Certains des grévistes se sont rassemblés à Jnah et ont franchi à pied la distance qui les séparait des bâtiments d’Ogero, à Bir Hassan, ce qui a provoqué, une fois de plus, des bouchons.
Les grévistes, rejoints aussi par les employés d’Ogero, ont été harangués par les meneurs de la manifestation, et notamment par l’infatigable Hanna Gharib, qui a retrouvé, au lendemain d’un week-end de repos, sa voix et son inspiration, et a parlé de la grève comme du « travail d’une femme en gésine ». « Ce travail entraîne des souffrances, mais nous sommes prêts à l’endurer », a-t-il dit, avant de donner rendez-vous aux manifestants, aujourd’hui mardi à 10h, devant le siège du ministère de l’Éducation, à l’Unesco. Avis aux automobilistes...
Ressources
Dans leurs harangues, les grévistes assurent que les ressources nécessaires au financement de la nouvelle grille des salaires sont disponibles, et que le rendez-vous donné aux grévistes par le chef de l’État, le 21 mars, devrait être déterminant ; ce que M. Sleiman, qui entame une tournée en Afrique à partir d’aujourd’hui, s’est bien gardé de promettre, affirmant que cette phase pourrait « nécessiter plus d’une réunion »...
En tout état de cause, le projet de budget 2013 que le ministre des Finances, Mohammad Safadi, doit soumettre au Conseil des ministres, lui, ne prévoit rien de nouveau au chapitre des salaires du secteur public.
Selon les indications puisées à des sources économiques, ce projet table, une fois de plus, sur une augmentation des taxes indirectes. C’est ainsi que la TVA passerait de 10 à 15 %, et taxerait les portables, les voitures, les articles de luxe (comme le caviar, le saumon, les crevettes), l’électroménager et ses pièces de rechange, ainsi que certains services publics, comme le téléphone fixe.
Toujours la pauvreté d’imagination la plus absolue pour ce qui concerne les taxes sur les transactions foncières, l’impôt direct sur le revenu, les marges de bénéfices des banques, les biens-fonds maritimes, etc. Des taxes que l’État ne pense qu’à fuir, parce qu’elles sont difficiles à percevoir.

