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Lifestyle - Exposition

« Turbulences II », simplement envoûtantes

C’est le 28 février, dans le magnifique espace de la villa Empain à Bruxelles, devenue le siège de la Fondation Boghossian, qu’a été inaugurée la non moins magnifique exposition « Turbulences II »* avec la collaboration de l’Espace culturel Louis Vuitton. Comme à Paris, où une partie de ces belles turbulences ont été présentées il y a quelques mois, les œuvres sont venues secouer les lieux et les visiteurs, en toute délicatesse.

Petroc Sesti, « Literal Form », 2012, fluide optique, sphère de verre, turbine et plinthe, 220 x 90 x 90 cm. Diamètre 100 cm. Courtesy of Gallery Etemad, Dubaï.

Bruxelles, villa Empain, avenue Franklin Roosevelt, l’avenue des ambassades, nous dit-on, pour toutes celles qui y sont logées. La Fondation Boghossian, installée dans ces lieux chargés d’histoire, qu’elle a acquis en 2006, devient ainsi, à sa manière très culturelle, ambassadrice de la communication entre des Orients en pleine turbulence et d’un dialogue artistique entre les Orients et l’Occident...
Parmi les expositions qui ont occupé en beauté ce joyau de l’architecture Art déco dirigé par Diane Hennebert, il y a eu, entre autres, « Pudeurs et colères de femmes », « Art is the answer », ou encore « Égyptomanies depuis le XIXe siècle ».
Après Paris, où l’Espace culturel Louis Vuitton, fidèle à sa vision de célébrer le voyage sous toutes ses formes, a présenté 11 œuvres sous le titre et le thème de « Turbulences », l’exposition s’est ici élargie, développée et épanouie avec 27 artistes supplémentaires, de formation et de cultures différentes, venus exprimer leur vision des tumultes de ce monde. Les 2 500 m2 de la villa étaient idéales pour recevoir ces œuvres contemporaines, installations, dessins, sculptures, tableaux, photos et films, y insufflant une élégance et une poésie supplémentaires.
Lorsque le visiteur pénètre l’espace, il est à la fois subjugué par la beauté des lieux, celle des pièces présentées, par la scénographie et l’accrochage qui mettent souvent face à face des œuvres différentes mais complémentaires dans un dialogue parfait. Il est surtout impressionné par des pièces où la réflexion, les recherches et la technologie se sont mis au service de l’artiste, dans une modernité qui, étonnement, s’assortit au style Art déco de la villa.
Ordre et désordre, ordre ou désordre, ont été déclinés sous les cinq thèmes suivants : distorsions, ondulations, flux, graphes et nuées. « Volutes de fumées, sillages, arabesques, torrents et cascades... le mouvement engendre la turbulence », ont précisé David Rosenberg et Pierre Sterckx, commissaires de l’exposition. Il s’agit d’abord, et surtout, d’exprimer la fluidité des turbulences positives. « Nous nous sommes intéressés au volet heureux et fructueux de ces désordres, a poursuivi Rosenberg, transformé en guide pour des journalistes heureux. Nous avons tenu, avec la complicité de Marie-Ange Molonguet, directrice de l’Espace Louis Vuitton Paris, à élargir le propos de l’exposition parisienne. Créer dans cette architecture imposante une ampleur musicale, tout en profitant de ce sentiment d’intimité. Vous entrez dans une zone de turbulences, détachez vos ceintures ! »
a-t-il enfin suggéré...

Visite guidée
Ils ont donc fait le voyage des quatre coins du monde pour installer leurs turbulences : Yaacov Agam, Basserode, Abdelkader Benchamma, Moon Beom, Angela Bulloch, Pol Bury, Loris Cecchini, Miguel Chevalier, Leo Copers, Elias Crespin, Attila Csörgö, Wim Delvoye, Laurence Demaison, Lionel Estève, Michel François, Adam Fuss, Pascal Haudressy, Joe Jones, Zilvinas Kempinas, Sachiko Kodama, Ryoichi Kurokawa, Bertrand Lamarche, Pe Lang, Éric Le Maire, Étienne-Jules Marey, Shinichi Maruyama, Julie Mehretu, Nicolas Moulin, Moataz Nasr, Giuseppe Penone, Donato Piccolo, Michal Rovner, Petroc Sesti, Roman Signer, Santiago Bill Viola, Jorinde Voigt et, en bonus, une toile du grand Cy Twombly. Ils ont usé de l’eau, de l’air, de la musique, des sons, de turbines ou de souffleries, pour créer des œuvres qui interpellent, qu’elles soient statiques ou mobiles, certaines sont même interactives, et pour dessiner des mouvements inattendus.
Au gré d’une visite qui ne cesse à aucun moment de surprendre, et sur les trois étages de la villa Empain, chaque arrêt est un prétexte pour s’étonner, se laisser séduire, impressionner, ou s’amuser. Et s’il fallait en retenir quelques-uns, citons d’abord l’installation du vénézuélien Elias Crespin, « Piano Flexionante Circular ». Des mobiles constitués de tiges d’acier suspendues et reliées à un programme informatique qui rythme chacune de ses tiges en créant des formes nouvelles, lentement et d’une manière presque hypnotique ; « L’origine du monde » du mexicain Miguel Chevalier, une pièce où les murs, transformés en immenses écrans, projettent des tableaux de couleurs qui réagissent au son et surtout au passage d’un visiteur. « Perpetual Void », une impressionnante sphère de verre de Petroc Sesti qui enferme tourbillons et vortex dans un étonnant mouvement aquatique ; les deux œuvres ludiques de Pe Lang qui, sur des lignes horizontales, a créé des mouvements-déplacements de ces formes. Et pour finir la vidéo de Bill Viola, Acceptance interprétée par Weba Gerretson, seul film et seul élément humain de l’exposition, une femme nue, à peine éclairée, criant sa douleur ou son plaisir sous un jet d’eau de plus en plus fort qui la transforme presque en ange.
Pour ceux qui auront la chance de passer par Bruxelles, l’exposition « Turbulences II » est un arrêt obligé, un prétexte de plus pour (re)visiter la villa Empain. Et lorsque, quelques heures plus tard, ces turbulences se transforment en émotions... la mission est accomplie.

*Exposition « Turbulences II » à la villa Empain, jusqu’ au 1er septembre 2013.
Ouvert tous les jours de 10h à 18h30. Fermé le lundi.
Bruxelles, villa Empain, avenue Franklin Roosevelt, l’avenue des ambassades, nous dit-on, pour toutes celles qui y sont logées. La Fondation Boghossian, installée dans ces lieux chargés d’histoire, qu’elle a acquis en 2006, devient ainsi, à sa manière très culturelle, ambassadrice de la communication entre des Orients en pleine turbulence et d’un dialogue artistique entre les Orients et l’Occident...Parmi les expositions qui ont occupé en beauté ce joyau de l’architecture Art déco dirigé par Diane Hennebert, il y a eu, entre autres, « Pudeurs et colères de femmes », « Art is the answer », ou encore « Égyptomanies depuis le XIXe siècle ».Après Paris, où l’Espace culturel Louis Vuitton, fidèle à sa vision de célébrer le voyage sous toutes ses formes, a présenté 11 œuvres sous le titre et le...
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