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Moyen Orient et Monde - Chypre

À peine élu, Anastasiades veut restaurer la crédibilité de l’île

Nicos Anastasiades vote en compagnie de son petit-fils à Limassol. Yorgos Karahalis/Reuters

Le candidat de droite Nicos Anastasiades a été élu hier à la présidence de Chypre avec 57,5 % des voix.
Élégant avocat pro-
européen de 66 ans et vétéran de la vie politique chypriote, M. Anastasiades a largement devancé Stavros Malas, un indépendant soutenu par les communistes dominant le gouvernement sortant, selon les résultats officiels qui font état d’un taux de participation de plus de 81 %.
À Nicosie, devant les locaux du parti Disy (droite) que M. Anastasiades dirige depuis 1997 après avoir été député sans interruption depuis 1981, une large foule a accueilli l’annonce de sa victoire avec des cris de joie, tandis que des concerts de klaxons résonnaient à travers la ville. « J’ai voté pour Anastasiades (...). Je pense qu’il est le meilleur politicien que nous avons à Chypre. Notre pays a beaucoup de problèmes économiques et nous avons de meilleures chances (de nous en sortir) avec lui », a affirmé un restaurateur de 54 ans.
En effet, l’île méditerranéenne est au bord de la faillite. « Ma première priorité est de restaurer la crédibilité de Chypre », a affirmé M. Anastasiades en conclusion de son discours de victoire. Ainsi le nouveau président sera chargé de conclure avec ses partenaires un plan de sauvetage européen. Et alors que le pays a demandé en juin une aide financière à la troïka formée par l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, ce scrutin était suivi de près par les ministres des Finances de la zone euro, qui ont attendu de connaître le nouvel homme fort du pays avant de se prononcer sur le plan d’aide. Pour obtenir la confiance des bailleurs de fonds internationaux, M. Anastasiades s’est dit prêt à des mesures radicales.

Pas avant 2016
Car les dernières prévisions de la Commission européenne sont pessimistes : l’économie, qui s’est contractée de 2,3 % en 2012, devrait poursuivre sa chute en 2013 (-3,5 %), et la reprise n’est pas attendue avant 2016. De son côté, le gouvernement chypriote a évalué à 17 milliards d’euros l’aide financière nécessaire, soit l’équivalent de son produit intérieur brut annuel. Cette aide est destinée en premier lieu à renflouer les banques, très exposées à la dette grecque, et dont les besoins pourraient atteindre jusqu’à 8,86 milliards d’euros, selon un rapport du fonds Pimco.
Face à la sévérité de la crise, la question de la réunification de l’île divisée depuis l’invasion turque de 1974 a été pour la première fois reléguée au second plan des enjeux du scrutin. Mais nul ne doute que la communauté internationale attendra du président qu’il fasse progresser les négociations menées sous l’égide de l’ONU. En 2004, M. Anastasiades avait déjà soutenu un plan de réunification proposé par l’ONU et accepté par les Chypriotes turcs mais rejeté par une grande majorité de Chypriotes grecs. Un pragmatisme lui a valu de vives critiques. Il prône désormais un consensus politique sur ce dossier, sans pour autant présenter de stratégie claire.
(Sources : agences)
Le candidat de droite Nicos Anastasiades a été élu hier à la présidence de Chypre avec 57,5 % des voix.Élégant avocat pro-européen de 66 ans et vétéran de la vie politique chypriote, M. Anastasiades a largement devancé Stavros Malas, un indépendant soutenu par les communistes dominant le gouvernement sortant, selon les résultats officiels qui font état d’un taux de participation de plus de 81 %.À Nicosie, devant les locaux du parti Disy (droite) que M. Anastasiades dirige depuis 1997 après avoir été député sans interruption depuis 1981, une large foule a accueilli l’annonce de sa victoire avec des cris de joie, tandis que des concerts de klaxons résonnaient à travers la ville. « J’ai voté pour Anastasiades (...). Je pense qu’il est le meilleur politicien que nous avons à Chypre. Notre pays a beaucoup...
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