M. Harb à Cleveland, entouré de John Harb et de Nassib Saadé (de la NOLAA).
L’assassinat du général Wissam el-Hassan ayant coïncidé avec une visite que le député Boutros Harb effectue ces jours-ci à Washington, le parlementaire a dû multiplier ses rencontres avec des responsables américains pour leur expliquer la situation au Liban et la position du 14 Mars à la suite de l’attentat.
Il s’est ainsi réuni avec Wendy Sherman, Elizabeth Dibble, Elizabeth Jones, du département d’État, Frederic Hof, conseiller pour les Affaires libanaises, l’ambassadeur Robert Ford (Affaires syriennes) et Steven Simon (Sécurité nationale).
Interrogé par L’Orient-Le Jour, M. Harb a déclaré : « C’était aussi l’occasion de discuter avec eux de leur position sur le sort du gouvernement et le vide qu’ils craignent tant. Nous avons réaffirmé que nous ne cherchons pas du tout à créer un vide, mais changer le gouvernement en place. »
« Le maintien de ce cabinet avait été justifié aux yeux du monde entier par la recherche de la stabilité et de la sécurité », a déclaré M. Harb. « Or il a perdu de sa crédibilité à cause du retour des assassinats. Sans compter qu’il a protégé les prévenus inculpés par le TSL et qu’il a refusé, entre autres, que l’un des membres du Hezbollah vienne donner sa déposition, concernant l’attentat qui m’a visé, a-t-il ajouté. Et contrairement au président de la République, ce gouvernement ne s’est pas prononcé sur l’affaire Michel Samaha. »
« Aujourd’hui, nous ne voulons pas remplacer ce gouvernement par un autre du 14 Mars, a précisé M. Harb. Mais son maintien devient un danger pour le Liban et les Libanais. On demande un gouvernement neutre qui pourrait organiser des élections honnêtes et libres afin que les Libanais puissent exprimer leur opinion concernant la majorité », a-t-il dit.
Au sujet de la position américaine, M. Harb a expliqué qu’ « il y a d’abord eu un premier commentaire ambigu, car les responsables américains ont associé la personne du Premier ministre, Nagib Mikati, au gouvernement. C’est ce dernier que nous mettons en cause et non son chef. Par la suite, ils ont précisé qu’ils sont pour un changement qui se ferait sans vide ».
Et, précision importante du député du Batroun, en marge de ses contacts : « Nous ne voulons pas que les Américains prennent des décisions pour nous, mais nous voulons que l’administration américaine comprenne ce que nous voulons, de même que les pays amis. »
Cleveland et l’Aspen Center
Au départ, Boutros Harb s’était rendu à Cleveland où il était l’invité d’honneur du gala célébrant le 7e anniversaire de l’Association libanaise de Cleveland (NOLAA). Au cours de cette soirée, le procureur général de l’Ohio lui a remis la grande médaille d’honneur et les armoiries de la ville. Une fois à Washington, où l’ambassadeur du Liban, Antoine Chédid, a donné un dîner en son honneur, il a été convié par la Lebanon Renaissance Foundation à donner une causerie à l’Aspen Center sur la situation actuelle au Liban, suivie d’un dialogue avec l’auditoire. Sur les perspectives d’un nouveau gouvernement, il a déclaré : « Nous désirons un gouvernement agissant à la manière du président de la République et non pas complotant contre le peuple. Et ce serait là un premier pas. Il faut que ce gouvernement croie en la souveraineté du pays, en l’indépendance de la volonté des Libanais et qu’il travaille à stopper la corruption, celle-là pratiquée par plusieurs ministres et étalée, comme jamais, au vu et au su de tout le monde. »
« Puis, a poursuivi M. Harb, après les élections, la majorité saura quel chemin suivre. Le gouvernement actuel est dangereux parce qu’il sert les intérêts syro-iraniens et les intérêts de ses propres membres. Il faut qu’il se sente sous pression. Il faut pousser le président et le Premier ministre à chercher une autre solution. Et nous avons le droit de demander la démission du gouvernement, mais par les moyens démocratiques. »
« Indépendamment de qui va être élu (comme président des États-Unis), nous demandons d’abord (des États-Unis) un soutien politique, puis de prendre en considération la nécessité pour le Liban de rebâtir son armée, car elle est capable de défendre le pays. Et ceci pour ne pas donner au Hezbollah et à l’Iran le prétexte qu’ils sont les seuls à pouvoir le faire. Aider à régler la crise syrienne aidera aussi le Liban », a-t-il encore dit.
À la question de savoir si d’autres attentats politiques étaient à prévoir, M. Harb a répondu : « J’ai reçu plusieurs appels téléphoniques me conseillant de ne pas rentrer au Liban. Mais je rentre en espérant ne pas être assassiné. Mon devoir nécessite ma présence au Liban. »
Et pour ce qui est de la situation régionale, « le temps ne joue pas en faveur de la bonne évolution vers la démocratie ». « Le bain de sang est en faveur des islamistes et l’on rate ainsi une occasion de pousser à des réformes, a souligné M. Harb. Et la communauté internationale a une part de responsabilité à assumer sur ce plan. Plus tôt la crise syrienne sera résolue, plus tôt la démocratie vaincra. »


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De plus en plus E X C E L L E N T, ce Chaïkh BOTROSS de Boutron !
07 h 09, le 27 octobre 2012