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Moyen Orient et Monde - Humanitaire

Le CICR, 150 ans d’histoire et une capacité à se renouveler

Des historiens rappellent les spécificités de l’organisation, dont l’anniversaire tombe le 17 février.

À Genève, la maison mère du CICR qui fête bientôt ses 150 ans. Fabrice Coffrini/AFP

En 150 ans d’activités humanitaires, le CICR a répondu à une multitude de situations dramatiques, a parfois failli dans sa mission, mais a su s’adapter et évoluer face à des besoins toujours plus nombreux et plus pressants. Le Comité international de la Croix-Rouge fête à partir du 17 février son 150e anniversaire, ce qui en fait la plus ancienne organisation humanitaire toujours en activité.
Pour les historiens, les raisons du succès sont d’abord à chercher dans les spécificités du modèle mis en place en 1863 par des Suisses, le philanthrope Henry Dunant, le juriste Gustave Moynier, les docteurs Louis Appia et Théodore Maunoir, et le général Guillaume-Henri Dufour. L’association « Le Comité international pour le secours aux blessés » qu’ils créent est dotée d’une « dimension universelle », ce qui la distingue des autres organisations de bienfaisance de l’époque, relève Daniel Palmieri, chargé de recherches historiques aux archives du CICR. Les autres principes émergent vite, comme la fameuse « neutralité », idée lancée par un officier de santé de l’armée hollandaise, le docteur Johan Hendrik Christian Basting, note l’historien Pierre Boissier, auteur d’un ouvrage de référence sur cette période.
La première Convention de Genève, adoptée par 12 États le 22 août 1864, devient la première loi du droit humanitaire international. Elle sera suivie de nombreux aménagements, le plus souvent initiés et poussés par le CICR. C’est une autre particularité de l’organisation qui a toujours cherché à adapter le droit à l’évolution des conflits, défendant ainsi une autonomie et une indépendance plus d’une fois mises en cause. La Première Guerre mondiale marque un tournant organisationnel. « Deux mois après le début des hostilités, les effectifs du CICR passent d’une douzaine de personnes à 120 », indique M. Palmieri. À la fin 1914, « l’Agence internationale des prisonniers de guerre » compte 1 200 personnes, les premières « délégations » hors de Suisse voient le jour avec pour la première fois l’emploi de non-Suisses.
Autre révolution, une femme, Renée Marguerite Cramer, entre pour la première fois au comité en 1918. Le comité, uniquement composé de Suisses cooptés, est l’organe dirigeant. Aujourd’hui, il compte 25 membres. « Le conflit oblige le CICR à tenir compte de nouvelles méthodes de combat (l’usage des gaz), de nouveaux contextes de violence (guerres civiles, révolutions, insurrections) et de nouvelles catégories de victimes (prisonniers politiques, civils dans des territoires occupés, otages, disparus, réfugiés) », souligne M. Palmieri. Pourtant, l’après-guerre a bien failli signer la fin du CICR, menacé par la Ligue des sociétés de Croix-Rouge, fondée en 1919 à l’initiative de la Croix-Rouge américaine, rejointe par les Croix-Rouge des autres principaux vainqueurs (Grande-Bretagne, France, Japon, Italie). « On a assisté à une guerre des Croix-Rouge, le David genevois opposé au Goliath anglo-saxon finira par gagner », selon M. Palmieri. Il rappelle aussi un épisode fort similaire immédiatement après la Seconde Guerre mondiale quand la Croix-Rouge suédoise avait cherché à internationaliser le comité. La guerre froide conduira au maintien du statu quo.
Par la suite, la Seconde Guerre mondiale marque un pas en avant dans la taille, les moyens et les méthodes de l’organisation. Elle écrit aussi une page sombre du CICR, silencieux sur les crimes nazis et les camps de concentration. Le travail postérieur d’analyse historique sera long et débouchera bien plus tard sur des réformes majeures.
En 1991, le CICR signe un « accord de siège » avec la Suisse, qui accorde une immunité et des droits diplomatiques, souligne M. Palmieri, ce qui comble un étonnant vide juridique et offre des garanties à l’organisation. En quasi-faillite au lendemain de la guerre, le CICR emploie aujourd’hui plus de 12 000 personnes, avec un budget de 1,2 milliard de dollars, compte une majorité de délégués non suisses, un personnel « du terrain » devenu majoritaire et qui pèse dans ses décisions quotidiennes.
(Source : AFP)
En 150 ans d’activités humanitaires, le CICR a répondu à une multitude de situations dramatiques, a parfois failli dans sa mission, mais a su s’adapter et évoluer face à des besoins toujours plus nombreux et plus pressants. Le Comité international de la Croix-Rouge fête à partir du 17 février son 150e anniversaire, ce qui en fait la plus ancienne organisation humanitaire toujours en activité.Pour les historiens, les raisons du succès sont d’abord à chercher dans les spécificités du modèle mis en place en 1863 par des Suisses, le philanthrope Henry Dunant, le juriste Gustave Moynier, les docteurs Louis Appia et Théodore Maunoir, et le général Guillaume-Henri Dufour. L’association « Le Comité international pour le secours aux blessés » qu’ils créent est dotée d’une « dimension universelle », ce qui...
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