« L’étreinte » (9 x 18 x 48cm).
De la délicatesse mais aussi parfois de l’ironie
Après s’être souvent confronté au marbre et à la pierre, Rodolphe Chamoun, qui a à son actif plusieurs expositions au Liban, ainsi que des participations aux Symposiums de sculpture de Rachana en 1996 et de Aley en 1999, s’est donc dédié ces derniers mois exclusivement au travail du bois.
Le bois dont il aime mélanger les essences (olivier, palissandre, noyer...), les nuances, les formes et les textures et auquel il insère, quelquefois, des matériaux divers (cordes, boulons, tiges et lamelles métalliques...) pour lui «redonner une seconde vie». Celle-ci s’incarnant dans une Shéhérazade noire plongée dans la lecture (d’un livre en bois ambré), dans une représentation symbolique du père de la psychanalyse Freud (silhouette longitudinale à tête carrée), dans celle ironique d’un Casanova aux jambes écartées et mains dans le caleçon, mais encore, dans la figuration d’une Promesse (deux petites silhouettes face à face et se tenant les mains) ou dans l’allégorie de l’Afrique (une femme assise aux courbes d’un sensuel
épurement)...
Certains thèmes sont quasi figuratifs, à l’instar d’une séduisante Étreinte, d’autres sont traités de manière totalement abstraite comme cette totémique Sentinelle à l’imposante présence, ou ce Tango qui semble taillé dans le
mouvement...
Même si certaines œuvres donnent une impression d’inadéquation au bois (ou, du moins, elles auraient mieux rendu en marbre ou pierre) et même s’il semble parfois privilégier les lignes aux volumes, ainsi que l’expression de l’idée aux exigences intrinsèques de la matière, le travail de cet artiste reste cependant d’une belle délicatesse. Tout en respect des proportions et de l’élégance des formes.
*Jal-el-Dib, jardin Dadour. Tél. : 04/715500 - 04/716600.


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