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Moyen Orient et Monde - Venezuela

Quand chavistes et opposants apprennent la tolérance...

Le président vénézuélien Hugo Chavez lors d'un rassemblement pour la présidentielle, le 4 octobre 2012, à Caracas. AFP /Luis Acosta

Nancy Perez, épicière dans le quartier populaire de Gramoven accroché aux collines dominant l’ouest de Caracas, est très fière de l’affiche du candidat de l’opposition à la présidentielle de dimanche fixée sur son balcon, presque une provocation dans cette zone acquise à Hugo Chavez. Dans la capitale vénézuélienne, la division exacerbée entre chavistes et opposants est résumée par la topographie : à l’est, les quartiers riches, bastions de l’opposition, à l’ouest, les quartiers pauvres, inconditionnels du président au pouvoir depuis 1999.


Accoudée à l’épaisse grille qui protège son petit commerce, Mme Perez, 62 ans et le verbe haut, ne craint pas de revendiquer sa préférence pour Henrique Capriles, qu’elle surnomme affectueusement « flaquito » (maigrichon), en allusion au physique svelte de cet ex-gouverneur de 40 ans, désigné candidat de l’opposition par une trentaine de partis. Avec les voisins pro-Chavez du quartier, où abondent les portraits du « Commandante » sur les façades de maisons souvent délabrées, « on se taquine, on se lance des plaisanteries », mais dans le respect des convictions de chacun, assure-t-elle.


Au Venezuela, où les clivages politiques mènent souvent à l’invective voire à l’affrontement, ces témoignages restent rares même si certains observent une lente amélioration. Auparavant, « il y avait des secteurs populaires dans lesquels l’opposition ne pouvait pas pénétrer. (Pendant la campagne électorale) nous sommes allés à Catia (dans l’ouest de Caracas) et nous avons pu entrer. Avant, on nous chassait à coups de plomb », témoigne Michel Ferrandina, élu local et opposant. « Il y a six ans », lors de la précédente présidentielle, « on n’aurait pas mis d’affiches » pour le candidat de l’opposition de peur de se faire agresser par des chavistes, confirme Edgar Pacheco, un voisin de Mme Perez, également partisan de M. Capriles. Mais aujourd’hui, « il y a plus de tolérance ».


Roxana Contreras, étudiante de 17 ans croisée à Catia, au pied d’un immeuble d’habitations de béton rongé par l’humidité, conteste. Elle et sa famille sont favorables à M. Capriles, mais elle affirme que dans ce quartier pauvre acquis au président sortant, « peu de gens osent » s’afficher en faveur du jeune opposant.


L’opposition entre militants se perçoit également dans le centre-ville, où la campagne continue de battre son plein pour quelques heures encore. Sur la place Candelaria, noire de monde, Raiza Valdivienso, 48 ans, également originaire de Catia, arbore une casquette aux couleurs du pays, dont Henrique Capriles a fait son symbole, et distribue tracts, affiches, autocollants et porte-clés de son favori... Certes, les Vénézuéliens sont « moins divisés », selon elle. Pour autant, « on voit la différence avec ceux qui soutiennent Chavez. On ne parle pas pareil, on ne s’habille pas pareil, ils sont grossiers », affirme-t-elle sans dissimuler son mépris.


À quelques mètres, se dresse un Hugo Chavez gonflable, de plusieurs mètres de haut. Sous une tente, José Alejandro Peña, 35 ans, remet aux passants des prospectus et des autocollants « Je vote pour Chavez ». Lui reproche aux opposants leurs « provocations. Par exemple, de cet immeuble en face, ils nous ont jeté de la nourriture avariée », raconte-t-il. Mais dans l’ensemble, la campagne a été « assez tolérante ».
Reste à savoir si dimanche soir, les troupes du vaincu sauront accepter le verdict des urnes...

Nancy Perez, épicière dans le quartier populaire de Gramoven accroché aux collines dominant l’ouest de Caracas, est très fière de l’affiche du candidat de l’opposition à la présidentielle de dimanche fixée sur son balcon, presque une provocation dans cette zone acquise à Hugo Chavez. Dans la capitale vénézuélienne, la division exacerbée entre chavistes et opposants est résumée par la topographie : à l’est, les quartiers riches, bastions de l’opposition, à l’ouest, les quartiers pauvres, inconditionnels du président au pouvoir depuis 1999.
Accoudée à l’épaisse grille qui protège son petit commerce, Mme Perez, 62 ans et le verbe haut, ne craint pas de revendiquer sa préférence pour Henrique Capriles, qu’elle surnomme affectueusement « flaquito » (maigrichon), en allusion au physique svelte de...
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