L’explosion d’une voiture piégée au nord de Bagdad a fait au moins 25 morts et 30 blessés hier matin. L’attentat a visé une base militaire où se déroulait une journée destinée à attirer de nouvelles recrues dans les rangs de l’armée irakienne, cible de prédilection des extrémistes. L’explosion s’est produite à l’entrée de la base de Taji, une ville à majorité sunnite et théâtre de nombreuses attaques meurtrières ces derniers mois. Il était dans l’immédiat impossible d’établir l’identité des victimes, ni combien d’entre elles étaient des soldats et combien d’éventuelles recrues. La plupart des dépouilles et des blessés ont été transférés à l’hôpital de Kadhimiya, un quartier du nord de Bagdad. « Quand la bombe a explosé, je suis allé à l’hôpital, parce que je savais que mon fils était là-bas (à Taji). Je me suis dit qu’il avait dû être blessé. Il a effectivement été blessé et il est soigné à l’hôpital », a raconté Jawad, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.
Par ailleurs, hier soir, un soldat est mort dans une autre attaque, au sud de Mossoul, perpétrée par des inconnus qui ont ouvert le feu contre un barrage de l’armée.
Si l’attaque contre la base de Taji n’a pas été revendiquée, l’État islamique en Irak (ISI), la branche d’el-Qaëda dans le pays, a par le passé ouvertement assumé la responsabilité d’attentats commis contre des centres de recrutement des forces de sécurité. Cela a été le cas pour un attentat-suicide perpétré le 18 janvier 2011 contre de nouvelles recrues de la police à Tikrit, également au nord de la capitale irakienne. Cinquante personnes avaient péri, 150 autres avaient été blessées. Et le 17 août 2010, un kamikaze s’était fait exploser au milieu de soldats fraîchement engagés, tuant 59 d’entre eux et blessant 125 autres.
Bien qu’elle reste quasi quotidienne, en particulier à Bagdad et dans les régions alentour, la violence a fortement baissé ces dernières années et n’a plus grand-chose à voir avec les années de guerre confessionnelle 2006-2008, où plus d’un millier de personnes périssaient chaque mois. Le mois d’octobre s’est distingué par la nette baisse des violences meurtrières, et ce malgré une vague d’attentats perpétrés par el-Qaëda pendant l’Aïd al-Adha. Selon des chiffres officiels, 144 personnes ont péri en octobre dans des attaques, contre 365 en septembre, mois le plus meurtrier dans le pays en deux ans.
(Source : AFP)
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