La Libye célébrait hier le deuxième anniversaire de la révolte populaire qui a renversé en 2011 le régime de Mouammar Kadhafi. Des feux d’artifice et des chants révolutionnaires ponctuent depuis vendredi ces festivités organisées dans toutes les villes du pays. Sur la place Tahrir à Benghazi, bastion de la révolution, un rassemblement a réuni plusieurs membres du gouvernement et Mohammad el-Megaryef, président de l’Assemblé nationale, qui a rendu hommage aux « martyrs de la révolution » et aux « vrais révolutionnaires » ayant combattu le régime, soulignant la « détermination » des autorités à empêcher le pays de devenir « une base pour le terrorisme ».
Le président de l’Assemblée s’est également adressé aux « amis de la Libye qui l’ont soutenue durant la révolution », en référence aux pays occidentaux et arabes ayant apporté leur soutien au soulèvement populaire et les a appelés à encourager leurs entreprises à contribuer à la relance de l’économie et à la reconstruction du pays. Par ailleurs, M. Megaryef a aussi promis d’accélérer la rédaction d’une Constitution ainsi que les réformes dans les domaines de la justice, de la réconciliation nationale et de la sécurité. « Le chaos sécuritaire coûte énormément au pays », en empêchant notamment le retour des sociétés étrangères qui ont quitté la Libye lors de la révolution, a-t-il estimé.
« Le gouvernement n’épargnera aucun effort pour consolider la souveraineté, l’indépendance et la stabilité du pays », a déclaré de son côté le Premier ministre Ali Zeidan, dans un discours à la télévision nationale, soulignant que « toutes les dispositions seront prises en faveur d’une décentralisation du pouvoir ».
Ces célébrations se sont déroulées sous haute surveillance, les autorités ayant mis en garde une nouvelle fois contre les tentatives de partisans de l’ancien régime de profiter de l’occasion pour « semer le chaos ». Les services de sécurité, l’armée et d’anciens rebelles ont été mobilisés pour sécuriser les villes, où les points de contrôle ont été multipliés, tandis que des avions de chasse et hélicoptères de l’armée survolaient régulièrement le ciel de la capitale. De plus, le gouvernement a fermé les frontières terrestres durant quatre jours et suspendu plusieurs vols internationaux. Malgré cela, « la situation reste toujours imprévisible », a estimé un diplomate en poste à Benghazi. « On prend toutes nos précautions. On ne sait jamais ce que pourrait arriver », a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat. Car cette ville a connu une série d’attaques contre des intérêts occidentaux et est devenue un repère pour les groupes jihadistes : quatre Américains, dont l’ambassadeur Chris Stevens, y ont été tués lors de l’attaque du consulat le 11 septembre 2012.
Corriger...
Plusieurs groupes et organisations de la société civile, dont des partisans du fédéralisme dans l’est du pays, ont ainsi décidé de reporter leurs mouvements de protestation, par crainte des violences. À Benghazi, des manifestants ont néanmoins critiqué les nouvelles autorités, appelant en particulier « à corriger le processus de la révolution » et réclamant plus de décentralisation du pouvoir. Le nouveau régime a tardé selon eux à activer la justice, à relancer l’économie et à avancer dans la rédaction d’une Constitution.
Pour sa part, le militant des droits humains Nasser Houari a déploré le fait que « la démocratie, que réclament les Libyens, est encore un objectif lointain ». Il a estimé que « les milices armées (contrôlaient) des organes de l’État et (étaient) devenues partie prenante du processus de prise de décision », ce qui représente, selon lui, « le plus grand danger auquel fait face le pays ». En effet, les autorités sont accusées d’avoir échoué jusqu’ici à asseoir leur autorité face à ces milices qui font la loi et à former une armée et des services de sécurité professionnels unifiés. Les « thowar », organisés en milices, qui ont combattu les forces de Mouammar Kadhafi jusqu’à la mort de l’ancien dirigeant le 20 octobre 2011, sont considérés comme responsables de l’insécurité ambiante et comme une entrave au processus de reconstruction de l’État.
(Source : agences)
Le président de l’Assemblée s’est également adressé aux « amis de la Libye qui l’ont soutenue durant la révolution », en référence...

