M. Gemayel en compagnie du président Hollande, hier, à l’Élysée. Photo Dalati et Nohra
L’ancien chef de l’État a reçu un accueil officiel et a passé en revue la garde républicaine, avant un entretien de 45 minutes sur la situation au Liban et dans la région, et en particulier en Syrie.
Aux journalistes qui l’attendaient dans la cour de l’Élysée, le président Gemayel a indiqué que son séjour en France s’effectue à l’invitation du président Hollande et que l’entretien a porté sur les moyens de sortir le Liban de la crise politique actuelle, ajoutant que tous les points ont été discutés en détail après l’exposé qu’il a fait à son hôte. L’entretien a été marqué par un échange de vues sur la question des débats sur la loi électorale. L’ancien président a été heureusement surpris de constater que son hôte « se tenait au courant de ce dossier dans ses moindres détails, même s’il considère qu’il s’agit d’une question interne qui concerne strictement les Libanais ».
« J’ai été heureux de constater, a poursuivi M. Gemayel, à quel point le président français s’intéresse et suit de près la situation dans notre pays, en manifestant son souci constant de traduire dans les faits le soutien de la France au pays du Cèdre, de manière à aider les Libanais à régler leurs dissensions, tout en apportant à notre pays une assistance aux plans politique et économique. »
Le président Gemayel a insisté sur le fait que « le Liban a besoin constamment du soutien de la communauté internationale, notamment pour surmonter les effets de la crise syrienne ».
Au sujet des réfugiés syriens, l’hôte de l’Élysée a réaffirmé les énormes difficultés que rencontre le Liban pour accueillir et héberger les réfugiés syriens, expliquant que « cette tâche dépasse les moyens de notre pays, quand bien même il s’agit d’un devoir pour nous sur le plan humanitaire ». « Nous savons tous, a expliqué M. Gemayel, que le nombre de ces réfugiés atteint des centaines de milliers. » Il a reconnu la gravité des répercussions de la crise syrienne sur le Liban, du fait du clivage interne et de l’interdépendance entre le Liban et la Syrie.
« Pour faire face à ce marasme au Liban, il faut revenir au document de Baabda sur la neutralité du Liban à l’égard du conflit syrien, un accord de principe qu’il faudra traduire dans les faits », a souligné le leader des Kataëb.
Le président Hollande, selon M. Gemayel, encourage de toutes ses forces le dialogue entre les diverses parties libanaises. Le leader des Kataëb a affirmé qu’il partage les mêmes vues à ce sujet, soulignant qu’il poursuivra constamment ses efforts en vue de faire avancer le dialogue interlibanais « malgré la paralysie du processus de Baabda prévoyant le principe du consensus portant sur les questions essentielles et l’acceptation de l’autre ». Le président Gemayel a d’autre part réaffirmé qu’« il est impossible au Liban d’annuler, de marginaliser ou d’occulter une des composantes libanaises ».

