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Hommage au Professeur Fouad N. Boustany

Professeur Antoine GHOSSAIN
De belles pages écrites par Fouad Boustany sont consignées dans son livre Chroniques fortuites. Des pages aussi belles ont été écrites sur Fouad Boustany par M. Marwan Hamadé en guise de préface à son livre précité. Il est inopportun de les répéter ou de prétendre les égaler.
Mon témoignage, à moi, aura l’avantage de reprendre soixante années de coopération et d’amitié, et de faire une sorte d’« abstract » sur ce qui faisait la spécificité de Fouad Boustany dans chaque étape de son parcours.
Je le rencontre, la 1re fois, à l’Hôtel-Dieu vers 1950. Il était interne et j’étais chef de clinique. Je fus, de suite, impressionné par son souci de perfectionnisme, avec comme corollaire une angoisse prémonitoire avant les examens et les concours desquels, pourtant, il sortait tout le temps premier.
Devenu résident en radiologie sous l’égide d’un grand maître, le professeur Paul Ponthus, puis radiologue en chef à l’Hôtel-Dieu, il acquit une notoriété inégalée au Liban et dans la région. Mais là aussi, il avait sa spécificité. On sait que les radiologues ne dialoguent pas avec les patients, mais avec leurs médecins traitants. Lui a transgressé un peu cette loi, ouvrant son bureau aux patients avant ou après la radio, humanisant en quelque sorte le côté technique de l’examen. Il l’ouvrit aussi à ses nombreux élèves, créant une école prestigieuse de radiologues hyperspécialisés. Son cours comme professeur à la faculté créa de nombreuses vocations chez les jeunes étudiants.
Comme président du comité médical de l’Hôtel-Dieu, il a su négocier avec l’administration la restructuration des services et le recrutement de jeunes talents libanais pour remplir l’organigramme de l’hôpital. Je lui dois, en partie, ma présence et ma promotion à l’Hôtel-Dieu.
Comme président de l’ordre des médecins, il a exercé, fait unique, le plein-temps dans son activité. Il s’est ainsi totalement libéré pour réussir sa mission syndicale, avec la séparation des honoraires, et sa mission ordinale avec l’adoption du fameux code de déontologie. Ces deux acquis ne le furent que grâce à la compréhension des autorités concernées et à son amitié avec les ministres en place.
Le professeur Boustany fut tenté par le journalisme. Il n’arrivait pas à rester un témoin passif des dérèglements politiques et sociaux autour de nous. Il était dans ses écrits un critique sain et n’a pas connu la dérive politique pourtant très tentante.
Après la fin de son mandat, il resta identifié aux problèmes de la bioéthique, au Liban, à l’Unesco et avec les pays arabes. Ses interventions et ses écrits sont cités dans les moyens d’information modernes.
Au cours d’un dîner récent, les gens de sa génération le faisaient sourire en lui souhaitant de survivre à eux tous pour avoir l’occasion d’avoir, de lui, un témoignage éblouissant qui entretiendrait leur souvenir.
Au crépuscule de sa vie, cette activité harassante l’a empêché de faire une retraite extramédicale régulière, et de jouir du confort et du calme que pouvaient lui assurer une femme remarquablement sereine et des enfants particulièrement affectueux.
Ces spécificités extraites de ses multiples facettes font de lui un homme exceptionnel, difficile à cloner.

Professeur Antoine GHOSSAIN
De belles pages écrites par Fouad Boustany sont consignées dans son livre Chroniques fortuites. Des pages aussi belles ont été écrites sur Fouad Boustany par M. Marwan Hamadé en guise de préface à son livre précité. Il est inopportun de les répéter ou de prétendre les égaler.Mon témoignage, à moi, aura l’avantage de reprendre soixante années de coopération et d’amitié, et de faire une sorte d’« abstract » sur ce qui faisait la spécificité de Fouad Boustany dans chaque étape de son parcours.Je le rencontre, la 1re fois, à l’Hôtel-Dieu vers 1950. Il était interne et j’étais chef de clinique. Je fus, de suite, impressionné par son souci de perfectionnisme, avec comme corollaire une angoisse prémonitoire avant les examens et les concours desquels, pourtant, il sortait tout le temps premier.Devenu...