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Mode - Fashion Week

fin de la semaine parisienne

La fashion week de Paris s’est achevée avant-hier mercredi 3 octobre avec un bilan prometteur pour la prochaine saison chaude. On en retiendra quelques grandes lignes qui définissent par avance l’humeur modeuse du printemps-été 2013.

Modèles de la collection prêt-à-porter printemps-été 2013 par Hedi Slimane pour Saint Laurent.

Pour le printemps prochain, on sait déjà qu’il faudra au minimum avoir un smoking dans sa garde-robe, des robes de longueurs différentes, jouer avec les transparences et privilégier le noir et blanc. Pour simplifier, voici les codes :
– Bustier/bandeaux : pratiques pour glisser sous une veste masculine, ou s’affirmer sur une jupe longue comme chez Balmain, Cédric Charlier ou Anne-Valérie Hash et Balenciaga.
– Combinaisons pantalons : elles se sont faites presque obligatoires du matin ou soir, souvent avec grâce comme chez Valentino, Giambattista Valli, Viktor & Rolf, Saint Laurent et Gaultier.
– Contrastes : de matières (satiné/mat) comme chez Céline, de couleurs devant derrière ou de tissus double face comme chez Mouret, Balenciaga et Dior, de style chez Dries Van Noten qui a mixé un déshabillé fleuri transparent avec une chemise et un pantalon à carreaux très masculins.
– Couleurs : le noir et blanc seront indispensables comme chez Chanel ou Viktor & Rolf ou Vuitton, mais ils n’empêchent pas l’utilisation d’un rouge coquelicot de chez Carven à Valentino ou Yohji Yamamoto sur des robes longues, des flashs bleu ou vert électrique comme chez Stella McCartney ou encore des tons poudrés/fond de teint chez Rick Owens.
– Géométrie : il faudra faire un choix. Du monochrome (vu partout) ou des inspirations graphiques, comme des collages chez Roland Mouret et Hermès, des damiers pour Vuitton, arty hip hop chez Felipe Oliveira Baptista, arlequin chez Balmain.
– Longueur : quelle longueur ? Tout est accepté, du court (souvent), du long (fluide), mais surtout il faudra jouer avec les différentes hauteurs en les superposant comme des étages chez Céline, Givenchy ou McCartney.
– Smoking : à part Karl Lagerfeld chez Chanel où le « no smoking » était de rigueur, le vêtement fétiche d’Yves Saint Laurent s’est décliné presque partout. Alber Elbaz chez Lanvin en a fait la plus longue démonstration comme un clin d’œil à ses années antérieures chez YSL.
– Transparences : cotons ajourés, voiles d’organza, dentelles fines ou guipure, plastique, le corps s’est beaucoup dévoilé comme chez Giambattista Valli, Chanel, Viktor & Rolf ou Riccardo Tisci chez Givenchy.
– Traînes : pas celles des robes de mariée, mais une robe ou une jupe courte devant et plus longue derrière pour un effet garanti comme chez Dior, Yohji Yamamoto et Balenciaga dont les volutes attirent le regard sur les jambes.

Chanel tout en volumes et en légèreté
Pour revenir sur les derniers jours des défilés, on retiendra chez Chanel une obsession du volume et de la légèreté. Car c’est par ces deux termes que Karl Lagerfeld a résumé mardi sa collection pour Chanel, présentée sur un podium aux allures de panneaux solaires sur lequel étaient plantées 13 éoliennes géantes, sous la grande verrière du Grand Palais à Paris.
Chanel tête de file des écologistes ? La mode est-elle un recyclage permanent ? Karl Lagerfeld ne se prétend pas « écologiste » mais « si je faisais construire une maison, je voudrais avoir cela dans mon jardin. Je ferais une maison moderne à la Tadao Ando » (architecte japonais qui utilise beaucoup le béton), s’est exclamé le couturier à l’issue du défilé.
« Personne n’a critiqué les moulins à vent en Hollande alors ? Moi je trouve cela génial », a poursuivi Karl Lagerfeld, qui estime que les panneaux solaires sont « très beaux ».
Côté podium, près de 70 mannequins et 80 modèles ont défilé devant la star américaine Jennifer Lopez, le rappeur Kanye West, aperçu dans presque toutes les grandes maisons parisiennes, mais aussi les actrices Lou Doillon, Laetitia Casta, Maiwenn ou encore la danseuse Aurélie Dupont.
« On ne pouvait pas faire quelque chose d’intimiste dans un endroit pareil. 140 mètres de podium, c’est long », a détaillé M. Lagerfeld.
« Ici, c’est no smoking ! » s’est-il aussi exclamé, allusion aux nombreux smokings proposés tout au long de la semaine de la mode parisienne. « Chez Chanel on vient pour autre chose ! » a ajouté le créateur.
Au menu apparaissent des vestes noires ou blanches dans lesquelles le vent semble s’être engouffré, ponctuées de fausses grosses perles. Un manteau coquelicot doublé de grands carreaux écossais noir et blanc attend la fraîcheur d’une nuit d’été.
Une robe noire se recouvre d’un voile cage léger. Des fleurs multicolores aussi légères que de l’organza tombent d’un ensemble tunique pantalon où dans les années 70 on aurait choisi des plumes d’autruche.
Plus près du corps, les tulles de coton très ajourés – « mais on ne voit presque pas à travers », souligne M. Lagerfeld – apportent une touche de jeunesse à une robe, surtout quand elle se termine par une microveste au tweed souligné de petits carreaux.
Côté accessoires, une avalanche de fausses perles, au cou et aux poignets. Mais « pas de chaînes, pas de camélias, pas de galons, pas de logo sauf sur un sac. On a éliminé tout cela et malgré tout cela reste Chanel ! » explique le couturier, qui s’est amusé à présenter des capelines, en Rhodoïd transparente ou recouverte de tulle de couleur.
Interrogé par ailleurs sur son sentiment sur les nouvelles générations de créateurs, il a indiqué aimer Riccardo Tiscy chez Givenchy, Stella McCartney, Martin Margiela et ajouté « bien aimer Raf Simons », chez Dior. Mais aucune référence à Hedi Slimane, que Lagerfeld a longtemps soutenu, qui présentait lundi soir sa première collection pour Saint Laurent et pour laquelle un grand nombre de designers s’étaient déplacés.

L’hommage d’Hedi Slimane à « Saint Laurent »
En prenant le gouvernail de la création chez Yves Saint Laurent, Hedi Slimane avait commencé par modifier le logo de la maison Yves Saint Laurent rachetée par Gucci Group, du moins sur les étiquettes du prêt-à-porter. Le frêle jeune homme, passionné de photographie et qui avait littéralement fait fondre Karl Lagerfeld pour la beauté de ses créations chez Dior au temps où il tenait la création masculine de la marque, a rendu un hommage appuyé au grand Yves dans cette première présentation PE2013. Tant et si bien que c’est le logo historique, dessiné par Cassandre, qui accueillait lundi soir les invités du défilé à l’entrée du Grand Palais. Mieux, Slimane a ressuscité les créations iconiques d’Yves Saint Laurent, de la saharienne au smoking en passant par la jellaba façon jardin de Majorelle. Oui, mais avec ce « twist » indéfinissable, ce trait de modernité dû au seul génie du nouveau directeur de la création qui faisait qu’on reconnaissait une identité, on flairait du vintage sans pouvoir, à aucun moment, affirmer qu’il ne s’agissait que de cela.

L’élégance sensuelle de Valentino
Après Chanel, d’autres griffes de luxe ont présenté mardi leurs collections pour le printemps-été 2013, dont Valentino à l’élégance sage et sensuelle mais aussi Jean-Charles de Castelbajac aux imprimés architecturaux.
ÉLÉGANCE : sous une tente éphémère dressée dans le jardin des Tuileries, Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli proposent une collection Valentino tout en sensualité pour une élégance qui ne se dément pas du matin au soir. Ici pas d’esbrouffe mais une séduction qui repose sur la suggestion.
Des robes couvertes presque de haut en bas, noires ou bleu nuit, donnent une air sage, alors qu’un trench en cuir rouge Valentino appelle une virée entre copines.
Les dentelles de coton blanches ou noires ont déjà un air de vacances, surtout avec une pèlerine pour se protéger du vent. Même le cuir porte les traces d’un motif ton sur ton.
Les combinaisons-pantalons noires donnent une petite touche de masculinité, mais leur plastron de dentelle ivoire ou rose poudré rappelle vite l’esprit de la maison.
Chez Valentino, le soir est un art majeur, surtout pour les tapis rouges d’Hollywood ou de Cannes. Cette saison encore, le duo italien, arrivé en 2008 dans la griffe romaine, a aligné une belle série de robes longues poudre, ivoire, noires à l’élégance racée.
Valentino Garavani avait fait ses adieux au monde de la mode en septembre 2007, après avoir fêté les 45 ans de sa maison de couture.
ARCHITECTURE : de retour dans le cadre inattendu de l’église réformée de l’Oratoire du Louvre, Jean-Charles de Castelbajac a présenté entre deux messes une collection de 41 modèles sous le signe de l’architecture et de la sensualité, à l’occasion d’un hommage au Brésil, à son « émeraude végétale » et à l’un des plus célèbres architectes du pays, Oscar Niemeyer, disciple de Le Corbusier.
Sur des imprimés vert-noir-blanc, revisitant le style camouflage, la forêt luxuriante s’empare des tours Art déco et, au passage, les palmiers allongent les silhouettes. La toile de jute inspire aussi Castelbajac qui y coupe trenchs, blousons et robes. En cas de pluie, vestes ou manteaux sont en vinyle transparent « cristal ».
CENTURIONS : chez Paco Rabanne, c’est exactement l’opposé de Valentino. Ici, la sexualité est exacerbée et on montre plutôt qu’on suggère. La nouvelle directrice artistique, l’Allemande Lydia Maurer, a donc imaginé des femmes centurions (robes plissées noir et doré) chaussées de spartiates. Elles sortent la nuit avec leurs minirobes ou tuniques en cote de maille, pour rappeler l’ADN de la maison. On les imagine déjà faisant la fête à Ibiza avec des tops façon macramé-filets de pêche. Une jupette en dentelle plissée repose au milieu d’un univers trop métallique.

Louis Vuitton voit la vie en damiers
L’artiste français Daniel Buren à la conception du décor, le créateur Marc Jacobs à la collection : Louis Vuitton voit la vie en damier, l’une des toiles les plus connues et anciennes de la griffe avec le monogramme, pour le printemps-été 2013.
Au dernier jour des présentations des collections parisiennes, Louis Vuitton accueillait ses invités dans une structure recouverte d’un damier chocolat et blanc dans la cour carrée du Louvre.
À l’intérieur, un gigantesque podium damier jaune citron et blanc et quatre escalators en mouvement par lesquels les mannequins descendaient et remontaient.
« Je voulais travailler avec Daniel Buren que j’admire beaucoup », a expliqué en backstage le créateur américain Marc Jacobs qui travaille régulièrement avec des artistes comme le Japonais Takashi Murakami ou l’Américain Stephen Sprouse pour des installations ou la réalisation de lignes de sacs. L’élément déclencheur est venu de l’œuvre « Les Deux Plateaux », plus connue du grand public sous le nom de « colonnes de Buren », dans l’enceinte du Palais-Royal à Paris, tant décriées lors de leur installation en 1986. Et puis aussi parce que l’artiste a « réalisé des installations en utilisant les escalators, sur lesquels il a peint des rayures », a-t-il dit.
Le damier est « un motif en mouvement, un rythme, une équation mathématique, une sorte de mouvement et de changement perpétuel », a poursuivi Marc Jacobs.
La collection, elle, se traduit par une « silhouette très simple, droite, avec trois hauteurs : courte, mi-longue et longue comme les colonnes, la seule courbe se situant aux épaules », a détaillé le créateur qui voulait rompre avec des thèmes plus romantiques comme le voyage en train pour la collection automne-hiver.
Le show commence et c’est une avalanche de vêtements à damier qui descendent par les escalators, les mannequins défilant deux par deux à un rythme soutenu.
La toile damier créée en 1888, pour lutter déjà contre la contrefaçon, prend un sacré coup de jeune.
Oubliés ou presque le beige et le brun, place au jaune, vert mousse, gris perle, noir, ivoire, café au lait... autant de tonalités qui jouent avec le blanc pour quadriller robes ou vestes.
De plus près, les détails ressortent : plis sur un côté, poches plaquées, effet d’optique, etc.
Le créateur new-yorkais impose une silhouette graphique nerveuse avec des carrés de différentes tailles.
Pour celles que le carré rebuterait, Marc Jacobs propose des effets « positif-négatif » avec des jupes et top où des fleurs abstraites blanches apparaissent sur le fond vert criard d’une jupe tandis qu’en haut, les couleurs s’inversent.
Le soir, le damier se pare de milliers de sequins, « les plus petits jamais réalisés », souligne Marc Jacobs, pour briller de mille feux en damier noir et blanc, ou en total look noir.
Marc Jacobs a dédié sa collection à Yves Carcelle, le patron de Louis Vuitton depuis 1990, qui doit quitter ses fonctions à la fin de l’année après avoir accompagné l’essor d’une griffe, devenue l’une des plus connues au monde et aussi l’une des plus rentables.

Élie Saab célèbre « les héritières »
Décomplexées, les héritières selon Élie Saab vivent leur vie d’artistes et de créatrices de tendances, de photographes, bloggeuses ou philanthropes, au gré de leurs passions.
Et si elles mêlent les influences c’est pour se démarquer, suivre leurs coups de cœur, au fil du vent, pour composer un quotidien coloré.
Affairées, elles s’entichent pour un ensemble fusain allégé d’un plastron rose-poudre ou d’un tailleur pantalon crème assoupli de dentelles fleuries.
Férues d’accessoires, elles empoignent, tour à tour, un sac à main rose mordoré et une minaudière en serpent aqua ;
mieux, elles coordonnent des total-looks vitaminés en crêpe stretch framboise ou bleu duravec un cabas fuchsia ou un mini-bag azur qui se balance au bout d’une chainette dorée...
Exubérantes, elles osent les motifs futuristes et imprimés fluorescents qui volent avec fluidité sur d’amples volumes de mousseline de soie.
Actives, parfois même impulsives, elles vont même jusqu’à se glisser dans une combinaison sur mesure, un brin rétro, pour épicer leur après-midi. Sûres d’elles, elles arborent aussi des robes graphiques, architecturées de basques et surlignées de bandes de gros grain. Invitées le soir venu, elles brillent dans des fourreaux pailletés ajourés de dentelles qui surlignent, subtilement, courbes et silhouettes longilignes. Une panoplie qui s’accorde en temps réel avec leurs vies multiples.
Rabih Kayrouz, quant à lui, défilait dimanche au Grand Palais, une première où il s’est montré fidèle à lui-même, alternant palette fluorescente et accords sombres sur des coupes épurées où les textures, en plis subtils, parlent à la sensualité.
Pour le printemps prochain, on sait déjà qu’il faudra au minimum avoir un smoking dans sa garde-robe, des robes de longueurs différentes, jouer avec les transparences et privilégier le noir et blanc. Pour simplifier, voici les codes : – Bustier/bandeaux : pratiques pour glisser sous une veste masculine, ou s’affirmer sur une jupe longue comme chez Balmain, Cédric Charlier ou Anne-Valérie Hash et Balenciaga.– Combinaisons pantalons : elles se sont faites presque obligatoires du matin ou soir, souvent avec grâce comme chez Valentino, Giambattista Valli, Viktor & Rolf, Saint Laurent et Gaultier.– Contrastes : de matières (satiné/mat) comme chez Céline, de couleurs devant derrière ou de tissus double face comme chez Mouret, Balenciaga et Dior, de style chez Dries Van Noten qui a mixé un déshabillé fleuri...
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