"Les massacres qui auraient été perpétrés par des Comités populaires ont parfois pris des connotations interconfessionnelles", précise ce rapport de 10 pages de la Commission d'enquête internationale et indépendante de l'ONU.
La plupart des rebelles combattant le régime sont des musulmans sunnites, alors que le pouvoir est aux mains de la communauté alaouite, la minorité religieuse à laquelle appartient al-Assad, ramification de l'islam chiite.
Les enquêteurs ont "reçu des témoignages cohérents de personnes qui affirment avoir été harcelées et parfois arrêtées arbitrairement par des membres de ces comités parce qu'ils provenaient de régions perçues comme étant +en faveur de la révolution+", lit-on aussi dans ce document.
Le rapport assure que certains des Comités populaires, créés par les habitants face aux "groupes armés anti-gouvernement et groupes criminels", auraient été "formés et armés par le gouvernement" pour ensuite participer à des "opérations militaires".
"Leur présence a été documentée à travers la Syrie, où ils auraient parfois participé à des fouilles maison par maison, à des contrôles d'identité, à des arrestations massives, à des pillages et auraient agi en tant qu'informateurs", détaillent les enquêteurs.
Selon les témoins interrogés par les enquêteurs, les membres des Comités populaires sont souvent décrits comme des Chabihas (des milices pro-Assad).
Les enquêteurs de l'ONU distinguent toutefois les deux groupes, précisant que "les milices affiliées au gouvernement et les forces paramilitaires, y compris la milice Chabiha et les Comités populaires locaux, qui agissaient initialement comme groupe d'autodéfense au sein des communautés pro-gouvernementales, viennent régulièrement renforcer les forces du gouvernement".
Selon les enquêteurs, le régime a récemment commencé à intégrer ces Comités populaires, avec d'autres groupes, au sein d'une nouvelle force paramilitaire appelée "Les Forces de défense nationale".
Les enquêteurs de l'ONU ont par ailleurs déploré la "dramatique érosion" des régions sûres dans le pays ces deux derniers mois, accusant une fois de plus les deux parties de crimes de guerre.
"Les combats continuent -- et se sont intensifiés -- dans les villes d'Alep et de Homs. Les gouvernorats de Damas et de Daraa sont contestés avec férocité", poursuit le rapport qui couvre la période allant du 15 janvier au 3 mars.
Créée en 2011 par le Conseil des droits de l'homme, la commission comprend plusieurs membres, dont l'ancienne procureur du Tribunal pénal international, Carla del Ponte.
Elle a présenté de multiples rapports sur la Syrie, sans jamais toutefois recevoir le feu vert de Damas pour se rendre dans le pays où le régime est confronté à insurrection depuis mars 2011. La guerre civile a fait 70.000 morts, selon des estimations de l'ONU.
Les enquêteurs ne cessent de dénoncer la spirale de la violence et les massacres commis en Syrie -- au moins trois dans le gouvernorat de Homs depuis décembre selon le rapport -- et ont appelé à maintes reprises à une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) par le Conseil de sécurité.


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