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Moyen Orient et Monde - Vatican

Au préconclave, les cardinaux prennent langue

Quatre jours après la démission historique du pape, les cardinaux ont réclamé hier des explications franches sur le fonctionnement de l’Église, lors de rencontres au Vatican destinées à préparer le prochain conclave et repérer les « papabili ». « Nous voulons avoir connaissance de ce qui se vit dans le Vatican, dans l’ensemble de l’organisation centrale de l’Église qui a été un peu chahutée ces temps derniers », a déclaré le cardinal français Philippe Barbarin, en sortant de la première session hier matin. « Si nous voulons prendre les bonnes décisions, je suis certain que nous devons avoir quelques informations à ce sujet », a renchéri le cardinal sud-africain Wilfrid Napier, à propos du scandale VatiLeaks qui a révélé intrigues et graves tensions au sein de la Curie romaine. Mais le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a indiqué qu’il n’y aurait pas de discussion générale à ce propos, ajoutant toutefois que les cardinaux, venus du monde entier, pouvaient demander à leurs collègues « toutes les informations qu’ils jugent nécessaires ». Car les turbulences au Vatican, et, récemment, les spéculations sur un prétendu « lobby gay », sont mal perçues par les cardinaux venus d’ailleurs.

 

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Par ailleurs, le père Federico Lombardi a indiqué que cette première réunion s’est tenue « dans une atmosphère sereine et constructive ». Les cardinaux ont lu tous ensemble un serment, s’engageant à tenir secret le contenu de leurs entretiens. Ils ont aussi décidé hier d’envoyer au pape émérite Benoît XVI un message pour exprimer « leur affection et leur gratitude », a indiqué le porte-parole du Saint-Siège.

« Sereine »
Les 209 cardinaux, électeurs (moins de 80 ans) ou non, ont été convoqués par le cardinal Angelo Sodano, doyen du Sacré Collège, pour ces « congrégations » de préparation au conclave. Hier matin, 142 d’entre eux étaient présents, dont 103 électeurs, a précisé le porte-parole du Vatican. Quelques-uns, trop âgés ou malades, se sont excusés. La date très attendue du conclave ne pourra être connue (à l’issue d’un vote à la majorité absolue) que lorsque tous les électeurs – 115 annoncés – seront présents. Ces « congrégations » permettront aussi aux cardinaux venus des cinq continents et qui ne se connaissent pas bien de prendre langue, de voir où va le vent. Pour 67 électeurs, c’est le premier conclave. Enfin, des dispositions pratiques en vue du conclave dans la chapelle Sixtine devraient être prises aujourd’hui. Par exemple le feu vert pourrait être donné à l’aménagement et à l’installation de la fameuse cheminée par laquelle une fumée blanche indiquera urbi et orbi l’élection du 266e pape.

 

(Repère :Qui succèdera à Benoit XVI : quelques candidats potentiels)


Pour trouver le pape pasteur, spirituel, garant de la tradition et à poigne, le choix paraît très ouvert : il n’y a pas de favori et de camps préétablis. Néanmoins, les noms les plus cités sont ceux de l’Italien Angelo Scola, l’Autrichien Christoph Schönborn, le Hongrois Peter Erdö, l’Américain Sean O’Malley, le Québécois Marc Ouellet, le Brésilien Odilo Scherer et le Ghanéen Peter Turkson. Numériquement et psychologiquement, les chances d’un Occidental sont plus fortes qu’un « papabile » du Sud, qui, même talentueux, serait moins connu.

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