Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Les contacts entièrement gelés entre les pouvoirs libanais et syrien

Les contacts officiels entre le pouvoir libanais et le régime syrien sont entièrement gelés ces jours-ci. Une concertation régulière avait été instaurée ces dernières années entre les présidents Michel Sleiman et Bachar el-Assad, sur la base de deux ou trois entretiens téléphoniques par semaine.


Mais cette tradition a été rompue à la suite des prises de position du chef de l’État libanais sur l’affaire de l’arrestation de l’ancien ministre Michel Samaha.
On se souvient que le président Sleiman avait notamment souligné qu’il attendait des éclaircissements de la part de son homologue syrien à la suite de la mise en cause de deux hauts responsables syriens, dont le général Ali Mamlouk, dans l’affaire Samaha.


Cette observation avait fortement déplu au régime syrien, ce qui a mené au gel des contacts entre Baabda et le palais des Mouhajirine, à Damas.
Parallèlement, l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, Ali Abdel Karim Ali, s’abstient depuis un certain temps de toute visite au palais présidentiel ainsi d’ailleurs qu’au Grand Sérail. Il se contente de rencontres avec le président de la Chambre, Nabih Berry, avec le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qui demeure proche des vues du régime syrien, et avec d’autres personnalités considérées comme prosyriennes.
Souvent, lors de ces rencontres, M. Ali saisit l’occasion pour émettre des critiques contre les positions du président Michel Sleiman et d’autres responsables libanais.
Le refroidissement libano-syrien touche également le Premier ministre, Nagib Mikati. Lors de son récent séjour à New York, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, M. Mikati n’a eu aucune rencontre avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, qui conduisait la délégation de son pays, et encore moins avec un quelconque membre de cette délégation.
Seul M. Mansour est entré en contact avec M. Moallem et il l’a fait en sa qualité de président de la session ordinaire du conseil de la Ligue arabe.


En fait, les contacts entre le chef du gouvernement et la Syrie sont gelés depuis une longue période. Taha Mikati, le frère du Premier ministre, servait naguère d’intermédiaire régulier entre les deux parties, mais il a cessé depuis plusieurs mois de se rendre en Syrie et donc de rencontrer le président Assad.


Dans les milieux informés, on observe même une réduction drastique du rythme des visites à Damas d’un certain nombre de responsables et de personnalités pourtant considérés jusqu’ici comme étant proches du régime syrien.
Un ministre souligne que dans les circonstances actuelles, cette quasi-rupture au niveau du pouvoir entre les deux États ne doit pas perdurer et qu’il est nécessaire de rétablir les ponts, notamment entre les deux chefs d’État.
En dépit de ses positions de principe dans l’affaire Samaha ainsi que sur la question des violations commises par les troupes syriennes contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, le président Sleiman n’est pas opposé à un rétablissement des contacts et pourrait même encourager des efforts en ce sens.


Car en dépit de la situation en Syrie et de l’état dans lequel se trouve le régime Assad, on estime de source ministérielle que le Liban officiel, qui s’en tient à sa politique consistant à rester à l’écart de la crise syrienne, n’est pas en mesure de reconnaître l’opposition syrienne et il est donc contraint, jusqu’à nouvel ordre, de continuer à traiter avec les autorités officielles syriennes.

 

Pour mémoire

Mikati réussira-t-il à convaincre ses ministres de respecter à la lettre la politique de distanciation ?

Les contacts officiels entre le pouvoir libanais et le régime syrien sont entièrement gelés ces jours-ci. Une concertation régulière avait été instaurée ces dernières années entre les présidents Michel Sleiman et Bachar el-Assad, sur la base de deux ou trois entretiens téléphoniques par semaine.
Mais cette tradition a été rompue à la suite des prises de position du chef de l’État libanais sur l’affaire de l’arrestation de l’ancien ministre Michel Samaha.On se souvient que le président Sleiman avait notamment souligné qu’il attendait des éclaircissements de la part de son homologue syrien à la suite de la mise en cause de deux hauts responsables syriens, dont le général Ali Mamlouk, dans l’affaire Samaha.
Cette observation avait fortement déplu au régime syrien, ce qui a mené au gel des contacts entre...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut