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Moyen Orient et Monde - Révolte

Washington fustige le soutien russe à Damas avant la réunion de Munich

Les rapports alarmants sur une situation humanitaire
catastrophique se multiplient.

Des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) à Harasta, à la périphérie de Damas. Goran Tomasevic/Reuters

Washington a de nouveau dénoncé le soutien militaire apporté par l’Iran et la Russie au régime de Damas, avant une rencontre entre le vice-président américain Joe Biden et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov sur la guerre civile en Syrie. La Russie, une des rares puissances à soutenir le régime de Damas, et les États-Unis, qui appuient l’opposition, discuteront de leurs divergences lors de la 49e conférence sur la sécurité à Munich en Allemagne. Jeudi, Hillary Clinton, encore chef de la diplomatie américaine pour quelques heures, avait en effet une nouvelle fois accusé la Russie de continuer « de fournir une assistance financière et militaire » à Damas et l’Iran d’envoyer « davantage de personnels » et d’armements.
En visite à Munich, M. Biden doit également s’entretenir avec le médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, et le chef de l’opposition syrienne Ahmad Moaz el-Khatib, qui a créé la surprise mercredi en se disant prêt à dialoguer, sous conditions, avec le régime de Damas. Signe d’un changement d’attitude, la Coalition qu’il préside, qui refusait jusqu’alors catégoriquement toute négociation avant le départ de M. Assad, a accepté pour la première fois l’idée d’un tel dialogue, tout en exigeant qu’il aboutisse à la chute du régime. L’opposition a toutefois précisé que d’éventuelles négociations excluraient M. Assad et des « gens qui l’entourent ». Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a salué cette proposition conditionnelle, la qualifiant d’« extrêmement appréciable ». Son homologue jordanien, Nasser Jawdeh, a, lui, estimé que M. el-Khatib est un « homme toujours en pointe, avec une position ouverte ». Avec un conflit qui a fait, selon l’ONU, plus de 60 000 morts en près de deux ans et provoqué des destructions et une situation humanitaire catastrophiques, l’opposition, tout en continuant de revendiquer le départ de M. Assad, semble se rendre compte que seul un règlement politique peut mettre fin au conflit.

« Nous traînerons Assad en justice »
Sur le terrain, de nouveaux combats ont eu lieu hier à la périphérie de Damas, où des chars de l’armée visaient des fiefs rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires à travers le pays. Comme chaque vendredi depuis la mi-mars 2011, des manifestations contre le régime étaient prévues dans toute la Syrie, avec comme mot d’ordre cette semaine : « La communauté internationale est complice des massacres d’Assad. » « Nous traînerons Assad en justice, peu importent les sacrifices, peu importent les catastrophes », proclamait une banderole à Kafar Nebbol dans la région d’Idleb dans le nord-ouest du pays. Selon un bilan provisoire de l’OSDH, les violences ont encore tué au moins 95 personnes hier à travers le pays.
Par ailleurs, l’OSDH a pour la première fois fait état hier de la mort de cinquante-trois membres des renseignements militaires syriens, dont six officiers, le 24 janvier dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre leur siège dans la province de Damas, et qui aurait été commis par un kamikaze du Front jihadiste el-Nosra. Selon l’ONG, qui cite des sources militaires, elle a visé le siège des renseignements militaires en charge des affaires d’espionnage dans la localité de Sahsah dans la ville de Kuneitra. L’OSDH a ajouté que plusieurs opposants au régime étaient détenus dans le siège visé et y avaient trouvé la mort, sans pouvoir préciser les circonstances exactes de leur mort.
Face à l’aggravation de la situation humanitaire, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a déclaré hier avoir l’ambition d’« élargir la surface opérationnelle » de son organisation en Syrie.
Parallèlement, une mission de l’ONU sur place a signalé que 420 000 personnes, pour moitié des enfants, avaient besoin d’une aide immédiate dans la région de Homs. Cette mission d’un mois de plusieurs agences onusiennes a pu estimer que 700 000 personnes dans ce gouvernorat étaient sérieusement affectées par le conflit, dont 635 000 déplacés et familles d’accueil, indique un communiqué du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié hier à Genève. « La situation en Syrie est effroyable », a également affirmé Yacoub el-Hillo, chef du bureau de l’Unicef pour le Moyen-Orient, qui a participé à cette mission. Il a pu faire parvenir une première aide à des déplacés à Aazaz, près de la frontière turque dans le Nord, où des milliers de personnes vivent dans des camps de fortune et dans des conditions « écœurantes ».
(Sources : agences)
Washington a de nouveau dénoncé le soutien militaire apporté par l’Iran et la Russie au régime de Damas, avant une rencontre entre le vice-président américain Joe Biden et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov sur la guerre civile en Syrie. La Russie, une des rares puissances à soutenir le régime de Damas, et les États-Unis, qui appuient l’opposition, discuteront de leurs divergences lors de la 49e conférence sur la sécurité à Munich en Allemagne. Jeudi, Hillary Clinton, encore chef de la diplomatie américaine pour quelques heures, avait en effet une nouvelle fois accusé la Russie de continuer « de fournir une assistance financière et militaire » à Damas et l’Iran d’envoyer « davantage de personnels » et d’armements.En visite à Munich, M. Biden doit également s’entretenir avec le médiateur...
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