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Culture - Liban-Jazz

Michel Portal Quartet, libre et inassouvi

Une soirée sous le signe du raffinement et de l’élégance, de l’innovation au service de la musique, a été offerte au public du Music Hall par l’ensemble Michel Portal Quartet. Un pur moment de joie.

Michel Portal entouré de Daniel Humair aux percussions, Benjamin Bousset au piano et de Bruno Chevillon à la contrebasse. Photo Hassan ASSAL

Grâce à Liban-Jazz et avec le soutien de l’Institut français, de la First National Bank et en collaboration avec Éléftériadès, Michel Portal était au Liban pour une soirée unique. L’audience a pu savourer, durant un peu plus d’une heure (certains avouent être demeurés sur leur faim), un panachage de mélodies toujours renouvelées. Ce boulimique de la musique – entouré par d’excellents musiciens : le génial et l’incontournable Daniel Humair aux percussions, Benjamin Bousset au piano, ainsi que Bruno Chevillon à la contrebasse – a réussi à installer des climats, des atmosphères diverses. « Je suis un musicien classique, dira-t-il en se présentant au public et en s’excusant un peu d’être arrivé dans l’après-midi et de n’avoir encore rien vu du pays. Mais je vous découvre et je vous imagine. » Et de poursuivre : « J’aime à m’amuser avec ces amis qui m’accompagnent car nous partageons la même vision de la musique : libre et toujours régénérée. » C’est ainsi que, multipliant les instruments, de la clarinette au saxophone alto, ténor et soprano, et élargissant sa palette musicale avec toute la famille des clarinettes, notamment la clarinette basse, Portal entremêlera, avec une délectation presque « juvénile », générations et traditions musicales diverses.

Libre dans sa tête...
L’artiste possède l’humilité des grands. Il ne craint pas la note pour l’avoir si longtemps maîtrisée et domptée, mais il se met néanmoins à son service. C’est dans cette complexité simplifiée qu’il se met en danger tout en allant extirper cette musique au fond de lui-même. Comme un chef d’orchestre, mais usant de ses doigts comme une baguette (magique ?), il rythme l’espace, libère les tonalités et fait s’envoler en éclats les règles et les codes préétablis. Au troisième morceau, le lien s’instaure avec l’audience, d’abord frileuse. Seul règne le langage de la musique. Un dialogue qui prendra l’allure de tempêtes, d’orages tumultueux et parfois de dunes silencieuses ondulant comme des ombres. « C’est ça le dialogue du jazz, dira Portal, être à l’écoute de l’autre et se comprendre.» Et lorsque cette magie de la parole musicale se réalise, l’artiste est heureux. Son but est atteint. Car ce musicien inspiré et totalement habité, qui a été à la confluence du classicisme et du free-jazz et introduit ce jazz européen dans une nouvelle sphère, continue à se remettre en question et à s’interroger. Avec cette garde rapprochée excellente (on ne cessera de le répéter) et qui semble le suivre jusqu’au bout, il libère la musique de tout exercice de style et l’envisage comme un plaisir corporel et mental. « Comme nous ne voulons pas être des compositeurs, car il faudrait jouer avec des partitions, et comme nous ne voulons pas jouer des standards, nous sommes dans un chaos incroyable », a-t-il dit un jour. Ses influences de cabaret, de bals musettes et de variétés, Michel Portal ne les renie pas, mais leur donne des moules nouveaux. Ainsi, à la fin du concert, il invite l’audience à le rejoindre sur les pas de Gainsbourg et de sa nouvelle Javanaise, et à le suivre aussi sur la Butte où il interprétera des morceaux qui réveilleront dans la salle une nostalgie certaine. Mêlée à un ravissement absolu.
Grâce à Liban-Jazz et avec le soutien de l’Institut français, de la First National Bank et en collaboration avec Éléftériadès, Michel Portal était au Liban pour une soirée unique. L’audience a pu savourer, durant un peu plus d’une heure (certains avouent être demeurés sur leur faim), un panachage de mélodies toujours renouvelées. Ce boulimique de la musique – entouré par d’excellents musiciens : le génial et l’incontournable Daniel Humair aux percussions, Benjamin Bousset au piano, ainsi que Bruno Chevillon à la contrebasse – a réussi à installer des climats, des atmosphères diverses. « Je suis un musicien classique, dira-t-il en se présentant au public et en s’excusant un peu d’être arrivé dans l’après-midi et de n’avoir encore rien vu du pays. Mais je vous découvre et je vous...
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