Et hier, un soldat pakistanais, Havildar Mohyuddin, a été tué « par des tirs des troupes indiennes qui n’ont pas été provoqués » dans le secteur de Battal, a indiqué un responsable militaire pakistanais dans un SMS envoyé à la presse, ce qui porterait à quatre, deux de chaque pays, le nombre de soldats tués cette semaine au Cachemire. « Les tirs ont commencé de l’autre côté de la frontière à 17h00 (10h00 GMT). Nous avons répliqué et les échanges de tirs se poursuivent à l’arme légère automatique », a dit le colonel R.K. Palta, porte-parole de l’armée indienne, précisant que les échanges avaient lieu dans le secteur de Poonch où les deux soldats indiens avaient été tués mardi selon New Delhi.
Dans la portion du Cachemire administrée par le Pakistan, des habitants ont confié hier leur angoisse à un journaliste de l’AFP venu les rencontrer. « Nous sommes apeurés. Nous ne pouvons pas sortir de chez nous car le secteur est la cible constante de tirs », a dit Shaukat Butt, un habitant du village de Darmasaal situé tout près de la « ligne de contrôle » qui sépare les deux pays. Son village de 1 000 habitants est situé à proximité du poste-frontière de l’Inde sur les rives de la rivière Poonch. « Nous sommes habitués à traverser la rivière en bateau, mais hier (mercredi) les soldats indiens ont ouvert le feu sur notre embarcation », a-t-il affirmé. Des soldats indiens ont été vus à leur poste en montagne de l’autre côté de la frontière, près du village. L’armée pakistanaise a de son côté bouclé une partie du secteur frontalier.
Tierce partie
Trois guerres ont opposé l’Inde et le Pakistan depuis leur indépendance concomitante en 1947. Deux d’entre elles concernaient la région du Cachemire, revendiquée par les deux pays qui administrent chacun une partie de ce territoire. Après un gel des relations consécutif aux attentats meurtriers de Bombay en 2008, attribués par l’Inde à un groupe islamiste basé au Pakistan, les échanges bilatéraux ont lentement repris, les deux pays tentant de faire des progrès ciblés sur des enjeux tels que le commerce et les visas sans discuter de l’épineuse question du Cachemire.
Des responsables indiens et pakistanais ont ainsi appelé à la retenue cette semaine afin d’éviter de saper les gains des dernières années et une nouvelle escalade de la violence entre les deux voisins dotés de l’arme nucléaire. Le Groupe d’observateurs militaires des Nations unies pour l’Inde et le Pakistan (UNMOGIP), une tierce partie, va d’ailleurs enquêter à la demande du Pakistan sur un des incidents frontaliers de la semaine. Dans ce contexte tendu, le chef de la diplomatie indienne, Salman Khurshid, a mis en garde hier contre toute tentative de faire dérailler le fragile processus de paix entre l’Inde et le Pakistan.
(Source : AFP)

