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Culture - Festival Al-Bustan

Quant le chœur de Geghard révèle le divin

À la cathédrale Saint-Louis des capucins, le chœur vocal féminin du monastère de Geghard a interprété a cappella un magnifique répertoire de chants sacrés arméniens et européens. Plus de 90 minutes d’une sublime beauté.

Il était très difficile ce soir-là d’applaudir après chaque chant, d’autant que toute prestation vocale plongeait le public dans un moment de contemplation. Encore plus difficile de ne pas applaudir, car comment ne pas exprimer cette joie contenue à l’écoute de ces voix divines?


Le chœur vocal féminin vient de la profonde Arménie et, plus précisément, de ce monastère de Geghard enfoui dans les montagnes. De cette Arménie qui a été la première nation à adopter officiellement le christianisme (301 après J-C). C’est grâce à la création de l’alphabet arménien par Mesrob Machtots en 405 après J-C qu’a été permise la transmission des textes liturgiques. Quant à la musique religieuse arménienne, elle provient principalement de deux manuscrits des IVe et Ve siècles : le Jamakirk (bréviaire) qui rassemble les hymnes de la liturgie et le Charag’nots (rituel), regroupant les hymnes chantés aux différentes fêtes de l’année. Jusqu’au Xe siècle, le chant sacré arménien restera sobre, avec des mélodies syllabiques et des textes proches de la doctrine. Si, plus tard, les hymnes s’enrichissent poétiquement et musicalement, la musique sacrée reste pourtant liturgique jusqu’à ce que le père Komitas introduise la polyphonie à la fin du XIXe siècle. Mais quelles que soient les modifications subies au cours des années, cette musique demeure le reflet de la vie au quotidien du citoyen arménien et de sa spiritualité. Elle imprègne presque sa chair et son cœur. Dans sa structure et ses textes, elle raconte la douleur de ce peuple si longtemps meurtri.

Tout ce qu’il y a de divin...
C’est ce qu’a révélé ce soir-là le chœur composé de huit femmes avec, pour directeur artistique, Mher Navoyan.
En arc de cercle devant l’autel, éclairés par des bougies et quelques lumières indirectes et face à l’audience, les interprètes aux voix divines, dirigés par Anahit Papayan, ont entonné surtout des «sharagans» (hymne), des «daghs» (ode) et des chants de la liturgie divine. La musique traditionnelle arménienne se distingue de l’occidentale par ses sonorités, mais aussi par sa structure. Elle est construite sur des modes mélodiques qui lui sont propres, sans aucune relation avec les modes majeurs et mineurs de la musique occidentale. C’est pour marquer cette différence que le chœur a présenté dans une première partie des Ave Maria de Mozart, de Claudio Monteverdi ou encore de Marie-Line Rivière, ainsi que des morceaux de Brahms et de William Byrd, toujours en hommage à la Vierge Marie. Les deux dernières compositions étaient dédiées aux victimes du massacre de Sumgait en Azebaïdjan qu’on célèbre durant la messe tous les 27 février, dira Anahit Papayan.


Après un intervalle de vingt minutes, la seconde partie introduisait l’audience dans ce qui semblait traduire l’identité arménienne. Les chanteuses avaient échangé d’ailleurs leurs robes noires contre un costume traditionnel. Les suppliques à la Vierge, notamment celles composées par Movses Khorenatsi ou même les chants médiévaux d’anonymes, étaient soit interprétées solo, soit par cette polyphonie de voix indépendantes et pourtant liées les unes aux autres par ces règles qu’on appelle l’harmonie. Des hymnes à la joie, mais aussi d’autres entonnés le vendredi saint et qui confortent l’homme dans tout ce qu’il a de bon et de merveilleux en lui.

Il était très difficile ce soir-là d’applaudir après chaque chant, d’autant que toute prestation vocale plongeait le public dans un moment de contemplation. Encore plus difficile de ne pas applaudir, car comment ne pas exprimer cette joie contenue à l’écoute de ces voix divines?
Le chœur vocal féminin vient de la profonde Arménie et, plus précisément, de ce monastère de Geghard enfoui dans les montagnes. De cette Arménie qui a été la première nation à adopter officiellement le christianisme (301 après J-C). C’est grâce à la création de l’alphabet arménien par Mesrob Machtots en 405 après J-C qu’a été permise la transmission des textes liturgiques. Quant à la musique religieuse arménienne, elle provient principalement de deux manuscrits des IVe et Ve siècles : le Jamakirk (bréviaire) qui rassemble...
commentaires (1)

Je croyais le logo "divin" était une marque déposée !lol!

Jaber Kamel

13 h 57, le 01 mars 2013

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Commentaires (1)

  • Je croyais le logo "divin" était une marque déposée !lol!

    Jaber Kamel

    13 h 57, le 01 mars 2013

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