbitrage à La Haye (Pays-Bas). Dans cette même ville, il était le représentant permanent auprès de l’Organisation pour l’élimination des armes chimiques (OPAQ).

Discours au dîner de l’Association d’amitié Liban-Brésil
L’Association d’amitié Liban-Brésil, présidée par Regina Fenianos, qui avait été fondée en 1954 par Jean Abou Jaoudé à l’occasion de l’ouverture d’ambassades entre le Liban et le Brésil, a reçu l’ambassadeur Affonso Massot au cours d’un dîner de gala organisé en février dernier à Beyrouth. À cette occasion, le nouvel ambassadeur a prononcé un discours d’ouverture, au cours duquel il a retracé l’histoire de l’émigration libanaise au Brésil :
« Je dois vous dire que c’est pour moi un grand honneur d’avoir été désigné ambassadeur du Brésil à Beyrouth. Avant cela, j’étais représentant du ministère des Relations extérieures à São Paulo, une ville qui, à mon avis, est la capitale mondiale de la diaspora libanaise ! Après tout, le Brésil compte parmi ses citoyens presque 10 millions de descendants de Libanais, dont une grande partie se trouve à São Paulo ! Mon séjour dans cette ville m’a confirmé l’importance et les défis que représente cette mission au Liban. »

La visite de l’empereur Dom Pedro II en 1876
L’ambassadeur Massot poursuit : « Cette relation précieuse dont nous témoignons aujourd’hui entre nos deux pays a débuté en 1876, avec la visite effectuée par le deuxième empereur du Brésil au Liban. C’était un monarque illustre, philosophe et curieux, et vous pouvez imaginer quelle grande aventure fut son déplacement depuis l’Amérique du Sud jusqu’au Moyen-Orient, il y a presque 140 ans, avec un entourage de dizaines de personnes. C’était une époque où les chefs d’État ne quittaient pas leurs pays et, quand cela arrivait, c’était seulement pour visiter un pays voisin ! En arrivant ici, Dom Pedro II fut ébloui par le Liban, par son histoire et ses merveilles. Mais il a été surtout conquis par son peuple, ce qui l’a encouragé à lancer un appel pour que les Libanais émigrent au Brésil, en leur assurant que le Brésil les recevrait les bras ouverts. »
« Et il en fut ainsi ! Des dizaines, ensuite des centaines de milliers d’ancêtres et des parents libanais résidents parmi vous sont allés vers l’inconnu, brisant de nouvelles frontières et conquérant de nouveaux horizons. Ils ont été littéralement des pionniers ! Dans un pays aux dimensions continentales, la colonisation portugaise, à quelques exceptions près, s’était faite presque exclusivement sur la côte atlantique. Au XVIIe siècle, seuls les pionniers de São Paulo, que l’on appelle “bandeirantes” au Brésil, étaient allés plus loin à la recherche de l’or et d’autres richesses. »

Le parcours exceptionnel des Libanais au Brésil
M. Massot ajoute : « Les Libanais, cependant, ont exploré beaucoup plus l’intérieur du pays, en se dirigeant vers les endroits les plus reculés, depuis les extrémités de la région amazonienne à l’extrême-sud du Brésil et jusqu’à la frontière avec la Bolivie. Ils ont emmené dans leurs bagages leur savoir-faire en commerce, transmettant les nouvelles de la capitale et du monde, et – pourquoi ne pas le dire – un peu de la civilisation. Une civilisation qui se matérialisait dans divers produits qu’ils vendaient. De cette façon, ils ont été les nouveaux “bandeirantes” du XXe siècle ! Ces immigrants et leurs descendants, au fil des années, ont constitué une présence significative dans le commerce en gros, en détail et dans l’industrie – en particulier du textile –, une activité qu’ils ont été pratiquement les premiers à développer au Brésil.
« Il ne faut pas oublier leur rôle dans la finance, la diplomatie et les professions libérales, ainsi que dans la vie politique où les Libanais occupent les postes les plus élevés de la nation. Parmi eux, citons le vice-président de la République Michel Temer, le vice-gouverneur de l’État de São Paulo, Guilherme Afif Domingos, l’ancien maire de São Paulo, Gilberto Kassab, et l’actuel, Fernando Haddad, ainsi que Paulo Skaf, président de la Fédération des industries de cet État, qui regroupe 150 000 industries. Ils sont tous des fils ou des petits-fils de Libanais... et ont construit une réalité socio-économique harmonieuse et tolérante, travaillant ensemble et vivant en paix, créant un exemple pour le monde. »

Un grand nombre de nouvelles mesures
Pour terminer, l’ambassadeur Affonso Massot a annoncé une série de mesures en cours d’application : « Je pense que les Brésiliens et les Libanais n’ont pas encore entièrement conscience de l’importance du potentiel culturel, commercial et politique de ce partenariat bilatéral, tant pour le Brésil au Moyen-Orient que pour le Liban en Amérique latine...
Dans le but d’approfondir et de renforcer ces liens, j’ai déjà présenté au gouvernement libanais des projets d’accords réciproques, portant sur les prolongements de la validité des visas d’affaires et de tourisme pour cinq ans, avec plusieurs entrées, la suppression des visas pour les passeports diplomatiques, officiels et de service, ainsi que la création d’un mécanisme de consultations politiques bilatérales. Toutes ces propositions ont été très bien accueillies. »
Il conclut : « D’autres initiatives suivront dans les domaines du commerce et de la culture, et j’espère compter sur l’appui de tous les amis du Brésil, pour faire en sorte qu’en travaillant ensemble nous puissions, d’une façon croissante, être à la hauteur de cette amitié et de ce partenariat si spécial, je dirais même unique, qui existe entre le Brésil et le Liban ! »

À la une

Retour au dossier "Diaspora"

Dernières infos

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Pays : Liban ; capitale : Téhéran

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué