Reprise aux islamistes sans combats le 26 janvier par les soldats français et maliens, Gao, à 1 200 km au nord-est de Bamako, a depuis été le théâtre des premiers attentats-suicide de l’histoire du Mali et de violents combats de rue entre les deux armées et des combattants jihadistes infiltrés dans la ville.
Mercredi, trois jours après les combats de rue en centre-ville, l’armée française a désamorcé un énorme engin artisanal contenant 600 kilos d’explosifs, trouvé dans la cour d’une maison proche d’un hôtel où logeaient des journalistes étrangers.
Pendant l’occupation de la ville en 2012 par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un des trois groupes islamistes qui ont mis sous leur coupe tout le nord du Mali pendant plus de neuf mois, cette maison a été habitée plusieurs semaines par « Abdulhakim », chef de la police islamique de Gao qui y a commis de nombreuses exactions au nom de la charia.
Selon des sources militaires, cette maison était appelée « l’usine » par les islamistes qui y fabriquaient et y stockaient munitions et explosifs, ce qu’ont confirmé les habitants du quartier. À l’intérieur, les soldats français ont également découvert des obus et des munitions.
Et dans une maison proche, d’autres importantes quantités d’explosifs ont également été trouvées, selon des militaires français.
« En mon for intérieur, je pense que la situation est stabilisée » à Gao, a déclaré le colonel de gendarmerie de la ville, Saliou Maïga. Mais il a laissé entendre que des opérations se préparaient autour de Gao, dans des villages dont certains habitants seraient des islamistes ou des sympathisants.
Alors que la menace d’attentats et d’attaques de soldats maliens, français et africains demeure dans le nord du mali, à Bamako, le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des auteurs du putsch du 22 mars 2012 contre le régime d’Amadou Toumani Touré qui avait précipité la chute du nord du Mali aux mains des jihadistes armés, a refait surface après un mois de silence. Il a été investi en grande pompe à la tête d’un comité chargé de la réforme de l’armée malienne, divisée entre ses partisans et ceux du président renversé, en présence du chef de l’État par intérim, Dioncounda Traoré, du Premier ministre Diango Cissoko et de hauts responsables militaires. « Le comité militaire n’a aucune vocation politique et ne saurait se substituer à la chaîne de commandement militaire », a affirmé le capitaine. « Il s’attèle à sa mission de suivi des réformes prévues et cela dans une étroite collaboration avec les autres structures », a-t-il dit.
Le retour du capitaine Sanogo sur le devant de la scène est intervenu après des pourparlers à Abidjan et Ouagadougou avec la présidence en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la médiation burkinabè dans la crise malienne, selon des sources diplomatiques et militaires.
Après ces discussions, le capitaine Sanogo a accepté de quitter son quartier général de Kati, véritable forteresse pour ses hommes et lui à 15 km de Bamako, pour venir s’installer au siège de l’état-major des armées dans la capitale où il est plus facilement contrôlable, selon ces sources.
(Source : AFP)

