Lance Armstrong est-il sur le point de tout déballer ? Lucas Jackson/Reuters
Étrange également : cette annonce de la réapparition médiatique de Lance Armstrong a suivi de quelques heures une nouvelle « bombe » lâchée par Travis Tygart, le directeur de l’Usada, selon qui le Texan aurait tenté de faire un don « dans la fourchette » des 250 000 dollars à son agence, en 2004. Histoire peut-être d’acheter son silence ?
Si l’avocat d’Armstrong a aussitôt nié cette accusation, l’ancien champion aura 90 minutes de tête-à-tête avec la reine du talk show, le 17 janvier, de 02h00 à 03h30 GMT, sur la chaîne OWN (Oprah Winfrey Network) et sur Internet en direct (www.oprah.com), pour dire sa vérité.
Armstrong sera interrogé chez lui, dans sa maison d’Austin, au Texas. Dans cette même maison où, provocateur, il avait posé sur Twitter, tranquillement allongé sans son canapé, le 10 novembre, devant ses 7 maillots jaunes encadrés aux murs.
Si Lance Armstrong s’est toujours refusé à avouer et conserve encore des soutiens indéfectibles, comme l’Espagnol Miguel Indurain, quintuple vainqueur du Tour, il pourrait avoir changé de stratégie, comme l’a avancé le New York Times la semaine dernière.
Radiation à vie
Selon le quotidien, qui ne cite pas de sources, le Texan de 41 ans aurait confié à des proches et des acteurs de la lutte antidopage vouloir avouer publiquement ses fautes pour obtenir la levée par les autorités antidopage de sa radiation à vie. Une sanction qui lui interdit notamment de participer à la moindre compétition de triathlon, le sport de sa jeunesse, dans lequel il avait replongé avec succès.
Armstrong aurait discuté de cela avec Travis Tygart et il chercherait également à rencontrer David Howman, le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), selon le NYT.
Une certitude : Armstrong n’a pas fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, en Suisse, de la sanction de l’Union cycliste internationale (UCI) qui a effacé la totalité de son palmarès depuis le 1er août 1998 et l’a radié à vie du cyclisme. Depuis le 27 décembre à minuit, cette sanction est donc irréversible.
Des aveux télévisés seraient cependant risqués pour Armstrong, menacé de poursuites judiciaires pour parjure ou fraude, selon Peter Keane, professeur de droit à la Golden Gate University (Californie).
Parjure ?
« Le gouvernement a peut-être un cas de parjure très solide à plaider car nombre de ses équipiers ont témoigné sous serment l’avoir vu se doper », avait souligné Peter Keane auprès de l’AFP en octobre.
Un tel délit est passible de prison (jusqu’à 30 ans) et d’une forte amende (jusqu’à 1,5 million de dollars). En cas de condamnation, le coureur américain rejoindrait au palmarès judiciaire l’athlète Marion Jones, elle aussi épinglée pour parjure et contrainte de passer six mois derrière les barreaux en 2008.
C’est surtout sur ce plan que Lance Armstrong prendrait des risques à avouer subitement. À moins qu’il n’ait passé un accord avec la justice américaine en échange de son témoignage.
Car financièrement, le Texan ne craint pas grand-chose.
Certes, l’hebdomadaire britannique The Sunday Times lui réclame 1,2 million d’euros, la société d’assurances SCA Promotions voudrait récupérer les 7,5 millions de dollars qu’elle avait dû lui verser en 2006, et le Tour de France a demandé qu’il rembourse ses primes gagnées sur la Grande Boucle, d’un montant de près de 2,9 millions d’euros.
Mais l’ancien « patron » du peloton est à l’abri, et il pourrait facilement régler ces factures, avec une fortune estimée à 96 millions d’euros.
(Source : agences)

