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Liban - Éclairage

Nagib Mikati surprend aussi bien ses alliés que ses adversaires

Lorsque le 8 Mars a décidé de désigner Nagib Mikati pour prendre la tête du gouvernement à la place de Saad Hariri, un de ses piliers qui connaît la personne a lancé : « Nous allons au-devant de surprises et pas nécessairement bonnes. » Avec sa grande taille, son air aimable et son calme, Nagib Mikati s’est imposé au fil des mois comme un personnage incontournable de la scène politique libanaise. Certains le croient mou, mais il a son propre rythme et surtout il sait être patient, tout en étant rassurant avec ses interlocuteurs qui sortent tous satisfaits d’un entretien avec lui... avant de déchanter parfois par la suite. En réalité, Mikati dérange aussi bien ses adversaires que ses alliés, mais il tient bon et il a déjoué tous les pronostics sur sa démission rapide. Il a pourtant été la cible d’une campagne féroce depuis sa désignation jusqu’à aujourd’hui, mais il semble devoir rester en place jusqu’aux prochaines élections en juin 2013, en dépit de toutes les tentatives pour le déloger, dont celles du courant du Futur qui s’est fixé pour objectif déclaré sa démission.


Mais Mikati a montré qu’il avait plus d’un tour dans son sac et qu’il sait manœuvrer habilement, sentant la direction du vent avant même qu’il ne souffle. Il a pourtant, de son propre aveu, hésité sérieusement une seule fois après l’assassinat du général Wissam el-Hassan, lorsqu’il a eu le sentiment que la situation échappait réellement à tout contrôle et lorsque le camp adverse a voulu lui faire assumer la responsabilité de cet assassinat. Il a alors rédigé sa lettre de démission, avant de se rendre à Aïn el-Tiné pour en discuter avec le président de la Chambre Nabih Berry. Ce dernier l’a reçu, comme il l’a confié lui-même, « en ami ». Berry n’était pas favorable à la démission, même s’il comprenait le dilemme que vivait Mikati. Berry a invité le ministre des Travaux publics et des Transports Ghazi Aridi à assister à la réunion et ce dernier n’était pas non plus favorable à la démission. Mais Mikati était déterminé à quitter le Sérail. Ce n’est qu’après avoir reçu un coup de fil du Premier ministre britannique le soir même qu’il a commencé à revoir sa décision.


Le lendemain, très tôt, trois émissaires de Walid Joumblatt sont venus chez lui pour lui demander de renoncer à présenter sa démission. En même temps, les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité se sont rendus au palais de Baabda pour affirmer leur soutien à la stabilité du Liban et leur refus de toute vacance au sein du pouvoir. Mikati venait donc de bénéficier d’un large appui international inattendu et déterminant. Comme il pèse bien toutes ses décisions, il a estimé qu’en partant, il ferait le jeu du courant du Futur, sans pour autant rentrer dans ses bonnes grâces, et de plus, il aurait le 8 Mars sur le dos ainsi que la communauté internationale. Il a donc décidé de revenir sur sa démission, et surtout d’être désormais plus offensif et plus cassant avec ses adversaires.


S’il est vrai qu’il continue à ne pas bénéficier de l’appui des dirigeants saoudiens, puisqu’il s’est rendu, depuis sa désignation à la tête du gouvernement, quatre fois en Arabie saoudite sans être reçu par le roi et sans obtenir la bénédiction des autorités saoudiennes, il a en tout cas l’appui de la communauté internationale qui répète chaque jour son attachement à la stabilité du Liban. Il bénéficie aussi désormais de l’appui de Dar el-Fatwa, puisque le mufti Kabbani soutient ouvertement le gouvernement, alors qu’à Tripoli, il a réussi à semer la confusion entre les groupes extrémistes et le courant du Futur, mettant en avant leurs divergences. Il a même réussi à obtenir l’appui déclaré du père du général Wissam el-Hassan, privant ses adversaires du slogan selon lequel il serait responsable de la mort de ce dernier, tout en gardant des relations respectueuses avec le général Achraf Rifi.


À sa manière discrète et patiente, Mikati a donc réussi au fil des mois à dénouer les nœuds les plus inextricables posés sur son chemin, convaincant les parties d’abord méfiantes à son égard de sa bonne foi. Il a même réussi à garder de bonnes relations avec les différentes composantes du 8 Mars, dont le général Michel Aoun qui, au départ, ne lui était pas trop favorable, sans même répondre à leurs exigences mais en sachant que sa présence reste indispensable pour maintenir un minimum de stabilité dans le pays. Aujourd’hui, sa présence à la tête du gouvernement est devenue synonyme de sécurité et toutes les tentatives de ses adversaires de montrer qu’avec ce gouvernement l’instabilité règne n’ont abouti à aucun résultat concret. Selon ses proches, Mikati constate d’ailleurs que ses adversaires se sont retournés contre leurs propres slogans, en occupant les places publiques et en cherchant à prendre d’assaut le Sérail. Il est aujourd’hui plus confiant dans l’avenir qu’il ne l’était auparavant, prenant même le soin d’annoncer qu’il ne renoncera pas à présenter sa candidature aux élections, sûr désormais de l’appui d’une partie non négligeable des électeurs de sa ville, Tripoli. Il a aussi imposé la politique officielle de dissociation à l’égard de la Syrie, lançant avec le président Michel Sleiman, Walid Joumblatt et, par certains côtés, Nabih Berry un centrisme à la libanaise qui pourrait prendre de l’ampleur au cours des prochains mois. À la tête du gouvernement pendant l’une des périodes les plus difficiles de la vie du Liban (et de la Syrie), il a gardé le cap, surprenant autant ses adversaires que ses alliés par sa ténacité, son habileté et sa détermination. Il a ainsi constitué la surprise de cette année souvent désespérante...

Lorsque le 8 Mars a décidé de désigner Nagib Mikati pour prendre la tête du gouvernement à la place de Saad Hariri, un de ses piliers qui connaît la personne a lancé : « Nous allons au-devant de surprises et pas nécessairement bonnes. » Avec sa grande taille, son air aimable et son calme, Nagib Mikati s’est imposé au fil des mois comme un personnage incontournable de la scène politique libanaise. Certains le croient mou, mais il a son propre rythme et surtout il sait être patient, tout en étant rassurant avec ses interlocuteurs qui sortent tous satisfaits d’un entretien avec lui... avant de déchanter parfois par la suite. En réalité, Mikati dérange aussi bien ses adversaires que ses alliés, mais il tient bon et il a déjoué tous les pronostics sur sa démission rapide. Il a pourtant été la cible d’une...
commentaires (11)

SUITE : Étant donné que Mîkkâtéh pèse malgré sa taille, LÉGER en politique, il a décidé d’être désormais plus Mou ! Surtout qu’il continue à ne pas bénéficier des saoudiens et n’a même pas été reçu par le roi. Qu’il ne bénéficie que de l’appui Castra de la Maison Fa et Toi, yâ hassratâââh ! À sa manière Molle, Mikati a donc réussi à se mettre sur le dos les 2 parties 14 et 8, définitivement méfiantes à son égard. Surtout caporal Mâräoun qui au départ pleurnichait pour l’avoir. Sachant que sa présence a peu d’utilité pour maintenir un peu de stabilité dans ce Bled. Sa présence à la tête de cette Marelle est devenue synonyme de flottement, et les preuves des Sains pour montrer qu’avec cette Marotte l’instabilité règne, sont aussi claires que "l’Œil du Soleil" ! Selon les Malsains, Nagîb voit que les Sains sont décidés à carrément le déloger du Caravansérail. Il a peur de l’avenir au fur et à mesure, prenant le soin de prévoir qu’il renoncera peut-être à présenter sa candidature, sûr du désaveu de la majeure partie des électeurs de Tripolis La Faïhhää à son encontre. Lui qui a cru imposer son centrisme Mou de douceur fromagère Tripolitaine à l’Eau de Rose, yâ äaïynéhhh ! Il a été déboussolé, perdant ainsi son Nord. Ne surprenant personne par sa Mollesse, il a constitué le + sérieux des Handicaps de cette année décidément désespérante.... Yâ Harâm !

Antoine-Serge KARAMAOUN

03 h 52, le 21 décembre 2012

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Commentaires (11)

  • SUITE : Étant donné que Mîkkâtéh pèse malgré sa taille, LÉGER en politique, il a décidé d’être désormais plus Mou ! Surtout qu’il continue à ne pas bénéficier des saoudiens et n’a même pas été reçu par le roi. Qu’il ne bénéficie que de l’appui Castra de la Maison Fa et Toi, yâ hassratâââh ! À sa manière Molle, Mikati a donc réussi à se mettre sur le dos les 2 parties 14 et 8, définitivement méfiantes à son égard. Surtout caporal Mâräoun qui au départ pleurnichait pour l’avoir. Sachant que sa présence a peu d’utilité pour maintenir un peu de stabilité dans ce Bled. Sa présence à la tête de cette Marelle est devenue synonyme de flottement, et les preuves des Sains pour montrer qu’avec cette Marotte l’instabilité règne, sont aussi claires que "l’Œil du Soleil" ! Selon les Malsains, Nagîb voit que les Sains sont décidés à carrément le déloger du Caravansérail. Il a peur de l’avenir au fur et à mesure, prenant le soin de prévoir qu’il renoncera peut-être à présenter sa candidature, sûr du désaveu de la majeure partie des électeurs de Tripolis La Faïhhää à son encontre. Lui qui a cru imposer son centrisme Mou de douceur fromagère Tripolitaine à l’Eau de Rose, yâ äaïynéhhh ! Il a été déboussolé, perdant ainsi son Nord. Ne surprenant personne par sa Mollesse, il a constitué le + sérieux des Handicaps de cette année décidément désespérante.... Yâ Harâm !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    03 h 52, le 21 décembre 2012

  • BIG MIK a été désigné entre autres par L’ASSADIQUE ; ce fut son Choix : BASTA ! De ce bon vouloir assadiot, malgré "sa grande taille", Mïkkatéh a été imposé comme devant être, en attendant la baassdiote Débâcle, incontournable. Alors qu’il serait soi-disant Pas Mou, yâ harâm! En réalité, on n’a Ni chaud Ni froid face à lui, yâ hassirtîîîh, car Sa personne ne dérange personne ; Nagîîîb. Mais il restera en place, le Puiné, tant que le baassyien aura besoin de lui ou qu’il n’a pas Déguerpi. Avec La Girouette, ce n’est pas le vent qui tourne mais bien elle avant même qu’il ne souffle. La situation échappa carrément à tout contrôle pourtant, lorsqu’on lui a fait assumer en tant que 1er ministré la responsabilité indirecte de l’assassinat de Wissam. Le Béret l’a alors reçu pour un peu le tranquilliser, "en ami" mahééék, de peur qu’il ne Cavale ! Et lui a dit, "Lééék Big, je ne suis pas favorable à ta démission, même si je comprends ton dilemme ; mais tu devras t’y faire : le lionceau Bigleux te veut bien encore, tu devras donc rester sinon il viendra te chercher." Mais Mik espérait pouvoir se tailler du Caravansérail vite fait bien fait. Ce n’est qu’après que le britannique Premier lui confirma qu’il tient ses Importants intérêts en Angleterre à l’œil et qu’il doit faire gaffe Sinon, qu’il a fini par cesser de tenter de démissionner. Yîîîh, yâ waïylîîîh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 00, le 20 décembre 2012

  • Un panégyrique de Hajj Nagib, un surprenant magicien en politique, qui "sent la direction du vent avant même qu'il ne souffle". La seule tempête qu'il n'a pas "senti" est celle des assassins du général Wissam el-Hassan. Qu'importe, le père de ce dernier "ne l'a pas rendu responsable de la mort de son fils et lui a donné son appui déclaré". Le chef du gouvernement a sûrement appris cette magie du roi du malabarisme politique, le "centriste" (rs. rs.) président à vie du Parlement. Et pour parler de panégyrique, le Premier ministre en fait un de lui-même tous les jours. Tout le monde est alarmé au plus haut point devant le déferlement par milliers au Liban de "terroristes" syriens et palestiniens, qui réussissent à s'échapper de la furie sanguinaire de l'armée et des chabbihas d'Assad. Hajj Nagib vous dira, lui, comme il l'a fait hier : "Le (mon) gouvernement a mis au point un plan exhaustif (!!) (khittat kamilat !) concernant ces réfugiés". Et vous pensez : "mais que dit vraiment cet homme ? Le nombre de ces réfugiés est déjà peut-être 250 ou 300.000 -walkhayr laqiddam- et le monde entier sait que le Liban n'a aucune structure pour prendre soin de ces pauvres victimes de la haine baassiste. Hajj Nagib, lui, reste impassible. Demain il fera de lui-même un nouveau panégyrique.

    Halim Abou Chacra

    05 h 53, le 20 décembre 2012

  • La force tranquille quoi et tant pis si ça fait cliché!

    Tina Chamoun

    05 h 46, le 20 décembre 2012

  • Pour une fois, je suis d’accord avec Scarlett. et presque totalement ! Mikati a exécuté tranquillement toute l'agenda du 14-Mars, partant du financement du Tribunal en passant par des nominations administratives et finir avec le ménagement risible des intérêts Saudo-US. le tout en président un conseil des ministres dont l'incurie devrait faire date et qui coûtera très certainement les élections legislatives au 8-Mars. Car voyez-vous, les Libanais sans activité (economique), sans électricité et sans sécurité ont tendance a punir. eh oui ! Je ne vois donc pas la nécessite d'assassiner politiquement Nagib Mikati. un autre premier ministre ou un cabinet un chouia plus productif aurait rendu le retour de Saad Hariri ou un gros score FL beaucoup plus compliqué. alors merci qui ?

    Lebinlon

    05 h 33, le 20 décembre 2012

  • Yes....analyse objective...termes précis...et sans "sources".Finalement,la meilleure des sources de Scarlett Haddad est sa capacité d'analyse et de déduction...et c'est tant mieux!

    GEDEON Christian

    04 h 31, le 20 décembre 2012

  • Je me souviens encore du temps de la législature du 14 mars, lorsqu'ils se rendaient aux us rencontrer bush et sa cohorte de rumsfeld ou candi rice, à leur retour ce petit sourire narquois en coin, comme pour dire: c'est bon les gars on tient la situation en main, avec la situation d'aujourd'hui où ces mêmes "alliés" leur tournent les talons, mais avec ce sourire, comme pour leur répondre : sorry guys , you are not up to the task. Mikati qu'on voyait démissionnaire , comme on voit certaines choses régionales dans des boules de cristal, est l'homme nouveau du nouveau Liban, allié aux nouvelles puissances régionales qui sont elles, alliées aux nouvelles puissances mondiales. Scarlett dans sa magistrale plume nous dit, ou plutot je le comprends ainsi, seuls le travail combiné avec une bonne dose de résistance à l'injuste allignement des sio yankies sur ces forces destructrices, qui payent. Tout le reste n'est que pure maquillage. J'ai espoir que cette fois ci je serai publié. Merci.

    Jaber Kamel

    03 h 43, le 20 décembre 2012

  • Mikati ne s'est imposé que par les armes, ne se maintient a son poste que par celles ci et n'a assuré aucune stabilité puisque la majorité effective du peuple Libanais représentée par le 14 Mars ne veux y recourir et fait tout pour éviter les dérapages provoqué par le Hezbollah et ses sbires. De plus, il faut comprendre ce que veulent les caciques du 8 Mars qui n’arrêtent pas de fustiger l'opposition d’être a la solde des intérêts imperialo-Americano-Israelo truc bidule machin et d’après votre article Mikati a leur appui. Au dire de ces mêmes caciques il n'y a pas de centristes et donc Mikati étant dans leur gouvernement, couvrant leur méfaits est de facto des leurs ne lui en déplaise. La politique des petits partis du 8 Mars a été, est et continue a être inconsistante, sans principes, sans visions et sans futur puisque le seul projet présent est celui du Hezbollah et bien qu'ils se clament être soit centristes, soit laïcs, soit merdiques, ils appuis le partis de la mort du Liban et des Libanais. Et bref ils se tirent une balles das le pieds.

    Pierre Hadjigeorgiou

    03 h 16, le 20 décembre 2012

  • Il est sorti de la Cuisse de JUPITER ou Quoi ?! C'est devenu Afflâttôôôn maintenant !?!

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 13, le 20 décembre 2012

  • Très Très bonjour Madame Scarlett Haddad. Enfin une vraie analyse sans les sources. Superbe votre article et vrai. Les Superpuissances tout comme les régionaux veulent que ce gouvernement reste tant que la crise syrienne dure, ET... peut-être au-delà, ce qui confirme ma réaction d'hier. Les huitième et quatorzième parallèles de Mars devraient repenser leurs attitudes en conséquence et se repositionner sur le nouveau échiquier. LE DIALOGUE devrait démarrer sans plus de retard. Je ne comprends pas comment et pourquoi les uns posent des conditions pour dynamiter le Dialogue et les autres refusent de Dialoguer. LE DIALOGUE EST LA SEULE ISSUE HONORABLE POUR TOUS. Bonne journée.

    SAKR LEBNAN

    02 h 47, le 20 décembre 2012

  • Pas de jaloux.

    Robert Malek

    19 h 29, le 19 décembre 2012

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