À Paris, un cinéma des Champs-Élysées diffusera d’ailleurs le film, qui raconte les multiples expériences sexuelles d’une femme de diplomate à Bangkok, pendant 553 semaines ! Avant d’être ce phénomène social, Emmanuelle avait été adapté d’un best-seller érotique du même nom, écrit par Emmanuelle Arsan en 1959. Le producteur, Yves Rousset-Rouard, désireux de confier le projet à un jeune metteur en scène, s’adressa au talentueux photographe Just Jaeckin, ravi de tourner un long-métrage. Jaeckin réalisera ensuite Histoire d’O et, à nouveau avec Sylvia Kristel, L’amant de Lady Chatterley. C’est Pierre Bachelet, déjà auteur de la partition des Bronzés, qui a écrit la musique.
Emmanuelle marque les débuts de Christine Boisson au cinéma, celle-ci apparaissant sous les traits de Marie-Ange, une jeune fille plutôt délurée. Alain Cuny accepta de jouer dans le film à condition que son nom passe inaperçu au générique. Mais, constatant le succès du film, cet excellent acteur protesta car son nom n’était pas assez visible, selon lui, sur l’affiche. Lors de son passage en commission de censure en 1974, le film devait être censuré si certaines coupes n’étaient pas effectuées. Le décès du président français Georges Pompidou entraîna la nomination d’un nouveau secrétaire d’État à la Culture, Michel Guy, qui permit au film de sortir en salle.
À la sortie du film, Sylvia Kristel fut, entre autres injures, traitée de garce et l’objet de toutes sortes de rumeurs, comme celle lui octroyant une idylle avec le président Valéry Giscard d’Estaing. « C’était faux, s’insurgera-t-elle. D’ailleurs, autrefois, j’étais 100 % mitterrandiste ! » Après ce succès, son nom restera lié à la saga érotique comportant quatre autres volets. Il y a aura aussi, cette fois sans Sylvia Kristel, plusieurs films plus ou moins inspirés par Emmanuelle.
(Source : AFP)


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