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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Pour Obama, l’affaire Petraeus n’a pas eu de conséquences sur la sécurité

Le « mur fiscal » et les incidents de Benghazi ont été largement évoqués par le président.

Barack Obama lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection. Photo Larry Downing/Reuters

Barack Obama a affirmé hier que le scandale qui a coûté sa place au chef de la CIA David Petraeus n’avait a priori pas eu de conséquences sur la sécurité nationale des États-Unis. « Je n’ai aucune preuve à l’heure actuelle, d’après ce que j’ai vu, du fait que des informations secrètes aient été divulguées qui auraient des conséquences négatives sur notre sécurité nationale », a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse. Le dirigeant, pour ce premier exercice du genre depuis sa réélection le 6 novembre, a toutefois souligné qu’une enquête était en cours. « Je ne veux pas faire de commentaires sur les détails de l’enquête », a-t-il ajouté.


M. Petraeus, général à la retraite, a démissionné vendredi de la tête de la centrale américaine du renseignement après avoir reconnu une liaison adultérine avec sa biographe. Ce scandale a pris de l’ampleur avec la mise en cause du général John Allen, commandant des forces de la coalition en Afghanistan. La nomination de ce dernier au commandement suprême de l’OTAN a été suspendue par M. Obama après l’ouverture d’une enquête sur des courriels déplacés que le chef militaire aurait échangés avec une femme, amie du couple Petraeus. D’ailleurs, l’autre femme au cœur du scandale, Jill Kelley, s’est avérée être consul honoraire de Corée du Sud aux États-Unis, selon des sources sud-coréennes.


M. Obama, qui avait accepté la démission de M. Petraeus, a néanmoins salué hier à nouveau ses états de service « extraordinaires ». « Mais selon sa propre évaluation, il n’a pas été à la hauteur des critères nécessaires en tant que directeur de la CIA, en ce qui concerne ces questions personnelles », a noté le président.
L’affaire Petraeus, qui secoue le renseignement, l’armée et le monde politique à Washington, a des ramifications au Congrès, avec des auditions en cours à huis clos sur l’attaque qui a coûté la vie à quatre Américains dont l’ambassadeur en Libye, le 11 septembre à Benghazi. Malgré sa démission, M. Petraeus a accepté de témoigner aujourd’hui sur cette affaire devant une commission du Sénat, a révélé le sénateur républicain John McCain, qui accuse depuis des semaines l’administration Obama d’avoir refusé de reconnaître initialement le caractère « terroriste » de cet assaut.


Le sénateur McCain, adversaire malheureux de M. Obama en 2008, a d’ailleurs comparé hier Benghazi au scandale du Watergate et a menacé de bloquer la confirmation d’une éventuelle nomination de Susan Rice au département d’État. L’ambassadrice, le 16 septembre, avait déclaré sur les télévisions américaines que l’attaque n’était « pas forcément un attentat terroriste », mais résultait plutôt d’une « manifestation spontanée ayant dégénéré ». Mais les tentatives républicaines de s’en prendre à Mme Rice ont été accueillies par le président Obama avec une volée de bois vert : elle a effectué un « travail exemplaire » à son poste, a affirmé M. Obama, en estimant que « ternir sa réputation est révoltant ». Mme Rice « a représenté les États-Unis et nos intérêts aux Nations unies avec compétence, professionnalisme, solidité et grâce », a poursuivi M. Obama, pour qui la diplomate s’était exprimée « à la demande de la Maison-Blanche » et qu’elle avait « apporté le meilleur des éclairages sur la base des renseignements qui lui avaient été fournis ». « Si les sénateurs (républicains) John McCain et Lindsey Graham et d’autres veulent chercher quelqu’un, ils devraient venir me chercher moi », a lancé le président américain, qui a encore refusé hier de dévoiler ses intentions pour un remaniement attendu de son équipe gouvernementale.


Dans ce contexte de bouleversements politiques, les questions fiscales et budgétaires ont été évoquées hier par M. Obama. Ce dernier s’est dit hier « ouvert au compromis » avec l’opposition républicaine au Congrès pour trouver une solution qui permette aux États-Unis de sortir de l’impasse budgétaire. Le président démocrate s’est dit désireux de parvenir à « un accord conséquent » et « complet » avec les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et minoritaires au Sénat. Toutefois, il a prévenu qu’il souhaitait toujours mettre fin aux exonérations fiscales dont bénéficient les plus riches – mises en place par son prédécesseur républicain George Bush – et que ce point devrait figurer dans l’accord. « Nous sommes confrontés à une vraie échéance, qui nous demande de prendre des décisions importantes en matière d’emploi, d’impôts et de déficits d’ici à la fin de l’année (...). Comme je l’ai déjà dit, je suis ouvert au compromis et je suis ouvert aux nouvelles idées », a déclaré le président.


Pour le président et le Congrès, il s’agit d’éviter le « mur budgétaire », c’est-à-dire l’entrée en vigueur automatique de coupes dans les dépenses publiques et de hausses d’impôts pour tous les ménages début 2013, conséquence – potentiellement funeste pour la reprise économique – de l’expiration de mesures temporaires.
Par ailleurs, M. Obama a affirmé hier qu’il restait une « fenêtre » pour résoudre la crise avec l’Iran sur son programme nucléaire, et promis des efforts diplomatiques à cet effet dans les mois à venir.

 

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