Cette région montagneuse des Ifoghas sert de refuge à de nombreux islamistes armés liés à el-Qaëda traqués par l’armée française depuis plusieurs semaines, mais elle est aussi le berceau des Touareg. « Il y a eu trois morts et plusieurs blessés dans les rangs du MNLA », a poursuivi cette source. L’information a également été confirmée par un responsable du MNLA à Ouagadougou, Mohammad Ibrahim Ag Assaleh, qui a ajouté : « Les deux kamikazes sont morts. » Il a par ailleurs accusé le groupe islamiste Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) d’être à l’origine de cet attentat. Selon la même source sécuritaire malienne, « les terroristes ont toujours affirmé qu’ils combattraient les forces françaises et leurs alliés, c’est ce qui s’est passé à mon avis ». Jeudi, un porte-parole de l’armée française a effectivement déclaré « se coordonner » avec « les groupes qui ont les mêmes objectifs » que Paris, en parlant du MNLA. Ce dernier, un mouvement laïc, qui avait lancé une offensive en janvier 2012 dans le nord du Mali contre l’armée malienne avec les groupes islamistes armés, en avait très vite été évincé par eux des grandes villes de Gao, Tombouctou et Kidal. Par la suite, ce mouvement est réapparu à Kidal et Tessalit à la faveur de l’intervention française contre les islamistes liés à el-Qaëda qui a débuté le 11 janvier.
Corps déchiquetés
Au même moment, à 350 km au sud-ouest de Kidal, à Gao, plus grande ville du nord du pays, l’armée malienne tentait de la « nettoyer » des islamistes qui l’ont infiltrée. Ainsi, des soldats ont tiré à l’arme lourde hier sur la mairie où s’étaient retranchés la veille ces islamistes armés lors de violents combats avec l’armée malienne, appuyée par l’armée française. Des soldats maliens ont donc tiré au lance-roquettes sur le bâtiment où, selon le colonel Mamadou Samaké de l’armée malienne, il y avait « au moins » un islamiste armé qui a riposté avant d’être tué. Dans la mairie, les corps de quatre hommes ont été découverts, parmi lesquels deux entièrement déchiquetés. Un autre militaire malien avait indiqué auparavant que de « nombreux » corps de jihadistes portant des ceintures d’explosifs et tenant à la main des grenades dégoupillées étaient encore dans la mairie et dans le Palais de justice proche. Il avait également précisé que des mines avaient été placées dans ce secteur. Mais les démineurs français, arrivés sur place dans l’après-midi, ont pu intervenir. Selon une source militaire, la plupart des engins explosifs retrouvés n’étaient pas activés.
Selon l’armée française, cette fois, entre quinze et vingt islamistes ont été tués, deux soldats français légèrement blessés et quatre soldats maliens « auraient » été blessés au cours des combats de jeudi qui ont eu lieu au centre-ville, dans les secteurs de la mairie et du Palais de justice. Dans la nuit de jeudi à vendredi et dans la matinée d’hier, des coups de feu ont été tirés en divers endroits de Gao, dont le centre, où des combattants islamistes étaient positionnés sur les toits, notamment sur celui du marché principal.
Le Mujao, qui a occupé Gao pendant neuf mois en 2012 avant qu’elle ne soit reprise par les armées française et malienne le 26 janvier, a affirmé avoir envoyé des combattants dans la ville pour la « libérer des mécréants ». Il a affirmé que « la bataille » ne faisait « que commencer » pour reconquérir Gao, Kidal et Tombouctou, les trois grandes villes du nord du Mali. La ville de Gao avait déjà été le théâtre de violences il y a deux semaines de la part des jihadistes qui y avaient commis les premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali.
La situation dans ce pays n’est « pas du tout stable », a déclaré pour sa part le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali et au Niger, alors que l’ONU a dénoncé des « informations horrifiantes » en matière de droits de l’homme.
De son côté, le président Barack Obama a annoncé que les États-Unis avaient envoyé 40 militaires supplémentaires au Niger pour fournir une aide en renseignements aux forces françaises au Mali, portant leur total à 100.
(Source : AFP)

