Maurice Herzog photographié au sommet de l’arc de triomphe à Paris, le 20 juin 2005. Éric Feferberg/AFP
Maurice Herzog avait atteint la cime de l’Annapurna (8 091 m) le 3 juin 1950, devenant le premier homme à gravir un sommet de plus de 8 000 mètres. Il était accompagné de Louis Lachenal, qui comme lui avait perdu plusieurs doigts et orteils, gelés, après une descente dramatique. L’équipe comprenait aussi, entre autres, les guides de haute montagne Gaston Rebuffat et Lionel Terray. Maurice Herzog, membre de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, était ensuite devenu secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports (1958-1965). Il a raconté, en la romançant un peu, la grande aventure de sa vie dans ce qui reste le best-seller absolu de la littérature de montagne : Annapurna, premier 8 000 (éd. Arthaud, 1951), vendu à une douzaine de millions d’exemplaires et traduit en 40 langues.
Né le 15 janvier 1919 à Lyon (Rhône), Maurice Herzog est diplômé de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) et du Centre de perfectionnement dans l’administration des affaires. Il s’adonne à l’alpinisme, tout en menant en parallèle une carrière politique chargée. Depuis 1995, il était membre honoraire du Comité international olympique (CIO). Il était l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’alpinisme : outre Annapurna, premier 8 000, il a aussi écrit Regards sur l’Annapurna, L’Expédition sur l’Annapurna, « La Montagne et Les Grandes Aventures de l’Himalaya. Grand officier de la légion d’honneur, il vivait entre Neuilly-sur-Seine et Chamonix, où il possédait une villa. Il avait épousé en premières noces Marie-Pierre de Cossé-Brissac, avec qui il eut deux enfants (Laurent, décédé, et Félicité), et s’était remarié à Élisabeth Gamper, avec qui il eut aussi deux enfants, Sébastien et Mathias.
La fille de l’alpiniste, Félicité, a carrément déboulonné la statue paternelle cette année dans un roman, l’une des meilleures ventes de la rentrée littéraire. Rappelant quelques-unes des controverses sur le rôle de chacun des membres de la cordée et mettant en doute la réalité de l’arrivée au sommet de l’Annapurna, elle accuse son père d’être un monstre de froideur, tapi sous une photo de légende, celle où il brandit le piolet de la « victoire sur l’Himalaya », en 1950.
(Source : agences)

