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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Prières pour Malala, dans un état critique

Les Pakistanais ont participé hier par milliers à des prières pour la jeune icône de la paix Malala Yusufzai. Mohsin Raza/Reuters

Les Pakistanais ont prié en grand nombre hier, jour de grande prière dans le monde musulman, pour la jeune icône de la paix Malala Yusufzai, toujours dans un état critique après avoir été victime d’un attentat des talibans dont elle est une farouche critique. Des prières se sont déroulées dans de nombreuses écoles du Pakistan et dans les mosquées des principales agglomérations, notamment à Karachi, mégapole du sud située à des lieues de Mingora, ville d’origine de l’adolescente de 14 ans dans le nord-ouest du pays. Des chrétiens de la capitale Islamabad avaient aussi organisé une messe spéciale jeudi soir pour Malala.


Attaquée mardi en plein jour par des combattants du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), allié à el-Qaëda, Malala Yusufzai a été atteinte à l’épaule et à la tête et a été transférée dans un hôpital militaire de Rawalpindi, où elle demeurait hier inconsciente. « Selon les neurochirurgiens et les spécialistes des soins intensifs, son état est satisfaisant, mais les 36 à 48 prochaines heures seront critiques », a déclaré le porte-parole de l’armée, Asim Saleem Bajwa. Le Premier ministre Raja Pervez Ashraf s’est rendu au chevet de l’adolescente. « Malala est la fille du Pakistan. Son message est celui du Pakistan qui est un message de paix, d’amour et de sécurité. Le pays entier se lèvera contre ceux qui tentent de saboter ce message », a déclaré le Premier ministre.


De fait, la tentative de meurtre de la jeune icône a fait surgir un fort sentiment hostile aux talibans, mais il est peu probable que ce drame pousse le pouvoir à mener une offensive d’envergure dans leurs repaires, selon des experts.
Le chef de l’armée, Ashfaq Kayani, a appelé à intensifier la lutte contre les extrémistes. « Il est temps de nous unir davantage et de nous lever pour combattre ceux qui propagent cet état d’esprit barbare », a-t-il souligné. L’armée avait lancé en 2009 une vaste opération dans la vallée de Swat. Les États-Unis pressent en vain les autorités pakistanaises de lancer une opération dans le Waziristan du Nord. L’attaque contre Malala pourrait en théorie donner un prétexte à l’armée pour intervenir dans le Waziristan du Nord en invoquant l’intérêt national, plutôt qu’une demande expresse de Washington dont la cote d’amour est au plus bas dans le pays.


Mais en pratique, la situation est beaucoup plus compliquée. « L’armée va peut-être lancer une attaque symbolique contre le TTP, mais encore là j’en doute », explique Saifullah Khan Mehsud, directeur du centre de recherche FATA sur les zones tribales. « Et elle ne va certainement pas lancer d’opération dans le Waziristan du Nord », pense-t-il. Des talibans afghans établis dans le Waziristan du Nord jouent un rôle-clé dans la stratégie pakistanaise de reconquête de son influence dans l’Afghanistan voisin après le retrait des troupes occidentales en 2014. « L’armée peut affronter sans problème un groupe (extrémiste), mais elle ne peut pas affronter un ensemble de groupes qui peuvent de surcroît traverser la frontière afghane » comme c’est le cas au Waziristan du Nord, souligne Hasan Askari, analyste pakistanais de renom. « Elle va tenter de localiser des factions précises et de les traquer », mais elle ne va pas mener une opération de grande envergure au Waziristan, dit-il.


S’il y a une solution militaire, elle sera à petite échelle et ponctuelle, selon les observateurs. Et elle ne déracinera pas le mal qui ronge le pays, estime Paul Bhatti, ministre de l’Harmonie nationale.

 

Pour mémoire, le billet d'Emilie Sueur : Talibans vs petite fille voulant aller à l’école

Les Pakistanais ont prié en grand nombre hier, jour de grande prière dans le monde musulman, pour la jeune icône de la paix Malala Yusufzai, toujours dans un état critique après avoir été victime d’un attentat des talibans dont elle est une farouche critique. Des prières se sont déroulées dans de nombreuses écoles du Pakistan et dans les mosquées des principales agglomérations, notamment à Karachi, mégapole du sud située à des lieues de Mingora, ville d’origine de l’adolescente de 14 ans dans le nord-ouest du pays. Des chrétiens de la capitale Islamabad avaient aussi organisé une messe spéciale jeudi soir pour Malala.
Attaquée mardi en plein jour par des combattants du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), allié à el-Qaëda, Malala Yusufzai a été atteinte à l’épaule et à la tête et a été...
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