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Culture - Qu’Est-Ce Que Vous Me Chantez Là ?

L’après-maintenant de Gilbert Bécaud

Composée et écrite par Pierre Delanoë en 1961, « Et maintenant » interroge le présent tout en affirmant un état de désarroi. Un succès qui se déclinera en plusieurs versions.

Il travaillait essentiellement avec trois paroliers, notamment Louis Amade, Maurice Vidalin ou Pierre Delanoë, ce dernier célèbre pour ses succès comme Et maintenant ou Nathalie.
Il se produisait toujours sur scène avec le même piano qui avait une particularité: il était légèrement incliné vers l’avant. Il avait demandé à Jacques Dinnat, son régisseur, de faire couper l’un des trois pieds de l’instrument afin de lui donner l’inclinaison nécessaire qui lui permettait de voir son public tout en jouant.
Il avait une cravate à pois, sorte de fétiche porte-bonheur. En effet, on raconte cette petite histoire si tendre de ses débuts. Quand le chanteur se présente dans un piano-bar pour la première fois à la recherche d’un travail, le patron le refuse prétextant le port de cravate obligatoire. Comme le jeune chanteur en herbe était accompagné de sa mère, celle-ci n’hésitera pas à découper le bas de son vêtement (une robe bleue à pois blancs) pour en faire un semblant de cravate à son fils. Celui-ci la noue autour de son cou et se présente de nouveau au patron. Il sera aussitôt embauché. Depuis, cette vraie cravate à pois ne le quittera plus.

 Comme un électrochoc
Lui, vous l’avez reconnu, c’est «Monsieur cent mille volts», alias Gilbert Bécaud. Interprète de plusieurs titres à succès durant une longue carrière, dont l’un, intitulé Et maintenant, enregistré en 1961, deviendra rapidement un standard mondial classé six semaines n° 1 au hit-parade. Bécaud va alors l’enregistrer en anglais sous le titre de What Now My Love. La chanson deviendra en 1962 un hit au Royaume-Uni dans une version de Shirley Bassey qui reste 17 semaines au UK Singles Chart, atteignant le n° 5. What Now My Love se classera une nouvelle fois n° 14 dans une version de Sonny & Cher.
Selon le compositeur Pierre Delanoë, cette chanson est née rapidement et fortuitement. «En 1961, Gilbert Bécaud rencontre sur le vol Paris-Nice une actrice, Elga Andersen, qui se rend chez son fiancé. Le lendemain, ils rentrent tous les deux par le même vol, mais elle est décomposée. Son histoire d’amour s’est achevée dans la nuit. Bécaud lui propose de prendre un petit déjeuner chez lui, dans sa cabane du Chesnay (Yvelines).» Et Delanoë poursuit: «À un moment, elle s’est appuyée sur le piano de Bécaud en murmurant: “Et maintenant, qu’est-ce que je vais faire?” Il m’a alors appelé en me disant: “J’ai un début”. La chanson s’est écrite dans la journée. On a tout de suite compris que c’était un bon titre. Mais on était loin d’imaginer un tel tube...»
C’est aux sons d’une caisse claire qui frappe le même rythme d’une manière invariable, faisant écho ainsi à l’ostinato du Boléro de Maurice Ravel, que s’élève un cri déchirant de désespoir:
«Et maintenant, que vais-je faire/De tout ce temps que sera ma vie/De tous ces gens qui m’indiffèrent/Maintenant que tu es parti.»
Le thème de la chanson est celui d’un amour déçu: la révolte monte en crescendo en même temps que la musique, évoquant la thématique amoureuse de la pièce de Ravel, et cela jusqu’au tragique dernier vers, «Je n’ai vraiment... plus rien!», que lance abruptement le chanteur.
Il travaillait essentiellement avec trois paroliers, notamment Louis Amade, Maurice Vidalin ou Pierre Delanoë, ce dernier célèbre pour ses succès comme Et maintenant ou Nathalie. Il se produisait toujours sur scène avec le même piano qui avait une particularité: il était légèrement incliné vers l’avant. Il avait demandé à Jacques Dinnat, son régisseur, de faire couper l’un des trois pieds de l’instrument afin de lui donner l’inclinaison nécessaire qui lui permettait de voir son public tout en jouant. Il avait une cravate à pois, sorte de fétiche porte-bonheur. En effet, on raconte cette petite histoire si tendre de ses débuts. Quand le chanteur se présente dans un piano-bar pour la première fois à la recherche d’un travail, le patron le refuse prétextant le port de cravate obligatoire. Comme le jeune...
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