Des centaines d’islamistes du Front al-Nosra et d’Ahrar el-Cham, entre autres, continuaient hier leurs attaques contre l’aéroport de Taftanaz, dont ils ont commencé le siège la veille. Photo Handout/Sham News Network/Reuters
À Alep même, l’armée a poursuivi ses bombardements sur le quartier de Sakhour ainsi que sur les villes de Marea et de Azaz proches de la Turquie, selon l’OSDH. Dans l’est, trois rebelles sont morts dans des combats près de l’aéroport militaire de Deir ez-Zor, alors que des affrontements ont éclaté près de la capitale de la province. L’opposition armée contrôle déjà une grande partie de la zone située entre la ville de Deir ez-Zor et la frontière irakienne, notamment l’aéroport de Hamdane dans la ville frontalière de Boukamal.
Des heurts ont également éclaté au nord de Damas, alors que les troupes poursuivaient le bombardement de Daraya, au sud-ouest de la capitale. Dans la banlieue sud-est, l’armée a bombardé la localité de Beit Sahem proche de la route de l’aéroport de Damas, ainsi que Mliha, où la veille un raid aérien visant une station d’essence avait fait au moins 12 morts, selon l’OSDH qui se base sur un large réseau de militants et de médecins. Un premier bilan de l’ONG fait état de la mort de 19 personnes hier, dont huit civils dans un raid aérien sur Douma, une banlieue au nord-est de Damas. Au total, les violences et les raids d’hier auraient fait au moins 135 morts, selon l’Observatoire.
« Le monde est désormais comme anesthésié »
Ces violences interviennent au lendemain de l’annonce par l’ONU d’un bilan de plus de 60 000 morts en 21 mois de conflit. Ce nombre jugé « bien plus élevé qu’attendu et réellement choquant » par la haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme Navi Pillay a été annoncé mercredi. Mais pour Karim Bitar, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), ce chiffre pourrait « ne pas faire de différence au niveau diplomatique ». « Toutes les grandes puissances ont leurs propres objectifs et elles semblent avoir décidé que les risques d’une intervention l’emportaient sur les avantages, donc je ne pense pas que ce nouveau chiffre apportera une réponse internationale plus énergique », estime-t-il. De plus, souligne cet expert, « le monde est désormais comme anesthésié, insensible face à ces chiffres, cela devient une statistique, chaque jour, 150 ou 200 morts de plus ».
Sur le plan diplomatique, la Slovénie a reconnu hier la Coalition nationale de l’opposition syrienne comme le seul représentant légitime du peuple syrien, a annoncé le gouvernement slovène dans un communiqué. « Le président syrien Bachar el-Assad a perdu toute sa légitimité pour continuer à gouverner la Syrie et la Coalition nationale a prouvé qu’elle était une partenaire crédible et compétente dans les discussions avec la communauté internationale », a-t-il ajouté. Ljubljana a également soutenu les efforts de l’émissaire international Lakhdar Brahimi, pour mettre fin aux violences en Syrie.
Enfin, à Istanbul, une trentaine de camions transportant 850 tonnes de farine sont partis pour la Syrie où plusieurs régions sont touchées par une grave crise humanitaire.
(Sources : agences
et rédaction)

