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Lifestyle - Société

« Je rends les gens beaux, même dans la mort »

Franck Malabed a pris soin entre autres des corps du dictateur Ferdinand Marcos et de son opposant Benigno Aquino.

L’embaumeur Franck Malabed et ses « outils » de travail. Ted Aljibe/AFP

Un héros de la démocratie assassiné, une actrice de porno soft, le dictateur Marcos et d’autres personnalités des Philippines : une fois rendu leur dernier souffle, ils sont tous passés entre les mains de l’embaumeur le plus célèbre et le plus demandé du pays.
« Je rends les gens beaux, même dans la mort », explique Frank Malabed, 62 ans, et presque autant d’années à prendre soin de cadavres. «L’embaumement, c’est une réussite à 100 % ou un échec. Ca ne peut pas être du 99%. Un tapis taché ou un cercueil éraflé, on peut les changer. Mais si vous ratez votre coup sur un corps, vous ne pouvez pas dire à la famille qu’on va le remplacer », souligne-t-il dans son bureau attenant à sa maison, dans un quartier ouvrier de la capitale.
Petit, Malabed voulait devenir ingénieur. Mais son père était entrepreneur de pompes funèbres et le jeune garçon apprit dès l’enfance à s’occuper des corps. Dans les années 60, il suivait son père qui travaillait à la base aérienne américaine de Clark, au nord-ouest de Manille, où arrivaient nombre de corps de soldats américains tués au Vietnam. « Nous avions de 30 à 40 corps par jour », se souvient Frank Malabed, alors âgé de 18 ans. Son père parti à la retraite, le jeune homme s’active avec des collègues américains et philippins sous un hangar de la base, où sont amenés sur des civières les corps retirés des soutes des avions. Il faut les préparer avant de les renvoyer aux États-Unis. Ce métier « n’était pas mon premier choix. Mais une fois que je m’y suis mis, il s’est avéré que j’étais doué », déclare l’homme, dont l’épouse est issue d’une famille propriétaire de pompes funèbres.
Catholique fervent, comme ses compatriotes, Malabed récite une prière avant de commencer son ouvrage. Il ne croit ni aux fantômes, ni aux esprits diaboliques, ni aux sorciers. Rester des heures seul dans une pièce avec pour toute compagnie un cadavre, des seringues et un kit de maquillage ne le dérange pas. Son client le plus célèbre est le dictateur Ferdinand Marcos, dont le règne de 20 ans à la tête du pays a pris fin en 1986. Lorsque Malabed travaillait dans un grand salon d’embaumement, à Manille dans les années 70, il s’était occupé du frère et de la sœur d’Imelda, la femme du président. La famille avait noté son excellent travail. Marcos est mort en 1989 en exil à Hawaii et son entourage a souhaité que le corps soit conservé dans l’espoir d’un retour au pays natal. Malabed effectue alors des allers-retours Manille-Hawaii, tous les mois, jusqu’en 1993, date à laquelle le gouvernement philippin autorise le retour du corps. Sa veuve a demandé des funérailles grandioses à Manille, une demande rejetée. L’embaumeur injecte dans le corps des produits spécifiques qui le conserveront intact pendant au moins 25 ans. Marcos est exposé dans un cercueil de verre, sur les terres de sa famille.
Malabed a également embaumé Benigno «Ninoy» Aquino, le leader de l’opposition et ennemi de Marcos, assassiné par des forces gouvernementales sur le tarmac de l’aéroport le jour de son retour d’exil, le 21 août 1983. Sa mort est à l’origine de la révolution populaire qui renversa le président, deux ans et demi plus tard. Sa veuve, Corazon, fut la première présidente des Philippines démocratiques, et son fils, Benigno, est aujourd’hui à la tête du pays.
Les parents de l’ex-président Fidel Ramos, l’actrice de porno soft Claudia Zobel et des célébrités diverses figurent également parmi les clients de Frank Malabed. Certains s’inscrivent dès leur vivant sur sa liste d’attente. Car Malabed ne traite que cinq corps par mois. « Je suis un perfectionniste. Je ne veux pas qu’on me presse. » Lorsque son tour viendra, il sera entre de bonnes mains. « Mes deux filles ont passé le diplôme d’embaumeurs. Elles sauront s’y prendre. »
(Source : AFP)
Un héros de la démocratie assassiné, une actrice de porno soft, le dictateur Marcos et d’autres personnalités des Philippines : une fois rendu leur dernier souffle, ils sont tous passés entre les mains de l’embaumeur le plus célèbre et le plus demandé du pays.« Je rends les gens beaux, même dans la mort », explique Frank Malabed, 62 ans, et presque autant d’années à prendre soin de cadavres. «L’embaumement, c’est une réussite à 100 % ou un échec. Ca ne peut pas être du 99%. Un tapis taché ou un cercueil éraflé, on peut les changer. Mais si vous ratez votre coup sur un corps, vous ne pouvez pas dire à la famille qu’on va le remplacer », souligne-t-il dans son bureau attenant à sa maison, dans un quartier ouvrier de la capitale.Petit, Malabed voulait devenir ingénieur. Mais son père était...
commentaires (4)

Ce qui donne la chair de poule.

ANATOLE VASILIS

13 h 28, le 24 novembre 2012

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Commentaires (4)

  • Ce qui donne la chair de poule.

    ANATOLE VASILIS

    13 h 28, le 24 novembre 2012

  • Rends-toi beau et TAIS-TOI !

    SAKR LEBNAN

    09 h 59, le 24 novembre 2012

  • Beaucoup de gens voudraient être beaux avant...

    M.V.

    09 h 24, le 24 novembre 2012

  • Plus morbide... Tu meurs ! A court d' articles pour le week end ?

    Cadige William

    02 h 01, le 24 novembre 2012

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