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Moyen Orient et Monde - Russie

« Ils disaient qu’ils tueraient mes enfants »

« Ils disaient qu’ils tueraient mes enfants » : les critiques se multipliaient hier en Russie après la publication par un hebdomadaire du récit d’un opposant à Vladimir Poutine de son enlèvement en Ukraine et des jours qui ont suivi avant son incarcération en Russie.
Leonid Razvozjaev, placé en détention provisoire à Moscou et inculpé mardi de « préparation à l’organisation de troubles massifs », a raconté avoir reconnu sa culpabilité après avoir été torturé et que sa famille eut été menacée, dans un entretien avec des défenseurs des droits de l’homme, dont une journaliste de l’hebdomadaire New Times, Zoïa Svetova. Le militant Valeri Borchtchev, qui faisait partie des visiteurs autorisés à le voir car membre d’un comité officiel de surveillance des prisons, avait relaté cette rencontre mardi soir sur la chaîne de télévision Dojd et jugé que les tortures étaient « indéniables ».
Dans le récit publié sur le site Internet de l’hebdomadaire New Times, aux détails dignes d’un roman d’espionnage, l’opposant âgé de 39 ans, membre du Front de gauche, a affirmé avoir été poussé dans une camionnette tandis qu’il marchait dans la rue à Kiev, en Ukraine, où il était allé demander le statut de réfugié politique. La thèse de l’enlèvement avait été étayée par le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Kiev. Après plusieurs heures de route, l’opposant a été emmené dans la cave d’une maison « à moitié en ruines », où on lui a mis un masque et des menottes, avant d’être interrogé pendant trois jours, sans boire ni manger et sans aller aux toilettes. « Ils me disaient : Si tu ne réponds pas à nos questions, tes enfants seront tués. Le but principal recherché était que je témoigne », a-t-il raconté. Leonid Razvozjaev dit avoir craqué après que ses geôliers l’eurent menacé de lui injecter un « sérum de vérité », l’avertissant qu’il pourrait devenir handicapé. « J’ai écrit, menotté, une reconnaissance de culpabilité. Il est dit que j’ai travaillé avec les services secrets étrangers », a ajouté M. Razvozjaev.
Lundi, le comité d’enquête russe a affirmé que l’opposant s’était « présenté de lui-même » pour reconnaître sa culpabilité. Dans un communiqué, le comité a indiqué hier n’avoir reçu « aucune déposition officielle sur des tortures, un enlèvement ou toute autre pratique illégale, ni lors de l’ouverture de l’enquête ni lors de son inculpation ». Le président du Conseil consultatif pour les droits de l’homme auprès du Kremlin, Mikhaïl Fedotov, a estimé sur la radio Echo de Moscou qu’il fallait ouvrir une enquête pour vérifier si l’opposant avait été enlevé, ce qui constituerait « un crime de droit pénal ». Le Comité de coordination de l’opposition russe, une instance récemment créée, a jugé dans sa première déclaration officielle que « le pouvoir russe était passé aux méthodes de force contre ses opposants ». Valeri Borchtchev a dénoncé un retour aux méthodes « staliniennes » en Russie. Le député proche de l’opposition Ilia Ponomarev, dont M. Razvozjaev était l’assistant, a aussi évoqué une « véritable terreur » et annoncé qu’il se rendrait en Europe pour rencontrer des représentants de l’ONU et du Conseil de l’Europe.
Amnesty International a jugé les allégations de M. Razvozjaev « extrêmement troublantes » et appelé la Russie à mener une enquête « indépendante et impartiale ». Quant au porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, il a déclaré que le « Kremlin ne pouvait commenter cette affaire ».

(Source : AFP)
« Ils disaient qu’ils tueraient mes enfants » : les critiques se multipliaient hier en Russie après la publication par un hebdomadaire du récit d’un opposant à Vladimir Poutine de son enlèvement en Ukraine et des jours qui ont suivi avant son incarcération en Russie.Leonid Razvozjaev, placé en détention provisoire à Moscou et inculpé mardi de « préparation à l’organisation de troubles massifs », a raconté avoir reconnu sa culpabilité après avoir été torturé et que sa famille eut été menacée, dans un entretien avec des défenseurs des droits de l’homme, dont une journaliste de l’hebdomadaire New Times, Zoïa Svetova. Le militant Valeri Borchtchev, qui faisait partie des visiteurs autorisés à le voir car membre d’un comité officiel de surveillance des prisons, avait relaté cette rencontre mardi...
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