Fin 2011, Silvio Berlusconi avait laissé l’Italie au bord de l’asphyxie financière. Stefano Rellandini/Reuters
Au Sénat, la gauche serait également en tête avec 32,35 % contre 29,9 % pour la droite berlusconienne sur la base des deux tiers des bulletins dépouillés, inversant une tendance donnée précédemment par des projections d’instituts de sondage qui voyaient la droite aux premières loges. Mais une victoire en voix ne se traduit pas automatiquement par la majorité de sièges (la majorité absolue est de 158 sièges), car le système électoral du Sénat, complexe, accorde une prime majoritaire au niveau de chaque région. Par exemple, les résultats de la Lombardie, région la plus riche et la plus peuplée, pèsent très lourd dans la balance.
« C’est sûr que s’il y a une majorité à la Chambre et une autre au Sénat, il n’y a pas de gouvernement », a commenté Stefano Fassina, l’économiste du Parti démocrate, assailli de questions par les journalistes au QG de campagne du PD. Une solution pourrait venir d’une alliance entre le centre gauche et Mario Monti, mais tout dépendra du nombre des sièges que ce dernier obtiendra au Sénat où sa liste tournerait autour de 9 %. « Je ne sais pas si avec l’addition des sénateurs de centre gauche et de la coalition de Monti on arrive à une majorité », s’est interrogé M. Fassina.
Au siège de campagne de l’ex-commissaire européen, l’ambiance était encore plus morose : « Nous sommes préoccupés parce que le gouvernement n’aura pas de majorité », a expliqué Mario Giro, tête de liste en Campanie (Naples). Mais selon lui, « si les résultats se confirment, nous aurons deux coalitions, de droite et de gauche, obligées de travailler ensemble dont Monti peut être le pivot ».
Une chose est sûre en revanche : le parti du comique devenu homme politique Beppe Grillo, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), apparaît comme le vrai vainqueur du scrutin. Le M5S pourrait faire jeu égal dans les deux chambres avec le Parti démocrate, principal mouvement de la gauche italienne. Après avoir voté hier, Beppe Grillo avait lancé à la foule des journalistes : « l’histoire va changer un peu, on verra comment. »
Catalyseur du malaise social dans un pays en pleine récession économique (-2,2 % en 2012), il a séduit au-delà des clivages droite-gauche avec un programme jugé « populiste » par ses adversaires : fin du financement public des partis politiques, coupes sombres dans le nombre d’élus, revenu minimum de 1 000 euros et référendum sur l’euro.
La crise et 15 mois de rigueur budgétaire imposée par le gouvernement technique de Mario Monti ont énormément influé sur ces élections. Le « Professeur », qui jouissait d’une solide popularité pour avoir rétabli la crédibilité de l’Italie, a fortement pâti des effets de sa politique d’austérité. À l’inverse, Silvio Berlusconi, parti sous les huées en novembre 2011 en laissant une Italie au bord de l’asphyxie financière, a réussi une remontée spectaculaire en promettant d’abaisser les impôts et même de rembourser une taxe foncière impopulaire rétablie par Monti.
Le taux de participation était plus qu’honnête, de 75,1 % pour la Chambre, de 74 % pour le Sénat, même s’il a été en baisse de 5/6 points par rapport à 2008. Le mauvais temps a peut-être découragé certaines personnes âgées, a estimé la ministre de l’Intérieur Annamaria Cancellieri.
(Source : agences)


Taux de participation très haut. Des agitations et remous en vue... La Fille qui cause le froid au dos à sa vieille Mère...
01 h 24, le 26 février 2013