Cette image diffusée le 25 décembre 2012 montre Abou Zeid, un des chefs d’AQMI, dont la mort se confirmerait. Sahara Media/AFP
Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar, issus des groupes islamistes qui ont terrorisé l’Algérie dans les années 1990, ont été ensuite à la tête de leurs katibas (unités combattantes) respectives les maîtres d’œuvre d’AQMI au Mali, où ils se sont implantés, au Niger et en Mauritanie. Ils y ont commis de nombreux enlèvements et exécutions d’Occidentaux, attentats ou tentatives d’attentats, s’y sont également livrés à divers trafics, dont celui de la drogue. Pour sa part, Belmokhtar a quitté AQMI fin 2012, afin de créer son propre groupe, « Les signataires par le sang », dont la première action d’envergure a été une prise d’otages massive et sanguinaire en janvier sur un site gazier du sud de l’Algérie, In Aménas.
Cinquantaine de caches
Mais la capacité d’action de ces groupes se réduirait. « Nous sommes en train de casser les reins d’AQMI et ça, c’était bien l’objectif tel qu’il nous avait été fixé par le président de la République », François Hollande, a assuré l’amiral Guillaud. Il a précisé qu’une « organisation industrielle du terrorisme » avait été découverte dans le nord-est du Mali, citant « plus d’une cinquantaine de caches dans des maisons, des hangars ou des grottes, plus d’une dizaine d’ateliers de fabrication, y compris de bombes, dans l’un des ateliers » et « vingt bombes artisanales en cours de fabrication simultanément. Ceci montre que cela dépasse l’Adrar des Ifoghas, le Mali, même le Sahel, c’était expansionniste », a-t-il insisté.
Concernant les sept otages français détenus par des groupes islamistes que l’on pensait être dans le massif des Ifoghas, l’amiral a reconnu que l’armée française ne savait pas où ils se trouvaient. « Il est possible qu’ils aient été déplacés, pas forcément vers un autre pays », a-t-il dit. Pourtant, le président Hollande avait affirmé début février à Bamako que les forces françaises au Mali étaient désormais « tout près » de ceux-ci. Au total, ce ne sont pas moins de quinze otages français qui sont retenus en Afrique, dont au moins six au Sahel par AQMI, un septième ayant été enlevé au Mali par un autre groupe islamiste armé, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Les familles de quatre otages au Sahel ont quant à elles estimé hier que leurs proches ne seraient pas sauvés par les opérations militaires et ont appelé le gouvernement français à « négocier » avec AQMI.
Prêt à intervenir
Ces développements ont coïncidé avec la visite de quelques heures à Bamako du ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, la première d’un haut responsable occidental au Mali depuis celle, le 2 février, de François Hollande. Avant de repartir, il s’est déclaré « impressionné par la détermination » des responsables maliens qu’il a rencontrés, dont le président par intérim Dioncounda Traoré, de « progresser vers une paix durable, la stabilité et la démocratie » dans leur pays. « Ce sera une tâche difficile, mais ils auront le soutien de la plupart des pays du monde », dont celui du Royaume-Uni, a affirmé M. Hague en rappelant que son pays avait déjà aidé les armées française et malienne en termes « de transport, de surveillance et d’entraînement ».
Enfin, le président mauritanien Mohammad Ould Abdel Aziz a affirmé hier que son pays était désormais prêt à intervenir militairement au Mali dans le cadre du déploiement d’une force de l’ONU dans ce pays.
(Source : AFP)


La France aurait-elle décidé de sacrifier les otages ?
02 h 14, le 05 mars 2013