Dans son message pour le Maouled, le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a ainsi stigmatisé le système en place qu’il a présenté comme étant une « dictature composée au nom des communautés ». « Nous ne réussirons pas à avancer et établir un État juste tant que les dictatures des dirigeants et des partis s’efforcent de consacrer les divisions et les divergences entre les Libanais, afin de pouvoir préserver, par le mensonge et l’hypocrisie, leurs acquis et leurs royaumes politiques », a dit le mufti avant d’ajouter : « Dans chaque communauté, il existe une ou deux dictatures qui accaparent les voix de tous leurs coreligionnaires. »
Selon lui, c’est ce système qui fait que « la démocratie au Liban est falsifiée ». « Les Libanais ne pourront se débarrasser des dictatures communautaires qu’en donnant le droit à tout le monde d’être représenté à la Chambre, chacun suivant son poids », a-t-il martelé.
À son tour, le cheikh Akl druze, cheikh Naïm Hassan, a déploré le fait que les Libanais « n’aient pas de mémoire nationale capable de tirer les leçons du passé pour rejeter ce qui, dans le passé, avait provoqué des hostilités ». Il s’est félicité des efforts déployés par le chef du PSP, Walid Joumblatt, pour « renforcer la cohésion nationale ».
Cheikh Hassan s’est aussi prononcé pour l’élaboration d’une loi électorale « nationale et juste, consacrant la diversité et la coexistence dans le cadre de mécanismes démocratiques qui se placent au-dessus des conflits confessionnels et des intérêts sectaires ».
De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a invité les hommes politiques « à tirer les leçons des événements régionaux pour produire une loi électorale juste et représentative, capable de consolider la cohésion nationale et de favoriser un partenariat permettant aux musulmans et aux chrétiens d’élire leurs représentants loin de leurs appartenances confessionnelles ».


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