Le ministre de l’Intérieur et nouveau PM désigné, Ali Larayedh, à une conférence de presse hier concernant l’identification de l’assassin de Chokri Belaïd. Fethi Belaid/AFP
Une réponse insuffisante pour la veuve de l’opposant assassiné, Besma Khalfaoui. « C’est beau de savoir qui a exécuté, mais pour moi c’est très important de savoir qui a commandé, comme cela a été fait, car c’est un crime très organisé », a-t-elle déclaré.
Le tueur présumé serait actif dans la Ligue de protection de la révolution (LPR), une milice brutale pro-islamiste, au Kram, une banlieue populaire de Tunis. La LPR a été accusée à de nombreuses reprises par l’opposition d’orchestrer des attaques contre des opposants ou des associations pour les intimider. Ces ligues sont « protégées par le système », a accusé la veuve de Chokri Belaïd qui a demandé « immédiatement » leur dissolution. La mouvance salafiste jihadiste est également accusée par les autorités d’être responsable de nombreux coups d’éclat, certains sanglants, ces derniers mois.
Pas rassurés...
La mort de Chokri Belaïd a entraîné la démission du Premier ministre Hamadi Jebali. Ce dernier a claqué la porte du gouvernement et M. Larayedh a été appelé à lui succéder. Mais l’actuel ministre de l’Intérieur n’a rien dit hier de l’état des pourparlers qu’il mène pour former un nouveau gouvernement de coalition. Il a reçu dans la matinée les dirigeants du Parti républicain (opposition laïque) après avoir vu Beji Caïd Essebsi, ex-Premier ministre postrévolutionnaire et chef du mouvement d’opposition Nida’ Tounes. « Vu la gravité de la situation, il faut transmettre un message rassurant au peuple tunisien. La désignation de Ali Larayedh n’a pas rassuré », a déclaré hier Maya Jribi, secrétaire générale du Parti républicain, excluant que son parti participe au gouvernement. Car si M. Larayedh, considéré comme un modéré d’Ennahda, a la réputation d’un homme de dialogue, l’opposition le juge responsable de l’essor de la mouvance jihadiste et de la répression violente de conflits sociaux.
Cette interminable crise politique s’explique aussi par la volonté du puissant chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, de maintenir son mouvement coûte que coûte au pouvoir. Une volonté qui a fait échouer les efforts déployés jusque-là, jugent des analystes qui concèdent néanmoins qu’une solution passe nécessairement par lui, son parti ayant remporté plus de 40 % des suffrages lors de l’élection de l’Assemblée nationale constituante en octobre 2011 ; une Assemblée incapable d’aboutir, après 16 mois de travaux, à un consensus sur la futur Constitution qui ouvrait la voie à de nouvelles élections.


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Ma prière est qu'il se fasse chopper au plus vite, parce que plus on attend plus on va accuser le hezb résistant, comme d'habituuuuuudeeee....
12 h 18, le 27 février 2013