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Moyen Orient et Monde - Égypte

Le projet de Constitution adopté, l’opposition manifeste

Des dizaines de milliers d’Égyptiens étaient massés hier dans le centre du Caire pour protester contre le président Mohammad Morsi, quelques heures après l’adoption au pas de charge d’un projet de Constitution par une commission dominée par les islamistes. « À bas la commission constituante », scandait la foule sur la place Tahrir, tandis que des manifestants portaient des banderoles dénonçant la « dictature » du chef de l’État et de la formation dont il est issu, les Frères musulmans. Plusieurs cortèges conduits par des personnalités de l’opposition ont convergé vers la célèbre place du centre-ville, en traversant d’autres quartiers de la capitale. Des manifestations étaient également signalées dans de nombreuses autres villes du pays.
Après des mois de blocage, les 234 articles du projet de Constitution ont été adoptés par une commission constituante convoquée d’urgence pour passer au vote, lors d’une séance-marathon entamée jeudi et qui s’est poursuivie jusqu’hier à l’aube. Le texte doit être remis aujourd’hui à M. Morsi, pour qu’un référendum soit organisé dans deux semaines sur ce document qui doit remplacer la Loi fondamentale suspendue après la chute de Hosni Moubarak début 2011. Comme dans l’ancienne Constitution, le projet fait des « principes de la charia » la « source principale de la législation », une formulation assez consensuelle en Égypte, qui ne fait pas des préceptes de la loi islamique la source unique du droit. Mais le projet ajoute une nouvelle disposition selon laquelle les principes de la charia doivent être interprétés selon la doctrine sunnite, une clause critiquée par l’Église copte et les opposants non islamistes. Le projet accorde également à l’État un rôle de « protection de la moralité » et interdit « l’insulte des personnes humaines » et des « prophètes », des dispositions dont certains redoutent qu’elles n’ouvrent la voie à la censure. Le projet prévoit aussi que tout président ne puisse effectuer plus de deux mandats de quatre ans chacun, une volonté de rompre avec l’époque de M. Moubarak, resté trois décennies au pouvoir.
L’opposition libérale et laïque de même que l’Église copte ont boycotté les travaux de la commission, l’accusant de vouloir faire la part belle aux vues des islamistes. De son côté, l’opposant Mohammad el-Baradei a fustigé hier M. Morsi et la commission, estimant qu’ils sont en train de perpétrer « un coup d’État contre la démocratie ». L’organisation Human Rights Watch estime, pour sa part, que le projet « protège certains droits mais en sape d’autres » et déplore son adoption « précipitée ». Des journaux privés ont décidé de ne pas paraître mardi prochain pour dénoncer un manque de garanties pour la liberté de la presse.

(Source : AFP)
Des dizaines de milliers d’Égyptiens étaient massés hier dans le centre du Caire pour protester contre le président Mohammad Morsi, quelques heures après l’adoption au pas de charge d’un projet de Constitution par une commission dominée par les islamistes. « À bas la commission constituante », scandait la foule sur la place Tahrir, tandis que des manifestants portaient des banderoles dénonçant la « dictature » du chef de l’État et de la formation dont il est issu, les Frères musulmans. Plusieurs cortèges conduits par des personnalités de l’opposition ont convergé vers la célèbre place du centre-ville, en traversant d’autres quartiers de la capitale. Des manifestations étaient également signalées dans de nombreuses autres villes du pays.Après des mois de blocage, les 234 articles du projet de...
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