Les curieux continuaient hier de se masser sur les lieux de l’attentat à Quetta, qui a fait 81 morts.Banaras Khan/AFP
Azidullah Hazara, le président du Parti démocratique Hazara, une petite formation représentant les chiites de l’ethnie du même nom, aussi présente en Iran et en Afghanistan, a donné hier un ultimatum de 48 heures aux autorités pour lancer une opération ciblée contre les assaillants sans quoi il allait appeler à une forte mobilisation dans la rue. Des manifestations d’appui aux victimes de l’attentat de Quetta ont donc eu lieu dans la métropole Karachi, à Lahore, la deuxième ville du pays, de même qu’à Muzaffarabad, la capitale de la partie du Cachemire administrée par le Pakistan, où environ 2 000 chiites ont crié des slogans antigouvernementaux et demandé l’arrestation des auteurs de cette attaque, selon des journalistes de l’AFP.
Incapacité
Le Premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf avait de son côté appelé les forces de l’ordre à arrêter et traduire en justice les auteurs de ces attaques, mais cette demande a été accueillie avec scepticisme par des chiites qui reprochent au gouvernement son incapacité, voire son manque de volonté, pour contrer le Lashkar-e-Jhangvi. Le chef des opérations de ce mouvement suprématiste sunnite, Malik Ishaq, avait été relâché en juillet 2011 après 14 ans de prison. « La répétition de ces attaques montre l’échec de nos services de renseignements. Nos institutions, la police, les paramilitaires et d’autres encore ont peur ou alors n’ont pas la capacité de prendre des mesures » contre les auteurs de ces violences, a déploré Zulfiqar Magsi, le gouverneur du Baloutchistan. Sayyed Qamar Haider Zaidi, un porte-parole de la communauté chiite locale, a aussi accusé le gouvernement de ne pas protéger adéquatement les chiites et annoncé trois jours de deuil. Le drapeau pakistanais était donc en berne hier et de nombreux marchés fermés à Quetta où de nombreuses personnes trouvaient des lambeaux de chair et des parties de corps humains dans les gravats, selon un photographe de l’AFP sur place.
Ce dernier attentat, qui a fait 81 morts et près de 180 blessés selon un dernier bilan de la police locale, est le deuxième plus meurtrier contre les chiites dans l’histoire du Pakistan, pays majoritairement sunnite en proie à une montée en puissance du fondamentalisme religieux et des violences sectaires. Ces nouvelles violences interviennent un peu plus d’un mois après une série d’attentats antichiites ayant fait plus de 90 morts à Quetta, également revendiqués par le LEJ, un groupe fondé au milieu des années 90 qui multiplie les assauts contre la minorité chiite qui constitue environ 20 % des 180 millions de pakistanais. Après cet attentat sans précédent, les chiites avaient refusé d’enterrer leurs proches, un geste d’une forte puissance symbolique dans le monde musulman, où les défunts doivent être inhumés le jour même ou le lendemain au plus tard.
(Source : AFP)


HAINE Séculaire ! Dans ce pays les tueries de Chiites sont très anciennes. SANS AUCUNE RAISON.
11 h 53, le 18 février 2013