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Mode - Fashion Week

New York rétro sous le blizzard

Défilé Lacoste, le 9 février 2013 à New York. Photo AFP, Stan Honda

Serrée entre la Fashion Week de Paris et celle de Londres, la Semaine de la mode de New York a commencé jeudi dernier, 7 février, et s’est achevée le 14 février. À peine les derniers défilés terminés, les rédacteurs de mode prenaient déjà l’avion pour la capitale britannique. Présentées sous la neige, malgré un intermède ensoleillé, les collections montrées à New York annonçaient un automne-hiver 2013-2014 plutôt guerrier avec beaucoup de cuir et une palette où dominaient les kakis et les verts, mais également très féminin avec beaucoup de fourrures et de broderies. Le siècle dernier reste à l’honneur avec un hommage aux années 40 et même un clin d’œil au romantisme Art Nouveau, notamment chez Tory Burch.
Les festivités de la Fashion Week de New York ont démarré mercredi soir 6 février dans une ambiance glamour et paillettes, lors d’un gala de la fondation américaine amfAR contre le sida qui a réuni au sud de Manhattan un parterre de stars et de starlettes. Le maire de New York, Michael Bloomberg, a coupé le ruban rouge et officiellement lancé cette Semaine de la mode. M. Bloomberg s’est réjoui que « les gens qui savent créer, qui ont des idées, de l’ambition, prêts à essayer de nouvelles choses, puissent le faire ici ».
En tout, près de 300 défilés et présentations de mode masculine et féminine vont donner le ton de la saison automne-hiver 2013-2014.

Au Lincoln Center
Comme de tradition, la Semaine a été lancée dans la matinée de jeudi au Lincoln Center par Nicholas K, de Christopher Kunz et sa sœur Nicholas, avec leurs ampleurs généreusement structurées et des superpositions décomplexées, volontiers asymétriques. La capuche était reine, les pantalons sanglés sous le genou, et de très vastes cols invitaient hommes et femmes à oublier l’hiver, en noir, gris et vert automnal.
Après une longue absence, Kenneth Cole a fait jeudi soir son retour à la Fashion Week de New York, au premier jour d’une semaine effrénée où sont prévus quelque 300 défilés et présentations automne-hiver 2013. Le styliste new-yorkais de 58 ans n’était pas réapparu sur les podiums depuis sept ans, et au début de son défilé, baptisé « Libération urbaine », il a reconnu que « beaucoup de choses avaient changé depuis ». Un texte lumineux défilant sur les murs avait peu avant invité les spectateurs à utiliser au maximum téléphones portables et tablettes durant le show, retransmis en direct sur les réseaux sociaux. Max et Lubov Azria pour BCBG Max Azria avaient eux trouvé leur inspiration dans « l’architecture d’Istanbul et le style éclectique des Gitans du sud de l’Europe ». Le créateur d’origine japonaise Tadashi Shoji était lui inspiré par la dynastie Romanov, avec des robes de soie, dentelle et velours aux coupes ultraféminines, robes bustier ou fendues dans le dos, transparences et tailles basses. Certaines, plus austères à manches longues et col haut, n’auraient pas dépareillé dans le feuilleton Downton Abbey. Richard Chai avait l’esprit plus militaire, petites vestes kaki et jupes droites pour les femmes, pantalon cigarette arrêté au-dessus de la bottine, grands manteaux pour les hommes, et un jacquard parme rare en cette saison, pour un costume porté sur une chemise de soie noire.

Marc Jacobs déplace ses 2 défilés suite aux intempéries
Le créateur Marc Jacobs a annoncé vendredi 8 février qu’il déplaçait ses deux défilés prévus « en raison de la tempête de neige et de problèmes de production ».
Le défilé Marc Jacobs, traditionnellement l’un des plus attendus de la Semaine de la mode, a été déplacé du lundi 11 au jeudi 14 février, toujours à la New York State Armory, ont précisé ses équipes en expliquant ce changement par un « retard dans les livraisons d’accessoires ».
Le défilé Marc by Marc Jacobs a, lui, été avancé du mardi 12 au lundi 11 février à 20h00, heure à laquelle devait se tenir à l’origine le défilé Marc Jacobs. Il a eu lieu au Lincoln Center.

Lacoste et Gurung dans New York enneigée
Le petit monde de la mode a repris le chemin des défilés en grosses bottes mais sous le soleil le samedi 9, pour les défilés très remarqués d’un Lacoste octogénaire mais tourné vers l’avenir, et d’un Prabal Gurung très militaire. Passées les petites frayeurs des jours passés à l’approche de la tempête, le manteau de neige qui enveloppe la ville semblait ravir les organisateurs.
Pour les organisateurs du défilé Prabal Gurung : « c’était (...) plus une tempête dans un verre d’eau ! Tout le monde avait peur et, finalement, tout le monde était là à l’heure, il y a 10 cm de neige dans les rues de Manhattan, voilà », s’amusait Étienne Russo, fondateur de Villa Eugénie. Chez Prabal Gurung, la New-Yorkaise se pare d’ornements et de bottes militaires puissants et très féminins. En kaki, une couleur qui semble s’annoncer prédominante cette saison, en bleu marine, ou en rouge écarlate, la femme Gurung ose avancer, sûre d’elle-même, enfonçant sans crainte ses immenses talons dorés et ses bottes de cuir à boucles dans un sol vaincu.
Alors qu’une grande porte coulissante blanche laisse passer la première silhouette de la représentation Lacoste, des « oh » et des « ah » acclament une série de vêtements en piqué, utilisé sous toute ses formes et associé avec du cuir, donnant à l’ensemble un aspect sculptural et maîtrisé. Du vert là encore, mais aussi du bleu électrique, de l’orange vif tranchent avec la suprématie du blanc et du gris hivernaux, des épaules extrarondes protégeant avec douceur et volume le corps des femmes.

Beckham très british et un premier défilé très réussi chez Delpozo
Victoria Beckham et son « héritage britannique » était à l’honneur dimanche à la Fashion Week de New York, lors d’une journée très internationale marquée notamment par le premier défilé très réussi chez Delpozo. Tweed, plaid et cachemires faits en Écosse pour de nombreux cols roulés portés parfois sur une robe sans manche très échancrée, l’ancienne Spice Girl de 38 ans, dont les défilés new-yorkais sont de plus en plus courus, a enchanté son public, avec des silhouettes près du corps, robes épurées aux épaules rondes et ses désormais traditionnelles longues fermetures Éclair dans le dos, quelques tailles basses et, pour la première fois, de la maille.
L’Américain Derek Lam était aussi à l’affiche dimanche et a réchauffé une ville frigorifiée après la tempête de vendredi avec une collection de capes de toutes les tailles en cuir et cachemire, et des mélanges de daim, cuir, dentelle et fourrure aux coupes résolument modernes.
Au Lincoln Center, Diane von Furstenberg était résolument « Glam Rock ». « La vie est une fête » a-t-elle expliqué, en présentant une femme « glamour sans effort » aux robes de soie imprimées fluides, rouge fuchsia ou turquoise, et pantalon doré...
Chez Thakoon Panichgul, l’automne-hiver 2013 était tout en légèreté, avec 35 silhouettes souvent pastel mariés à des éléments plus hivernaux comme des tops en fourrure ou des robes sans manche de laine, parfois incrustées de dentelles. « Je voulais associer l’été et l’hiver, les mettre ensemble pour donner une envie, une nostalgie de l’été en plein hiver », a expliqué le créateur à l’issue du défilé.
Yohji Yamamoto (Y-3) était l’un des derniers à présenter sa collection dimanche soir, dans un immense entrepôt à la peinture écaillée au sud de Manhattan. Un décor idéal pour une collection urbaine très rythmée, aux coupes destructurées, audacieuses et asymétriques. Les femmes étaient hissées sur d’étranges baskets à plateau, les hommes emmitouflés dans d’énormes écharpes.

Alexander Wang prouve son attachement à ses racines
Alexander Wang, le jeune génie pressé choisi par la vénérable maison Balenciaga pour remplacer dès cette saison le très aimé Nicolas Ghesquière à Paris, était l’un des créateurs les plus attendus à la Fashion Week de New York cette semaine, et il n’a pas déçu. Au sein du grand hall majestueux du Cunard Building, au cœur de Wall Street, le créateur californien de 29 ans d’origine taïwanaise a présenté samedi près d’une quarantaine de silhouettes, souvent monochromes ou duochromes, modernes et sophistiquées, avec une touche d’humour.

La couture espagnole entre par la grande porte
La couture espagnole s’est introduite à la Fashion Week de New York par la grande porte dimanche, avec la démonstration sophistiquée, fraîche et haute en couleur de Joseph Font pour Delpozo, dont c’était le premier défilé new-yorkais. À la tête depuis le printemps dernier de la prestigieuse maison espagnole, après la disparition l’année précédente de son fondateur Jesus del Pozo, Josep Font a insufflé un air nouveau à la griffe, tout en en respectant ses codes.
Formé à l’école de la rigueur artisanale, exigeante, du calendrier de la haute couture parisienne, le créateur est considéré comme l’un des plus grands noms de la mode ibérique.
Se voulant à la croisée des chemins entre une modernité d’inspiration végétale et fleurie et la féminité délicate de l’ère victorienne britannique, selon Josep Font, la trentaine de silhouettes de la femme Delpozo du XXIe siècle apporte un souffle de couleurs à l’automne-hiver prochain. Loin de la populaire et très accessible chaîne espagnole de magasins Zara ou même de la griffe Custo Barcelona, qui présentait également sa collection dimanche, électrisant comme chaque saison le public américain de ses créations piquantes et déjantées, Delpozo tente de montrer au monde une autre forme de made in Madrid. En ces temps de crise économique et sociale, Josep Font tend toutefois à rappeler son attachement à son pays : « Toute notre production est en Espagne, nos broderies, notre couture, tout est là-bas. »

Fourrure, cuir et velours
Au Lincoln Center, l’une des grandes dames de la mode new-yorkaise, Carolina Herrera, a offert à la fourrure une place de reine dans sa collection, sur les ceintures, les manches, les manteaux et même les dos nus.

Carolina Herrera
Au cœur de son défilé, la musique, Capriccio for Carolina, inspirée de la Sonate à Kreutzer de Beethoven, avait été composée par Tom Hodge pour l’occasion. « Mon inspiration est venue de là. Et c’est pour cela qu’au début tout est très léger, et cela va ensuite crescendo, avec des robes de soirée très glamour et satinées et de plus en plus de couleur », a-t-elle confié.
Carolina Herrera y avait ajouté une « pointe d’années 40 dans les formes, avec de toutes petites tailles, des épaules, et le mouvement des jupes, des robes qui bougent » et du velours pour réchauffer là une épaule, là une longue robe en poney améthyste. C’est une collection « pour la femme d’aujourd’hui qui aime bien s’habiller. Les femmes ont parfois peur qu’on dise qu’elles sont élégantes ou glamour. Cela leur va pourtant tellement bien. »

Phillip Lim
Sous les verrières d’un immense hangar de la grande poste de New York, l’Américain d’origine chinoise Phillip Lim avait, lui, habillé sa femme 2013 de cuir des pieds à la tête pour un look résolument urbain et éclectique. Le premier modèle portait un manteau de néoprène rose pamplemousse au col de cuir pressionné, une minijupe de cuivre cognac à pli plat et d’étonnantes bottes-sandales grimpant très haut sur la cuisse. On les retrouvait tout au long de la collection, associées en noir ou cognac à des shorts bouffants néoprène, des robes zippées, des minijupes en cuir.

Zac Posen
Dans le cocon doré et intime du Plaza Hotel, le très médiatique Zac Posen avait choisi, lui, de s’adresser à la femme pas conventionnelle, qui aime et s’épanouit dans les codes historiques du luxe, dans les coupes et les matières, a-t-il expliqué à l’issue de son défilé. Adoptant des couleurs « régaliennes », du rouge bordeaux, au vert profond ou bleu marine, avec une apparition là encore furtive mais marquante du jaune citron, Zac Posen a plongé un public choisi dans le monde des élégants salons du début du XXe siècle, avec force corsets, drapés, satin duchesse stretch et tweed jacquard.

Brocard et roses chez Vera Wang, grunge féminin chez Rodarte, Art nouveau chez Tory Burch
Après le punk médiéval de la saison dernière, les sœurs californiennes Laura et Kate Mulleavy de Rodarte ont enchanté leur public par un show flamboyant qui mariait sans complexe la délicatesse des roses, brodées en bijoux, et une série d’imprimés rappelant les grandes années du rock californien sur la côte ouest-américaine.
Vera Wang, qui avait recouvert le podium de son défilé au Lincoln Center du même imprimé fleuri que celui de ses mousselines de soie, a offert une collection très technique et structurée, avec force brocards, où elle mélangeait dentelle, soie, mousseline, satin, et sergé noir. Robes et minijupes origami fascinantes à défaut d’être facilement portables, robes kimono à chevron, transparences superposées de mousseline de soie imprimée de roses, mais aussi magnifiques brocards parme, métallique ou mandarine pour le soir, et parfois une petite cape de renard ou un boléro « évêque » pour réchauffer l’hiver : sa collection automne-hiver 2013 a impressionné.
Plus tôt, l’Américaine Tory Burch avait présenté une collection à l’esprit très romantique et Art nouveau, raffinée, aux couleurs pastel, et riche en accessoires paillettes. Dans une atmosphère feutrée, la ligne de la créatrice, très appréciée des adolescentes comme de leurs mères, jouait avec la richesse des matières et la fantaisie des accessoires. Inspirée par son passage à la Neue Galerie à New York, Mme Burch a été portée par l’Art nouveau et la peinture brute de (Gustav) Klimt, par sa texture, ses couleurs. « Je voulais offrir aux femmes des vêtements originaux (...) et sympas qu’elles puissent porter d’un moment à l’autre de la journée. »

Michael Kors
Orange strident, bleu cobalt et jaune « taxi new-yorkais », l’humeur était particulièrement colorée chez l’Américain Michael Kors, probablement heureux de voir que ses profits à la Bourse ne cessent d’augmenter. Sa collection de 63 silhouettes pour l’automne-hiver 2013 se voulait le reflet de New York. « Les lumières brillantes, la vitesse de la ville » , a-t-il expliqué.

John Galliano, la botte secrète d’Oscar de la Renta
La collection du couturier Oscar de la Renta, 80 ans, était très attendue à New York, après qu’il a accueilli dans son studio ces dernières semaines le directeur artistique déchu de Dior, John Galliano, qui en avait revu chaque pièce.
Galliano est resté invisible au défilé, mais dès la première silhouette, manteau turquoise et chapeau cloche noir, les réseaux sociaux se sont emballés. « On peut voir l’influence de Galliano même dans la façon dont les ceintures sont nouées sur les ensembles », a immédiatement écrit sur Twitter l’un des journalistes mode du New York Times, Eric Wilson. « Oscar de la Renta avec une touche de Galliano, adorable », a également commenté Diane de Furstenberg.
Au total, Oscar de la Renta a présenté 50 silhouettes élégantes et romantiques, portant souvent chapeau cloche et des accessoires jouant résolument la couleur. Karlie Kloss a terminé le défilé dans une longue robe de soie évasée violette brodée d’argent.
Serrée entre la Fashion Week de Paris et celle de Londres, la Semaine de la mode de New York a commencé jeudi dernier, 7 février, et s’est achevée le 14 février. À peine les derniers défilés terminés, les rédacteurs de mode prenaient déjà l’avion pour la capitale britannique. Présentées sous la neige, malgré un intermède ensoleillé, les collections montrées à New York annonçaient un automne-hiver 2013-2014 plutôt guerrier avec beaucoup de cuir et une palette où dominaient les kakis et les verts, mais également très féminin avec beaucoup de fourrures et de broderies. Le siècle dernier reste à l’honneur avec un hommage aux années 40 et même un clin d’œil au romantisme Art Nouveau, notamment chez Tory Burch. Les festivités de la Fashion Week de New York ont démarré mercredi soir 6 février dans une...
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