« Le lancement du missile à longue portée par la Corée du Nord témoigne de la gravité de la situation sécuritaire face à laquelle nous nous trouvons », a ainsi déclaré hier Park Geun-hye au lendemain de sa victoire à la présidentielle face au chef de file de l’opposition de centre-gauche, Moon Jae-in. Mais « je tiendrai la promesse que je vous ai faite d’ouvrir une nouvelle ère sur la péninsule coréenne, fondée sur une sécurité forte et une diplomatie basée sur la confiance », a-t-elle ajouté après s’être recueillie sur la tombe de son père, le dictateur Park Chung-hee (1968-1979). Au cours de la campagne électorale, Mme Park s’était distancée de la fermeté caractérisant la politique nord-coréenne du parti conservateur et du président sortant Lee Myung-bak qui a suspendu l’aide humanitaire à Pyongyang en représailles au bombardement d’une île sud-coréenne en 2010. Mme Park a même suggéré une rencontre avec le jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, propulsé à la tête du régime communiste après la mort de son père Kim Jong-il en décembre 2011, qu’elle avait rencontrée en 2002 à Pyongyang, à l’invitation de ce dernier.
Les spécialistes estiment cependant qu’elle est tenue par les faucons au sein de sa famille politique et par la volonté affichée des États-Unis et de leurs alliés de sanctionner la Corée du Nord après le tir d’une fusée le 12 décembre. Ils dénoncent un essai déguisé de missile balistique violant les résolutions de l’ONU votées en 2006 et 2009 après deux essais nucléaires, interdisant à Pyongyang de poursuivre son programme de développement d’engins balistiques. Pour Hong Hyun-ik, chercheur au centre d’études Sejong Institute de Séoul, Mme Park reste de toute façon viscéralement méfiante s’agissant du Nord. « Il est peu probable qu’elle soit la première à faire un geste pour améliorer les relations avec la Corée du Nord compte tenu de sa position fondamentale envers Pyongyang et le tir de fusée. Mais elle ne s’opposera pas à une initiative de la seconde administration Obama pour relancer le dialogue une fois la poussière retombée dans l’affaire de la fusée. »
Les États-Unis et la Chine, seule alliée d’influence de Pyongyang, ont des approches radicalement opposées, Pékin ayant toujours défendu son allié communiste devant le Conseil de sécurité des Nations unies en obtenant à chaque fois des sanctions a minima.
L’élection de Mme Park est un revers pour les dirigeants nord-coréens qui n’avaient pas fait mystère de leur aversion pour elle, héritière à leurs yeux des « va-t-en-guerre » du Sud. Les deux Corées sont toujours théoriquement en guerre en l’absence de traité de paix signé après la fin de la guerre (1950-53).
(Source : AFP)


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