Huit prisonniers turcs détenus depuis deux ans dans une base du nord de l’Irak ont été libérés hier par le PKK. Azad Lashkari/Reuters
Le PKK a présenté cette libération, à la demande expresse de son chef emprisonné Abdullah Öcalan, comme un geste de bonne volonté. « Nous avons procédé à cette libération avec les meilleures intentions qui soient. Nous ne comptons en tirer aucun profit, qu’il soit politique ou financier. Il s’agit simplement d’un geste humanitaire », a ainsi assuré devant la presse un des commandants de la branche armée de la rébellion kurde, Baver Dersim. « Aujourd’hui, la balle est dans le camp de la Turquie. À elle de prouver sa bonne volonté pour que soit enclenché un processus de paix », a-t-il ajouté. Le PKK a déjà procédé dans le passé à des libérations de prisonniers turcs. Celui-ci s’inscrit clairement dans le cadre des discussions de paix reprises au mois de décembre entre le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara et Abdullah Öcalan, qui purge depuis 1999 une peine de prison à vie.
La libération de ces prisonniers a été saluée par le président turc Abdullah Gül, en visite en Suède. « Si la violence et les armes sont abandonnées, alors nous pourrons facilement passer des questions de sécurité aux réformes », a espéré M. Gül. Le ministre de l’Intérieur Muammer Güler a lui aussi exhorté les rebelles à continuer sur la voie « d’actions de bonne volonté ».
Selon des sources gouvernementales et kurdes, Abdullah Öcalan devrait maintenant appeler à un cessez-le-feu unilatéral le 21 mars, à l’occasion du Nouvel An kurde, le Newroz, puis un abandon complet des armes d’ici à août. En échange, le gouvernement islamo-conservateur turc a présenté la semaine dernière au Parlement un projet de loi qui doit permettre la libération de certains militants kurdes accusés de collusion avec le PKK. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a également proposé aux combattants du PKK qui accepteraient de déposer les armes un sauf-conduit vers l’Irak, mais il a écarté catégoriquement le scénario d’une amnistie générale.
L’un des députés du Parti pour la paix et la démocratie (BDP, prokurde) présent dans la délégation turque qui a récupéré les prisonniers a pourtant fait de la remise en liberté du chef historique du PKK une condition à la poursuite des discussions. En attendant, le chef du PKK doit recevoir pour la troisième fois dans sa prison d’Imrali dans le nord-ouest du pays une délégation de députés du BDP « dans les jours prochains, peut-être la semaine prochaine », selon le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), Hüseyin Celik.
(Source : AFP)

