L’Arabie saoudite a accordé sa plus haute distinction, l’ordre du roi Abdel Aziz de la classe supérieure, à l’économiste et ancien professeur de l’Université américaine de Beyrouth, Omar Hamza. La cérémonie de décoration s’est déroulée à Riyad chez le prince héritier et ministre de la Défense Salman ben Abdel Aziz, en présence du prince Mohammad ben Salman et du secrétaire général de la Fondation Fahd ben Abdallah al-Sammari...
Voici une belle, une ultime marque d’estime et d’appréciation de la part du roi Abdallah. De reconnaissance, surtout. Parce qu’il faut dire qu’un millier de documents et manuscrits liés à un pan de l’histoire du royaume ont été offerts au fonds d’archives de la fondation du roi Abdel Aziz. Cette précieuse collection appartenait au père de Omar Hamza, Fouad bey, qui, au cours des années 30 et 40, a été le proche conseiller et ambassadeur du fondateur de l’Arabie moderne, le roi Abdel Aziz al-Saoud.
Pour la petite histoire, Omar Hamza, qui possédait une vaste bibliothèque et qui manquait de place, avait souhaité faire don d’ouvrages rares à notre Bibliothèque nationale. Mais ne pouvant en aucun cas remettre le cadeau à cette vénérable institution sans un décret ministériel et une multitude de formalités administratives compliquées et usantes, qu’il devait soupçonner pourtant, son enthousiasme a fini par retomber ! Omar Hamza a finalement offert ses livres à la bibliothèque de Baakline. C’est aussi bien...
Les adieux au bon Nassif
Après 13 ans de bons et loyaux services comme représentant de la Ligue arabe dans la capitale française, le Libanais Nassif Hitti quitte son poste pour rejoindre le siège de l’organisation au Caire, où il aura la lourde responsabilité de conseiller diplomatique et de porte-parole d’une institution (plus ou moins) représentative d’un monde arabo-musulman en ébullition... En attendant, il s’offre un petit break entre Jean-François Girault, du département Afrique du Nord-Moyen-Orient au Quai d’Orsay qui l’a fait commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur, et les nombreuses réceptions d’adieu données à Paris en son honneur par ses collègues, pour ne citer que l’ambassadeur du Liban Boutros Assaker ; l’ambassadrice de Jordanie Dina Kawar, doyenne du corps diplomatique arabe ; et l’ambassadeur d’Irak Farid Yacine, qui a réuni à cette occasion tous les conseillers de l’Élysée et du Quai d’Orsay en charge du Moyen-Orient, dont Emmanuel Bonne, Marc Baretti, Christian Nakhlé, etc.
Reste cette question que le Tout-Paris diplomatique se pose : qui sera le successeur de Nassif Hitti ? Qui sera le prochain ambassadeur de la Ligue à Paris ? Beyrouth soutient-il la candidature d’un nouveau diplomate libanais à ce poste, ou le laissera-t-il tomber dans l’escarcelle d’un autre pays arabe ?
Georges ou Ali ?
Au dîner de Derek et Nadia Plumbly, le coordinateur spécial de l’ONU au Liban et son épouse qui ont réuni une vingtaine de personnes, dont les deux anciens ministres Nayla Moawad et Tammam Salam, le député Nabil de Freige, Marwan et Mona Iskandar, l’ambassadeur d’Égypte Achraf Hamdi et son épouse, Wafaï Mansour et l’ambassadrice de l’Union européenne Angelina Eichhorst, Sélim et Yldiz Diab, Gisèle Khoury, Hussein Farouk Derar, la conversation n’était pas centrée sur la loi orthodoxe, mais sur les événements en Égypte.
D’autant que parmi les convives, de passage à Beyrouth sur invitation de la chaîne al-Horra, il y avait Mona Makram-Ebeid, la petite-fille du leader copte Makram Ebeid, cofondateur de l’historique parti libéral d’Égypte al-Wafd. Sitt Mona, qui s’était retirée de la commission chargée par le Parlement de rédiger la nouvelle Constitution d’Égypte en signe de protestation contre la domination d’un seul courant, celui des islamistes, exposait haut et fort les enjeux de la révolution. C’était passionnant, mais il y avait un petit hic : aucune autre voix ne pouvait se faire entendre et l’atmosphère était devenue anxiogène...
Jusqu’à ce que le charmant Riad el-Assaad passe à l’acte. Pour sortir de son chapeau non pas quelque lapin, une solution lumineuse pour régler la crise, mais une histoire toute drôle pour pimenter le sujet. « Dans une salle de classe, à l’école primaire, une maîtresse demande à l’un de ses élèves, Ali, ce qu’il veut faire quand il sera grand. Président de la République, répond le petit Ali avec assurance. Un deuxième Ali enchaîne : Moi je serai Premier ministre. Un troisième : Moi je veux être procureur de la République. Puis elle se retourne vers le petit Georges qui, très déterminé, déclare : Moi je veux devenir Ali. »
Autour de Riad, il y a eu certes des éclats de rire, mais aussi de légers sourires glacés. Jaunes. Ce n’était pourtant qu’une blague, mazette ! À moins que...
Les ailes de Jonathan
On se serait cru à un G8 des anciens correspondants de guerre au Liban et des spécialistes du Proche et Moyen-Orient ! Il y avait Patricia Allemonière de TF1, Marc Kravetz de Libération, Charles Glass, journaliste-reporter américain pris en otage en 1987 et qui a réussi à s’évader après deux mois de détention, Agnès Levallois, consultante et experte de la région : elle a vécu à Damas et effectué de nombreux séjours en Égypte et au Liban, puis a été directrice de l’information et des programmes de RMC MO, la filiale arabophone de RFI. Jean-Claude Cousseran, ancien directeur de la DGSE, diplomate tour à tour en poste à Beyrouth, Bagdad, Téhéran, Jérusalem et Damas, et qui avait participé aux négociations pour libérer les otages français au Liban en 1985-1986...
Tout ce joli monde s’est retrouvé chez Paul et Virginie Lutyens, dans le Marais, autour de leur ami pour la vie, l’ancien grand journaliste du Washington Post Jonathan Randal. L’auteur de Les Kurdes, peuple maudit, d’Oussama Ben Laden et de Going all the way (sur la guerre du Liban) célébrait son 80e anniversaire entouré de son épouse Geneviève, de ses deux petits-enfants et d’une cinquantaine d’invités parmi lesquels le cardiologue libanais Joseph Moawad et sa femme Judith, la cinéaste Jocelyne Saab, l’opposant au régime iranien, Ahmad Salamatian, etc. Affichant toujours ce look jeune et irrésistible, l’octogénaire rédige en ce moment un ouvrage sur l’invasion israélienne du Liban, en 1982...
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L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef