Le M23 n’a guère rencontré de résistance de l’armée qui s’est regroupée à Saké, à une vingtaine de kilomètres au Sud-Est, selon plusieurs témoignages. Le M23 « contrôle la ville de Goma et poursuit l’ennemi (...) en débandade », a proclamé peu après midi le porte-parole du M23, le colonel Viannay Kazarama. Le chef militaire rebelle, Sultani Makenga, a ensuite fait son entrée avec une escorte. Cet officier qui avait fait défection de l’armée régulière en mai pour créer le M23 est accusé « d’horreurs à grande échelle (...) contre les civils » par Washington qui l’a placé sur une liste noire de personnes sanctionnées.
L’ambiance s’est détendue dans l’après-midi à Goma : les habitants ont recommencé à apparaître dans les rues, alors que les soldats du M23 circulaient sans incident. La ville ne portait pas de traces de destruction. Mais 37 personnes blessées par balles, dont 12 enfants, étaient soignées à l’hôpital Heal Africa. Les rebelles ont aussi pris le contrôle des deux postes-frontières avec la ville rwandaise voisine de Gisenyi. L’ONU a par ailleurs accusé les rebelles d’avoir enlevé des femmes et des enfants.
De Kinshasa, le président congolais Joseph Kabila a demandé à tous ses compatriotes de se mobiliser pour « défendre leur souveraineté » contre l’agression dont la RDC se dit victime de la part du Rwanda. Kigali, qui dément soutenir le M23, a appelé le gouvernement congolais à un « dialogue politique » direct avec les rebelles, des négociations avec toute l’opposition déjà exigées par les rebelles lundi mais auxquelles Kinshasa s’est jusqu’ici refusé. « Ce qui s’est passé aujourd’hui à Goma montre clairement que l’option militaire (...) a échoué et que le dialogue politique » est la seule option, a ainsi affirmé la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.
Joseph Kabila s’est rendu hier après-midi à Kampala, pour discuter de la crise avec le président ougandais Yoweri Museveni et les autres États de la région des Grands Lacs. L’Ouganda a aussi été mis en cause par l’ONU pour son aide au M23.
Dans ce contexte, la France a réclamé une révision du mandat des 17 000 Casques bleus déployés en RDC, qui n’ont pas été en mesure d’intervenir pour s’opposer à « quelques centaines d’hommes ».
Les nouveaux combats de ces derniers jours ont provoqué d’importants mouvements de population et notamment le déplacement de camps entiers de populations déplacées, désormais affamées, selon Médecins sans frontières.
(Source : AFP)


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